‹ G. RossiniChapitre 22 sur 38 · FIN DE LA CARRIÈRE NAPOLITAINE · texte numérisé non relu

FIN DE LA CARRIÈRE NAPOLITAINE

MAOMBTTO 8BG0HB0 — NOUYIAU TRIOMPHE DE FILIPPO GÀLU — LE UBRETTIBTB IBTTATOBB — - LA PARTITION ET LES CORNES PRÉ8ERYATIVB8 — LA RÉVOLUTION NAPOUTAINE — LA GiUlDE NATIONALE — LES MOUSTACHES — PRODIGES DE T1TE88B — MATILBA BI 8BABBA1I — LA UPPARINI ET LE ROLE HAUT — LES BONS 80U- TENIRS — L*ESTHÉTIQUE ET LES COUPS DE BATON — l'aMITIÉ, LES COTELETTES ET LE TIN D*ORYIETO — PAGANINI CHEF D'oilCHESTRE — ZBLMIBA — LA REPRÉSENTATION A BÉNiFICB— LA BIOONOMBBZA — LE MARUGE — l'aRRITÉB A VIENNE — l'aOCDBIL ENTHOUSIASTE — LES JOURNAUX ALLEMANDS — LA LETTRE DE CARPANI — ENTREVUE DE ROSSINl ET DE BEETHOVEN.

Le Maometto Seconda a d& être composé très-vite, car il a été représenté pour la première fois à Naples, au théâtre de San Carlo, pendant la saison du carnaval de 1820> que Rosôni avait inaugurée à Milan avec Bianca e Faliero.

Filippo Galli fut admirable dans le rôle de Maometto; il y produisit le plus grand effet. L'air : Sorgete l lui valut surtout une ample moisson d'applaudissements et de rappels ; ies autres rôles de l'ouvrage furent tenus par Isabella Colbrand^ M^^ Chaumel^ ia

future épouse de Rubini, qui obtint beaucoup de succès en chantant son air, Nozzari, Cicimarra et Benedetti. Presque tous les morceaux du Maometto Seconda figurent dans la partition du Siège de Co^ rinthe^ qui est la traduction et Tamplification de l'ouvrage italien. Nous aurons Toccasion de parler de cette musique puissante et grandiose lorsque nous aurons atteint dans ce récit la date de la première représentation du Siège de Corinthe à notre thé&tre du grand Opéra.

Le livret du Maometto Secondo est du duc de Ventignano ; ce noble personnage jouissait à Naples de deux réputations^ l'une fort avantageuse, Tautre fort désagréable. Le succès de certaines tragédies de sa composition le faisait reconnaître pour un bon poète ; certaines catastrophes arrivées en sa présence le faisaient passer pour \mjettatore de la première catégorie, c^est-à-dire de la plus redoutable espèce.

Les hommes dont le caractère est le plus fortement trempé ne réussissent pas toujours à se préserver des superstitions et des préjugés de leur entourage. S'il est au monde un être qui, par son bon sens inexorable, son esprit railleur, son incrédulité pour les choses peu prouvées, dût échapper aux terreurs de la jettatura^ c'est assurément Rossini. Eh bien I quelques années de séjour à Naples, où la crainte du mauvais œil a été inventée et perfectionnée, Tavaient rendu tout aussi superstitieux, sur ce point, que le plus trembleur des Napolitains. Il fallut l'intervention très-active de Barbaja pour le contraindre à composer de la musique sur les vers de l'infortuné duc de Ventignano ; et cette musique, il récrivit, de la première à la dernière note, en faisant de la main gauche, sur le bord de sa table, les cornes bienfaisantes qui ont le privilège de conjurer les mauvais sorts.

