LE COMTE ORY
LE VAUDEVILLE TRANSFORMÉ. — LES MORCEAUX ANCIEHS. — SCRIBE. — I.^HOMME TOUJOURS PRESSÉ. — ADOLPHE NOURRIT, POETE ADJOI^T. — PREMIERE REPRÉSENTATION DU GOMTB OIT. — OPINTOUS DE L4 6AZBTTB »B FBANCB, DU JODBNAL DES DÉBATS^ DU G0N8T1TIIT10N1IBL, DE LA QDOTIBIBNNB ET DU G0B8A1BB AU SUJET DE CET OUVRAGE. — EMPRUNTS AU TIAGGIO A BB1II8 ET A L'BLISABBTTA. — LA BATAILLE DU TROCADERO ET L*ASSAUT DE LA CAVE. — QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LA PARTITION DU GOMTB OBT. — ROSSINI, l'ÉCOLE CHORON ET lA SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSER- VATOIRE. — LA RETRAITE A LA CAMPAGNE LT LA COMPOSITION DE GDILLAOIIB TfiLL.
Fixé dans notre France^ qui passait alors, non sans quelque raison, pour être le centre de 1 esprit léger, de la une plaisanterie et de rélégance, Rossini ne pouvait se borner à des ouvrages en style grandiose et sublime, comme le Siège de Corinthe et Moise^ il voulut aussi dire son mot chez nous dans le genre comique.
Qui a conçu le premier, du maestro ou de Scribe, l'idée de faire servir le sujet du vaudeville du Comte Ory, sujet trouvé dans une vieille chanson française, à Topera de demi-caractère que Bosbini voulait composer? Nous ne saurions le dire! Ce que nous pouvons
affirmer à coup sftr, c est que cette idée était heureuse et féconde, puisqu'elle a produit un chef-d^œuvre.
On a beau savoir de la manière la plus positive que la partition du Comte Ory contient, en certaines de ses parties, et de ses parties très-importantes, des morceaux composés antérieurement pour d'autres ouvrages, on ne peut le croire en écoutant cette partition, qui brille au plus haut degré par Thomogénéité de conception, l'unité de style, la vérité la plus saisissante d'accent et de coloris. Quelle musique rendit jamais d'une manière plus fidèle et plus vive les caractères des personnages, les situations et la couleur locale d'une pièce? Aucune assurément!
Il n'est que juste d'attribuer une bonne part du mérite de ce résultat surprenant aux auteurs di^livret et à l'artiste éminemment intelligent et dévoué qui les secourut, comme on le verra tout à l'heure. Dans la transformation du vaudeville du Gymnase «n poème de grand opéra de demi-caractère, dans la création des situations à adapter aux morceaux de musique tirés du Viaggio a Reims, et dans Tapplication des paroles françaises aux cantilènes de ces morceaux , Tart de l'arrangement, on doit l'avouer, est poussé jusqu'au génie.
Certes, Scribe a donné bien des preuves de son extrême habileté, de la souplesse de son esprit fécond en ressources et en combinaisons ingénieuses, mais jamais, à notre avis, il n'en a donné une aussi étonnante que le livret du Comte Ory. Nous essayerons de justifier cette opinion lorsque nous parlerons de l'air que chante Raimbaut en revenant de la cave.
Scribe, d'ailleurs, ne fit pas seul le travail, et, par conséquent, ne mérite pas seul tous les éloges. Il fut secondé par son collaborateur, M. Delestre Poirson, tout le monde le sait; mais ce que tout le monde ne sait pas, c'est qu'Adolphe Nourrit s'occupa beaucoup, et de la façon la plus utile, de la construction et de l'arrangement de la pièce du Comte Ory.
