‹ Gabalum ChristianumChapitre 12 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES

Cabales chrétiens qui avaient pu échapper à ces immenses désastres ne durent-ils pas accourir autour du tombeau du bon pasteur, et en peu de temps donner au village de Mimas une face toute nouvelle? Bien, dans les fouilles exécutées à Javols, ne décèle le moindre vestige de christianisme. On n'y trouve que de nombreux débris totalement étrangers au vrai culte. Nous verrons plus lard que iMende en offre qui remontent aux temps les plus reculés de l'ère chrétienne.

Existerait-il encore quelques doutes sur la sépulture de saint Privât à Mende? S. Grégoire de Tours, dans sa chronique des Francs (Liv. x cbap. 29) va le dissiper. En parlant longuement de la vie et des miracles de saint Iriez (Aredius) fondateur et premier abbé d'Atane, en Limousin, l'auteur raconte qu'une femme s'écria, la veille de la mort de ce saint abbé : « Accouo rez , citoyens , sortez, peuples , venez au devant des » saints martyrs et confesseurs qui se réunissent » tous pour les obsèques du bienheureux Aredius ! » Voici venir Julien de Brioude, Privât de Mende, » Martin de Tours, Martial de sa propre ville (Limo- » ges). Voici Saturnin de Toulouse, Denys de la ville » de Paris et quelques autres qui sont au ciel. » La mort de saint Yriex eut lieu en 591. Il ne s'agit point ici d'examiner par quelle inspiration cette femme parlait de la sorte. Nous voulons seulement constater par ce passage 1° que les reliques de saint Privât étaient alors à Mende , 2» que cette dernière localité devait être assez considérable pour que son nom figurât à

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côté des villes de Brioude, Tours, Limoges, Toulouse et Paris. 11 est donc , ce nous semble , permis de conclure de ces paroles : Eccè adest... Privatus ex Mimmate que l'endroit nommé Mimmas ou Mimas était, à cette époque, un peu plus qu'un simple hameau et que le siège épiscopal y était établi.

Nous ne devons pas négliger un passage de Sidoine Apollinaire qui nous fournira une preuve plus péremptoire. Sidoine, né à Lyon , en 450 , d'un père qui était préfet du prétoire, s'adonna à la culture des lettres. 11 composa un grand nombre de pièces de poésie latine très-estimées. Puis il abandonna le monde pour se livrer à l'étude des livres saints, et devint évêque d'Auvergne, aujourd'hui Clermont- Ferrand , où sa mémoire est l'objet d'un culte particulier. Dans son Propempticon ou envoi de ses ouvrages à Narbonne, il indique à son livre la route qu'il doit tenir en parlant de Clermont. Le livre doit passer par Brioude et franchir la montagne de la Margeride. C'est alors qu'il aperçoit le pays de Gabalum ou Gévaudan. Voici ses vers :

Tum terram Gabaliim salis nivosam El quantum indigenœ volunl putari Siiblimem in piileo videbis urbem, « Tu verras, dit-il à son livre, le territoire de » Gabalum souvent couvert de neige et tu découvri- » ras, comme au fond d'un puits , une ville sublime » aux yeux de ses habitants qui veulent le faire ac- » croire, » Il y a dans Tépithèle sub/imem , d'abord

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