Toutes les connaissances qu'avait alors Rossini dans la beUe Parthénope — elles étaient fort nombreuses, on en peut être sûr, — voulurent voir travailler dans son attitude préservative le maestro^ qui reçut paisiblement la longue procession des curieux, tout

en écrivant sans relâche de la main droite et en faisant les cornes de la gaache. Il ne donnait de répit à cette dernière main qu'au moment où il composait les ritournelles et les autres passages de musique purement instrumentale, dont la poésie du prétendu jettatore était nécessairement absente. A quels excès peut pousser la crainte de la jettautra, et comme la faiblesse humaine sait trouver sa place^ même dans les plus grandes choses! Qui pourrait se douter, en écoutant Maometto^ que cette partition, où le sentiment antique et chrétien, se heurtant à Théroisme sauvage des musulmans, produit Tun des plus beaux contrastes de la musique dramatique élevée à sa plus haute puissance, qui pourrait se douter que cette partition ait été composée par un trembleur faisant les cornes pour conjurer les effets du mauvais œil?

A la suite d'une révolution qui éclata en juillet 1820, le roi de Naples dut quitter sa capitale. On trouve dans les catalogues la mention d'un chant populaire que Rossini aurait composé pendant la durée de celte révolution. Il s'agit probablement de quelque motif d'un de ses anciens ouvrages, auquel on aura jugé convenable d'adapter des paroles de circonstance, car il n'a pas écrit une note à Naples jusqu'à la fin de 1821. Sa seule occupation pendant les troubles, son grand souci, fut le soin d'échapper au recrutement de la garde nationale; il employa pour atteindre ce but toutes les ressources de son intelligence, toute les forces de son imagination. A la prière du général Pépé, il finit cependant par consentir à ne pas donner le mauvais exemple. Il laissa pousser ses moustaches et revêtit deux ou trois fois l'uniforme; mais l'inutilité de ses efforts pour se donner Tair martial et son défaut complet de vocation le firent réformer par ses chefs au bout de neuf jours.

Sa présence en armes, d'ailleurs, aurait-elle fait triompher l'insurrection napolitaine à l'affaire d'Entrend^e, qui rouvrit au roi des Deux-Siciles la route de sa capitale? H est permis d'en douter ! Les forces mal aguerries de l'insurrection, terrifiées parla gt*ande réputation militaire des Autrichiens, furent saisies d'une terreur pa-

nique en présence dq corps commandé par le général d'Aspre; ce fut un sauve-qui-peut si complet, que Tinfanterie til sa rentrée à Naples quatre heures avant la cavalerie, à la plus grande gloire des chemins de traverse et du pas accéléré. Assurément la vue des moustaches de Rossini n'aurait pas été suffisante pour arrêter les troupes autrichiennes dans leur marche.

Les événements politiques et militaires furent tris-nuisibles aux théâtres de Barbaja, on le devine. Il ne s'y fit rien d'important à dater du Maometto. On peut même considérer cet ouvrage comme marquant la fin de la carrière napolitaine de Rossini, car Zelmira, quoique faite à Naples , était destinée à Vienne.

Rossini n'eut plus rien à composer jusque vers la fin de 1820, où il fut appelé à Rome par le banquier Torlonia, qui, ayant acheté le théâtre Tordinone, voulut, après l'avoir fait réparer et orner de fond en comble» l'inaugurer sous le nom de théâtre ApoUo, par un ouvrage nouveau de l'illustre maître.

Cet ouvrage est Matilda di Shabran^ dont Ferretti a écrit le livret. La partition fut payée cinq cents écus romains, soit environ 2,600 francs.

Matilda di Shabran fut donnée au théâtre ApoUo pendant la saison du carnaval de 1821 . Elle eut pour interprètes la Lipparini, dont la voix de soprano montait très-facilement, ce qui obligea le compositeur à écrire son rôle très-haut; la Parlamagni, mezzo-soprano ; le ténor Fusconi; le baryton Fioravanti, fils du célèbre compositeur de ce nom; cet artiste fut chargé du rôle du docteur; Ambrosi remplit celui du Geôlier, Parlamagni celui du Poète, et Moncada fit un personnage secondaire.