Au sujet de la composition de cet ouvrage, une notice très-sub-
stantielle, qui accompagne un portrait de Rossini dessiné par Grèvedon, donne le renseignement suivant : a Tandis que MM. Scribe et Delestre Poirson passaient deux mois à mettre des paroles françaises sous les morceaux faits depuis longtemps, et qui devaient former le premier acte, Rossini, en quinze jours, terminait le second , le plus beau, sans contredit, de cette spirituelle partition. »
11 n'y a rien là qui doive surprendre , surtout de la part d'un maître aussi expéditif que Rossini. Un travail dicté par l'inspiration doit aller beaucoup plus vite qu'un travail d'arrangement. Cette mosaïque de syllabes à faire, dans les conditions les plus gênantes, pour ajuster des paroles françaises à de la musique composée d'avance, est un casse-tête qui réclame beaucoup de patience, de soins et de temps, surtout lorsqu'il s'agit de travailler pour un maître aussi chatouilleux que Test Rossini en fait de prosodie et d'euphonie.
Scribe possédait certainement toutes les qualités nécessaires pour mener seul un pareil travail à bonne fin, mais il avait trop de traités avec un grand nombre de théâtres, trop d'engagements pris de tous les côtés, trop d'échéances dramatiques, trop d'affaires en un mot, pour s'y consacrer tout entier. Sa vie était distribuée un peu comme celle d'un médecin ; il comptait les quarts d'heure et même les minutes à ses collaborateurs ; c'était un rendez-vous par ci, une répétition par là, une conférence avec un directeur, une lecture dans un foyer, et cent autres choses de même sorte. A chaque instant, il regardait sa montre et paraissait très-pressé de s'en aller.
Cette manière de procéder ne charmait pas Rossini d'une façon complète. Aussi avait-il souvent recours au dévoué, à l'intelligent Adolphe Nourrit; qu'il nommait en plaisantant son poète adjoint, et celui-ci mettait sans marchander au service du maestro son temps, sa peine, son goût si sûr, et ce prodigieux sentiment des choses du drame lyrique, qui Ta élevé du rang de simple interprète à celui de collaborateur, et de collaborateur incomparable, de tous les ouvrages où il a créé des rôles, sans compter ceux où il n'en a
pas créé, et pour lesquels il a donné les meilleurs conseils^ les indications les plus précieuses.
Nous ne pouvons dire avec précision tout ce qu*a fait Adolphe Nourrit pour le Comte Ory^ mais nous savons de science certaine qu'il a donné d'excellentes idées pour la pièce, qu'il a ratnené certains vers aux conditions de prosodie et de coupe indiquées par Rossini, et qu'il a épargné au maestro beaucoup d*eimuis et de pertes de temps,
La première représentation du Comte Ory a été donnée le mercredi 20 août 1828. Les rôles de ce chef-d'œuvre d'espril, de grâce et d'élégance, furent ainsi distribués à Torigine : Le comte Ory^ Adolphe Nourrit; le gouverneur, Levasseur; Raimbaut, Dabadie; la comtesse, M""* Cinti-Damoreau ; le page Isolier, M"* Jawureck^ et Ragonde, M"' Mori.
<K 11 est résulta d'un travail fait avec autant de discernement, dit M. S. dans le feuilleton de la Gazette de France du 22 août 1828» un ouvrage dans lequel on ne retrouve que trois morceaux du Viaggio^ et qui en offre huit entièrement nouveaux. Mais la nouveauté est-elle leur unique mérite? Tous, sans exception, sont des modèles d'esprit et de grâce. Jamais l'imagination de l'auteur du Barbier de Sévilley de Cendritlon, de la Pie voleuse ne se déploya avec plus de verve et de fraîcheur. Le Comte Ory sera pour les incrédules une nouvelle preuve de la facilité avec laquelle un homme de génie joue avec les obstacles... Tous les Italiens, à commencer par Sacchini, ont commis à chaque pas d'inexcusables offenses envers la langue de nos poètes. Rossini est le seul qui ait su triompher d'une difficulté jusqu'ici insurmontable pour ses compatriotes... Ces sensations entraînantes se sont renouvelées à chaque instant dans la soirée qui a surpassé Tattente des spectateurs mêmes qui en auguraient le mieux... Sous tous les rapports, le Comte Ory est destiné à faire époque dans l'histoire du grand opéra français. 2>
Dans son feuilleton non signé du 23 août 1828, le Journal des
Débats coDsMe en ces termes chaleureux le grand succès du Comte Ory: a Assez de lauriers, dit-il, parent la tête de Rossini; les trompettes de la Renommée ont été assez souvent embouchées pour célébrer ses triomphes dans toutes les villes du monde où il y a un violon ; son nom est en honneur et conquiert chaque jour des admirateurs nouveaux ; sa carrière est loin d'être terminée. L'auteur du Barbier est dans la force de Tâge et du talent, et sa réputation est hors d'atteinte, l^e succès du Comte Ory doit ajouter encore au renom de son auteur. Le nom de Rossini a été proclamé au milieu des applaudissements de toute la salle. ■
M. de Jouy n'avait pas collaboré au livret du Comte Ory : faut-il attribuer à cette circonstance la tiédeur du Constitutiormel à l'égard de cet ouvrage?
