‹ Gabalum ChristianumChapitre 13 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, NOTIO^S PRÈLlMi.N AIRES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, NOTIO^S PRÈLlMi.N AIRES

une antithèse avec in puteo, et ensuite une ironie aux dépens des citadins de l'époque.

L'académicien plus haut nommé a traduit l'épithèle siiblimem dans un sens littéral et sérieux, afin de voir dans cette ville Anderiiiim dont il fixe les ruines à Antérieux (Cantal). 11 nous dit, en effet, que ce dernier village est placé sur une élévation , en demipain de sucre, siiblimem , au fond d'une vallée, ou plutôt d'une gorge, in puteo, dans un puits. Quiconque a lu sans prévention les trois vers du poète y a rencontré la piquante ironie dont nous avons parlé et pas autre chose. M. Walckenaër veut aussi que cette ville soit sur la rivière de Trueyre. Le poète Sidoine ne dit rien de ce genre. Le livre voyageur, après avoir franchi la Margeride, se trouvera sur les hords de cette rivière et verra ensuite la terre de Gabadim, ainsi que la ville au fond d'un puits. Mais ce ne sera pas simultanément. Quelle sera donc cette ville si ce n'est pas Anderitum ou Antérieux? Sera-ce la cité même de Gabalum j qui selon nous est Javols? Non ; cela ne se peut pas. Javols n'est pas dans un bas-fond, dans une gorge que Sidoine Apollinaire ait voulu nommer un puits. Il ne faut pas torturer jiénibiement ce passage pour découvrir la vérité. Le livre voyageur allant de Clermont à Narbonne traverse le Gévaudan. Il va du nord au sud, et , arrivé sur les hauteurs qui dominent la ville de Mende , il aperçoit cette ville , sur la rive droite du Lot , dans une vallée profonde que resserrent les montagnes dont elle est cernée de toutes

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parts, li voit le Mimas ou Mimatum du cinquième siècle, le village modeste que sa qualité de siège épiscopal fait décorer du nom de ville, Urbs, Civitas , où reposent les restes vénérés d'un pontife martyr. Le Viculiis ou petit hameau a pris un aspect plus animé, parce que les Cabales chrétiens sont venus s'y placer sous le salutaire patronage de saint Privât. Le poète peut s'égayer sur la bonne opinion que les habitants se font de leur ville naissante, mais cela même implique aux yeux de tout homme impartial et libre de préjugés l'existence de cette ville dans un bas-fond, iir~bem in puteo. L'académicien s'obstinant à voir dans cette chélive cité Anderittim dont il fait Antérieuxest en contradiction avec lui-même, car il nous affirme que long-temps avant saint Privât la vieille capitale du Gabaluni ou pays Gabalitain avait cessé d'exister. Donc, au milieu du cinquième siècle, le poète n'aurait pu donner ni sérieusement , selon M. Walckenaër, ni ironiquement, selon nous, le nom de ville, Urbem, à ce qui n'était plus qu'un amas de ruines.

Nous avons donc acquis la ferme conviction que Sidoine Apollinaire a désigné, dans les vers précités, la petite ville sise au pied du mont Mmas. Il n'est pas possible d'y voir tout autre localité. Sainte-Enimie , aujourd'hui encore très-petite ville, et la Canourgue sont dans de profondes vallées, surtout la première dans les gorges resserrées du Tarn. Mais d'abord ces villes n'existaient pas dans le cinquième siècle, et puis encore elles ne se trouvaient point, à beaucoup près, sur l'itinéraire que trace le poète h son livre.

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