Obligé d'écrire pour cette troupe, où les artistes de premier ordre n'étaient pas en majorité, le compositeur se rabattit le plus possible sur les morceaux d'ensemble, qui abondent en effet dans Matilda di Shabran. GeiU) mélodieuse partition ne mérite pas d'être classée au rang des chefs^'œuvre de Rossini. EUq. est toujours plus brillante que dramatique, sur un sujet qui ia voulait

très-dramatique dans certains morceaux; mais avec les interprètes mis à sa disposition par Vimpresario Torlonia, le compositeur ne pouvait guère traiter sa musique autrement qu'il ne Ta traitée. Telle qu'elle est, Matilda diShabran a produit encore beaucoup d'effet^ il y a dix ans, au Théâtre Italien de Paris, interprétée par la tant regrettable M""' Bosio, M*"' B(H*ghi-Mamo, Thabile ténor Lucchesi, et reicellent^^o cantante Gassi^.

Hais revenons à Rome : Matilda di Shabran y fut en définitive fort goûtée et y a laissé de si doux souvenirs, qu'à une reprise donnée en 1860, pour M"^ Gassier, Tune des rares cantatrices de notre temps qui aient gardé dans toute leur pureté les belles traditions du style orné , des vieillards enfermés dans leur intérieur depuis Tépoque où florissait Part du beau chant, — ce n'est pas hier, — se sont fait transporter au théâtre pour entendre encore quelques fois, avant de mourir, cette partition dont les brillantes cantilènes les avaient ravis au temps heureux de leur jeunesse. Le soir de la première apparition de Matilda f il y eut lutte au théâtre ApoUo entre les Rossinisteset les derniers surviyants du parti de l'ancienne musique; les sifflets répondaient aux applaudissements, les applaudissements aux sifflets; la question d'esthétique fut vidée dans la rue, à grands coups de bâton, après la fin du spectacle, et la vie* toire demeura aux Rossinistes.

Par qui fut dirigé Torchestre aux trois premières représentations de Matilda di Shabran? Il fut dirigé par l'illustre, le prodigieux violoniste Paganini en personnel Voici comment la chose advint : Rossini^ à Rome, prenait régulièrement à deux heures du matin un petit repas dont les côtelettes et le vin d'Orvieto faisaient les principaux frais; Paganini, qui aimait beaucoup le maestro, et qui n'éprouvait pas la moindre antipathie pour les côtelettes et le vin d'Orvieto, profitait de la commodité de l'heure pour venir, en passant, donner une poignée de main bien cordiale à son ami ; celui-ci, touché du procédé du grand virtuose et de la ponctuelle exactitude de ses ^tes, ne manquait jamais de l'inviter à souper sans façon ;

et Paganini acceptait non moins sans façon. Une fois, il trouva Rossini fort contrarié. Bosso, le chef d'orchestre du théâtre ApoUo, Tenait de tomber malade. Ce triste incident allait retarder la première représentation de la Matilda di Shabran, et les théâtres de Naples réclamaient le prochain retour du compositeur. Que faire ? Que devenir? Comment remédier à un pareil contre-temps?

L'amitié, les côtelettes, le vin d'Orvieto, tout se réunit pour émouvoir le célèbre violoniste, qui, d'ordinaire, ne brillait point par la tendresse. Sans rien dire au maestro^ il alla trouver V imprésario du théâtre ApoUo, et lui promit de diriger lui-même lorchestre aux trois premières représentations de la Matilda. Il ne voulut aller qu'à la dernière répétition, mais, le jour de cette répétition arrivé^ Paganini se mit au pupitre, et conduisit à première vue d'une manière admirable. Jamais un orchestre romain n'eut plus de verve et de précision ; jamais les chanteurs ne furent mieux

Que le célèbre violoniste ait admirablement dirigé sans préparation une exécution musicale, c'est un assez beau tour de force, même pour un musicien de sa trempe, mais, qu'il l'ait dirigée gratis, c'est de sa part un autre tour de force, bien plus extraordinaire que le premier.