Cl L'effet de la première représentation, dit ce journal dans son feuilleton non signé du 22 août 1828, n a pas été tel qu'on l'avait espéré... pour la musique, les dilettanti qui avaient pu assister à la répétition ne pouvaient guère en avoir entendu que trois ou quatre morceaux à l'époque du Sacre. Le reste, c'est-à-dire une douzaine d'airs environ, est nouveau ou à peu près. Ariettes, cavalines, chœurs, morceaux d'ensemble, rien n'y manque. La science y abonde sans qu'elle se montre trop à découvert ; les motifs de chant y sont nombreux sans confusion, et pourtant cela n'a pas enthousiasmé les spectateurs. Faut-il en conclure que cette nouvelle partition est au-dessous du maître célèbre à qui nous la devons? Nous ne le pensons point! Jamais Rossini n'avait composé un orchestre {sic) plus riche, plus varié, et peut-être est-ce à cette prodigalité de richesses qu'il faut attribuer l'effet inattendu de la représentation. Il n'y a pas seulement dans les accompagnements beaucoup d'harmonie, il y a aussi beaucoup de mélodie ; le compositeur a mis le piédestal sur la scène et la statue dans l'orchestre, de telle sorte qu'on a trouvé plus de chant à l'orchestre que sur la scène. C'est à ce déplacement qu on peut attribuer l'accueil du public étonné, l'admiration calme des auditeurs, car, si Ion a
éprouvé de la surprise, on a été aussi forcé d'admirer la plupart des morceaux qui composent le Comte Ory. »
La statue dans l'orchestre et le piédestal sur la scène, ce reproche n'a pas été formulé seulement pour Rossini; il avait été, longtemps avant le Comte Ory^ adressé à Mozart. Il est aussi mal fondé à l'égard de l'un qu'à l'égard de l'autre de ces compositeurs admirables. Une expérience mille fois renouvelée en a fait justice en ce qui concerne le Comte Ory. La prodigieuse scène des Buveurs de cet ouvrage, réduite à sa seule partie chorale, et, par conséquent, privée de tout secours instrumental et de tous les prestiges du théâtre, exécutée par des sociétés orphéoniques, dans un nombre inûni de concours et de concerts, a toujours produit et produira toujours un effet irrésistible ; c'est que la statue est à sa véritable place, quoi qu'en ait pu dire le Constitutionnel y qui a pris, sans doute, pour cette statue les riches bas-reliefs du piédestal. Quant à Taccueil réservé fait, selon lui, par le public à ce délicieux ouvrage, son compte rendu de la première représentation est absolument contredit par l'affirmation suivante, que nous tirons du feuilleton de la Quotidienne du 22 août 1828, signé J. B. A. S.
« On n'a jamais vu, peut-être, dit ce feuilleton, une si parfaite unanimité d'applaudissements que celle qui a été donnée au dernier acte de la pièce nouvelle. x>
A son tour, la Quotidienne est contredite par le Corsaire^ qui, parlant du Comte Ory^ dit sans autre précaution oratoire : « Les représentations de cet opéra continuent à livrer à de justes sifflets
cette TRISTE FARCE* »
D'où Ton doit inférer que l'intrépide Corsaire avait l'ouïe d'une finesse bien surprenante, car lui seul entendit ces sifflets.
La partition à' il Viaggio a Reims n'ayant pas été publiée, et l'occasion d'entendre cet ouvrage sous le titre Andiamo a Parigi ne s'étant présentée pour nous qu'une seule fois, nous ne pouvons signaler ici avec une entière certitude tous les emprunts qui lui ont été faits pour le Comte Ory. Tout ce que nous pouvons affirmer,
c'est que rintroduction du premier acte, qui contient la cavatine: Que les destins prospères y et le final du même acte où l'on trouve le merveilleux morceau à quatorze voix, sont tirés à* il Viaggio, ainsi que le duo entre la comtesse et le comte Ory et le premier temps de l'air du second acte, que chante Raimbaut en revenant de la cave avec ses cruches pleines de vin.
C'est dans l'arrangement de la situation et des paroles françaises de ce morceau qu'éclatent, dans toute leur force, l'esprit ingénieux et les connaissances théâtrales des librettistes du Comte Ory. Dans il ViaggiOy ce morceau était consacréà... devinez? Mais vous ne devineriez jamais! Il était consacré au récit de la bataille du Trocadero. Rossini, pour ce récit, n'avait pas cru devoir emboucher la trompette épique. Il avait fait, dans la forme où il excelle, un air de narration très-mouvementé, très-brillant et très-piquant, mais très-modérément héroïque. Par une substitution aussi hardie qu'heureuse, les librettistes ont remplacé la nomenclature des différents corps d'armée par celle des vins de différents crus, la réserve étant naturellement représentée par les flacons de derrière les fagots, et la narration du combat des troupes françaises contre les Espagnols par celle delà ten'ible bataille qu'a livrée le belliqueux Raimbaut aux provisions bachiques du noble sire de Formoutiers. Grâce à cette analogie si bien trouvée, et à la manière exacte dont les paroles françaises suivent les mouvements et correspondent aux accents de la mélodie, un tel arrangement a la valeur du texte original, sinon une valeur plus grande.
Les cantatrices ont souvent substitué à l'air original du rôle de la comtesse un autre air tiré du rôle de Matilda de VElisabetta. L'admirable duo : Une dame de haut parage, et Tair du gouverneur ont été composés pour le Comte Ory^ de même que le second acte tout entier, sauf le duo et le premier temps de cet air do Raimbaut, dont nous venons de parler. L'introduction instrumentale, qui tient lieu d'ouverture, n'est empruntée à aucun ouvrage antérieur, puisqu'on y trouve le motif de la vieille chanson fran-
çaise qui a fourni le sujet de la pièce, Iraité à la manière des symphonistes. Cette forme d'introduction instrumentale a été adoptée depuis par Meyerbeer, et employée dans Robert le Diable et les Huguenots.
C'est dans le Comte Ory queRosslni achève cette transformation du genre bouffe, dont il avait posé les premières hases dans Vlta^ liana in Algieri, en corrigeant la crudité naturelle de ce genre par l'adjonction d'un élément presque permanent d'élégance et de grâce.
Certes, comme valeur intrinsèque, on ne peut rien mettre audessus ni même à côté du Barbier. Nous oserons dire, cependant, que, pour la Gnesse, la grâce, la distinction dans le comique , le Comte Ory le surpasse. Le bouffe y est de meilleure compagnie, et le caractère très-risqué de certaines situations s'y trouve sauvé, sans rien perdre de sa force théâtrale, par la manière admirable dont le musicien a su le mettre en son plus grand relief, tout en l'enveloppant d'un voile d'élégance et de beauté suprême. C'est l'esprit du véritable opéra comique français, mais poussé à une finesse, à une sûreté de rendu et à une ampleur musicale et dramatique sans exemple.
La scène des Buveurs conduisait presque fatalement le musicien à des rhythmes et à des mélodies d une allure commune et grossière. Comment, en effets sans effacer tout le relief de la situation, sans détruire son allure naturelle, faire chanter avec élégance ces hardis coureurs d'aventures, surtout au moment où ils boivent à pleine coupe le vin dérobé {)ar Raimbaut?