A Naples, Rossini retrouva les théâtres dans un état assez peu prospère. La révolution, indépendamment des effets ordinaires des événements de ce genre sur la destinée des entreprises théâtrales, avait fait supprimer les jeux publics, dont Barbaja avait le privilège, et dont le produit fournissait à cet imprésario le plus clair de ses bénéfices. Cet homme actif tourna ses vues d'un autre côté. Il laissa les théâtres de Naples vivre tellement quellement de leur répertoire, et il résolut, pour ramener la fortune, de faire écrire un nouvel ouvrage à Rossini pour la capitale de l'Autriche et de l'y faire exécuter par Télite de sa troupe.

C'est donc pour Vienne et non pour Naples que Zelmira a été composée. Rossini, sachant qu'il travaillait pour un pubKc aile-

mand, plaça dans cette partition plus d'effets d'harmonie et d'orchestre que dans ses œuvres précédentes, mais, en conservant tou« jours à la partie vocale la prédominance qu'elle doit avoir dans une œuvre de théâtre.

Le sujet de Zelmira est tiré d'une tragédie de du Belloy. Tottola a fait le livret de cet ouvrage, qui fut exécuté un très-petit nombre de fois à Naples avant le départ des artistes pour Vienne. Ces quelques représentations eurent surtout pour but de mettre les interprètes tout à fait au courant de leurs rôles. Elles furent comme un supplément aux répétitions.

Ce n'est pas en 1822, comme le disent les catalogues, mais vers le milieu de décembre 1821, qu'eut lieu, à Naples, la première représentation de Zelmira. La permanence des artistes aux théâtres de cette ville permettait de s'y écarter, lorsqu'on en sentait le besoin, de la règle des saisons italiennes, et si l'on y suivait ordinairement cette règle, c'était pour se conformer à d'anciennes habitudes, et pas du tout par nécessité.

Zelmira fut donc donnée pour la première fois à Naples, et avec le plus éclatant succès, vers le milieu de décembre 1821, et non, comme le disent les catalogues, à l'ouverture de la saison du carnaval de 1822, c'est-à-dire le 26 décembre 1821 . Le rôle de Zelmira fut créé par Isabella Golbrand, celui d'Emma par la Gecconi, celui d'Ilo par Davide, celui d'Antenore par Nozzari, celui de Polidore par Ambrosi et celui de Leucippo par Benedetti. A Vienne, la Gecconi et Benedetti furent remplacés par M^^"* Echerlin et Botticelli.

Le jeudi 27 décembre eut lieu une représentation au bénéfice de Bossini, où une cantate, la Riconoscenza, composée par lui pour cette occasion, fut interprétée par la Dardanelli, M** Ghaumel- Rubini, J. B. Rubini et Benedetti.

Le lendemain, le maestro partit pour Bologne avec Isabella Golbrand, qu'il épousa dans cette ville. Le mariage sanctionna ce qu'avait fait l'amour. Le père et la mère de Rossini, les dignes in-

terprètes de ses œuvres : Nozzari, Dayide et Ambrosi asûstèrenl à la cérémonie nuptiale , après laquelle toute la troupe joyeuse alla passer une vingtaine de jours à la campagne. Cette cérémonie eut lieu dans la chapelle du palais du cardinal Opizzoni, archevêque de Bologne, qui officia.

Et voilà comment Rossini et M""* Colbrand furent mariés en secret par un capucin, dans un village des environs de Naples, ainsi que des historiens aussi bienveillants qu'exacts n'ont pas manqué de le dire.

a Dès que Rossini eut commencé à faire par lui-même quelques gains^ dit Zanolini, il en envoyait la plus grande partie à ses parents, et le reste, il le gardait pour subvenir à ses besoins et pour se donner du bon temps. Mais ses parents avaient épargné pour lui. A Naples il était devenu plus rangé, et il commença à faire des éco^ nomies. Isabella Colbrand lui porta en dot une délicieuse villa et des revenus qu'elle avait en Sicile. »

« Avant son mariage avec M"* Colbrand, qui lui a apporté vingt mille livres de rente, dit Stendhal, Rossini n'achetait que deux habits par an... 11 n'avait pas mis de côté une somme équivalente aux appointements annuels des cantatrices qui interprétaient ses ouvrages. • Des vingt mille francs de rente dont parle Stendhal, ôtez la moitié, et vous aurez le véritable chiffre de la dot de la cantatrice.

De Bologne, Rossini partit pour Vienne avec sa femme et lea chanteurs qui avaient assisté à son mariage. Il reçut dans cette ville l'accueil le plus flatteur, le plus enthousiaste. Les paisibles Allemands semblaient s'être transformés en bouillants Maliens pour fêter la venue du grand compositeur. Les sérénades, les vivats, lea rappels au théâtre, les manifestations publiques de toute sorte, les réceptions à la cour et chez les plus grands persojiMges, avec tous les honneurs dus au génie, marquèrent le séjour du maestro dans la capitale de 'Autriche.

Lesreprése/ talions de Zelmira au théâtre impérial de la Porte de

Carinthie attirèrent une afQaence énorne de spectateurs. La salie, qui peut contenir environ deux mille personnes, se trouva souvent trop petite. Il y eut plus d'appelés que d'élus. Le succès de cet ouvrage fut aussi éclatant à Vienne qu'à Naples, où le public n'avait pas hésité à placer Zelmira au niveau, sinon au-dessus des plus grands chefs-d'œuvre de Rossini.

Ce succès éclatant valut à la Zelmira et à son auteur les attaques forcenées de la plupart des organes de la presse viennmse. Invoquant sans cesse les noms d'Haydn et de Mozart, les journaux allemands accusèrent le public de Vienne d'ingratitude, et ne manquèrent pas d'accuser le maestro de corrompre l'art musical.

Ces aimables journaux trouvèrent à qui parler. Joseph Carpani, l'ami d'Haydn, l'auteur des lettres où les biographes du père de la symphonie ont puisé leurs meilleurs renseignements, Joseph Garpani prit la plume. A la mort d'Haydn, il avait déclaré avec désespoir l'ère progressive de la musique finie. A l'apparition de Tancredt, il reconnut qu'il s'était trompé, et l'avoua dans des écrits extrêmement remarquables. Personne n'a plus chaleureusement salué que Fauteur des Eaydines le soleil levant du génie de Rossini.

Sur Zelmira, Garpani publia une lettre qui, la part faite à l'excès d'enthousiasme d'une première impression très-vive et aux formes exorbitantes que reçoivent les éloges de l'emploi des superlatifs italiens, est la meilleure appréciation dont, selon nous, cette œuvre ait été l'objet ; en outre, la lettre de Garpani donne, sur les artistes qui l'exécutèrent à Vienne, des détails pleins d'intérêts. Nous citerons quelques passages caractéristiques de cet écrit, devenu trèsrare. A la Zelmira succédèrent dans la capitale de TAutriche Matilda di Shabran, Elisabetta, la Gazza Ladra et JRicciardo e Zoràide; le succès de tous ces ouvrages fut complet.

Dès les premiers jours de son arrivée à Vienne, Rossini manifesta le désir d'aller rendre visite à Reethoven, en témoignage de son respect et de son admiration pour le sublime symphoniste. Ge fut Joseph Garpani qui présenta le mdtre suprême de l'art vocal au

maître suprême de Part inatramental. L'auteur de Zelmira trouva celui de la symphonie héroïque dans un réduit des plus exigus, des plus sales^ des plus misérables. Beethoven, sourd et presque aveugle, ne put répondre que par quelques signes aux paroles de Rossini, qui sortit le cœur navré de cette douloureuse entrevue.

Beethoven était alors dans une terrible crise. L'année suivante, sa santé s^améliora quelque peu; il put causer en italien avec M. Garafa, qui garde un souvenir ineffaçable deTesprit et de Tamabilité dont le grand symphoniste fut prodigue dans ces conversations.

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