Eh bien ! Rossini a su conserver à cette scène tout son mouvement, tout son relief, toute sa couleur bachique, sans cesser un seul instant d'être le plus élégant, le plus comme il faut des compositeurs. Jamais on ne vit pareille difficulté si bien franchie ; grâce à la musique du maestro^ les personnages de cette scène d'orgie semblent dire, bien longtemps avant les héros carnavalesques du charmant dessin de Gavarni : «Canaille, oui I mais mauvais genre^ jamais 1 »
Quelle grâce, quelle innocence, quelle fraîcheur juvénile et féminine, et surtout, quel sentiment de douce quiétude dans le chœur : Dans cet asile, qui ouvre le second acte ! quel ton de supplication ironique et quelles harmonies originales, sans parler de Texquise disposition des voix, dans la prière sans accompagnement : Noble châtelaine !
Quant au trio du fauteuil, c'est une merveille qu'il faut renoncer à louer dignement : sur une des situations les plus hardies qu'on ait osées au théâtre, Rossini a fait une musique telle, que la gravelure du fond, quoique exprimée avec toute la vivacité possible d'accent et de coloris, disparait sous la suprême él^ance, sous l'exquise poésie de la forme. Jamais une passion fort peu idéale par elle-même n'a été mieux idéalisée et mieux recouverte de ce vernis d'urbanité et d'esprit que nos ancêtres nommaient la galanterie, alors que ce mot n'avait pas encore reçu la grossière acception qu'on lui donne parfois aujourd'hui.
Après l'apparition du Comte Ort/y Rossini vit que le moment était enfin venu d'écrire le grand ouviage que le monde attendait impatiemment de son génie. Par ses traductions et ses amplifications du Maometto et du Mosèy il avait préparé le personnel de l'Opéra et le public français, comme il voulait qu'ils le fussent, et il s'é'ait préparé lui-même en cludiant à fond nos goûts et notre idiome.
Par le fait de son immense renommée, de sa légitime influence et de sa position officielle, Rossini se trouvait alors à Paris dans une situation tout à fait digne de lui. Il était^ sans le vouloir, et surtout sans le faire sentir durement à qui que ce fût, sinon le souverain en titre, au moins le véritable pouvoir dirigeant de toutes les choses de la musique en France, et il en profita pour rendre de grands services à l'art. Par ses soins l'école de Choron obtint du gouvernement l'appui qu'elle méritait^ les secours pécuniaires sans lesquels elle n'aurait pu se maintenir. Il concourut aussi à la fondation de l'admirable Société des concerts du Conservatoire, d'abord en
donnant à Habeneck les plus précieux renseignements sur les symphonies de Beethoven, alors inconnues en France, et qu'il avait entendues à Vienne lorsqu'il y avait été faire chanter sa Zelmira^ ensuite en obtenant de M. le vicomte de La Rochefoucauld un subside en faveur de l'institution projetée , et enfin en appuyant de tout son crédit les démarches faites pour obtenir la concession de la salle des Menus Plaisirs et Tapprobation du règlement.
Nous pourrions nous étendre beaucoup au sujet de la manière dont Rossini a usé de sa position en faveur de tout ce qui méritait quelque intérêt, mais il faut se borner.
Décidé à composer son grand ouvrage avec tout le soin possible, le maestro se réfugia à la campagne, emportant le livret de Guillaume Tell. C'est au château de Petit-Bourg, appartenant alors à son ami le célèbre financier Aguado, que Rossini, tout en se livrant à son exercice favori, la promenade, et en péchant à la ligne, médita profondément son livret et composa sa partition, sauf la partie instrumentale. Il consacra six mois à ce travail, et lorsqu'il revint à Paris, il écrivit Forchestration de Guillaume Tell, en causant et en riant avec ses amis, dans son appartement du boulevard Montmartre, n* 10.
Et les journaux satiriques prétendaient qu*on venait de planter l'arbre dont le bois devait servir à construire le piarib sur lequel Rossini composerait son grand opéra français.
Nous allions oublier de dire que la partition du Comte Ory fut achetée par l'éditeur Troupenas au prix de 12,000 francs.
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