PREMIÈRE PARTIE, N0T10^S PRÉLlMlNÀlRlTS
0 lions infidèles. » Le P. Longueval fîiit observer, avec raison, que sainl Privât n'aurait pu tenir ce langage an commencement (lu cinquième siècle, car en 405, le irône impérial était occupé par Arcade, fils aîné de Théodose, et que depuis Constantin-le-Grand, en 514, les empereurs étaient chrétiens. On pourrait nous objecter que les actes de saint Privât ne remontent pas au delà du onzième siècle. Toujours est-il certain qu'à cette époque, beaucoup plus rapprochée des siècles de persécution que la nôtre, on plaçait le martyre de saint Privât sous les empereurs idolâtres.
On a vu que Hugues du Tems opinait d'abord en faveur du séjour des évêques à Javoulx ou Javols , jusqu'à l'an 1051 où ces prélats, selon lui, prennent enfin le titre d'évèques de Mende. Il ignorait que le premier évèque connu sous ce titre est Etienne I , qui, dans un acte de 951 , se qualifie évèque de Mende. episcopus Mimntensis , aussi bien que Raymond ou Rngamundus en 1051. Dans sa seconde hypothèse, il a cité Clermont. En effet , le premier évèque qui abandonna le titre d'Auvergne pour celui de Clermont fut Gilbert, décédé en 1195. Or, il est prouvé que depuis saint Austremoine, apôtre et premier évoque de cette contrée , dans le troisième siècle , tous ses successeurs avaient siégé et siègent encore h Clermont. Dans notre siècle même, l'évèchéde Perpignan est encore désigné sous le titre d'Elne, ancienne ville épiscopale, quoique depuis long-temps il soit fixé dans la première de ces villes. (Voir In noie sur le présent chapitre à la fin du volume.)
50 GABALUM CHRISriANUM
N'omettons pas ici deux faits relatifs h notre siège gabalilain. Nous voyons Aklebert lïl du Tournel , installé en ilSl etOdilon deMercœur, en i246, qui, après Etienne I et Raymond, se qualifiant évêques de Mende, prennent pourtant encore le titre d'évêques de Gabaium ou Javols. Faudra-l-il conclure de ces deux faits qu'après Etienne ï et Raymond, les évêques de ce diocèse étaient revenus h Javols? Ce serait par trop absurde. Donc, le titre d'évêques de Gabaium ou Javols pris par un grand nombre de successeurs de saint Privât ne prouve absolument rien contre le séjour constant, non interrompu des évêques du Gévaudan , à Mende, depuis le troisième siècle.
Nous pensons que ces preuves substantielles et précises peuvent suffire pour le moment. Elles seront corroborées par les autres notions qui nous restent à présenter dans le cours de cette première partie.
Avant de parler de diverses localités du Gévaudan mentionnées dans les auteurs anciens, il nous semble opportun de retracer ce que nous apprend sur le nom de Mende le célèbre Adrien de Valois , dans sa Nolitia Galliarum. Il nous dit que ce lieu portait originairement le nom de Memmale ou Mimmale. C'est très-évidemment une dérivation du nom de la montagne Mimas ou Mimmas qui domine, au sud, la ville de Mende. Ce terme, selon notre auteur, est indéclinable , comme Comlate , Aretale , Bibracle , Corpenloracte. Mais les anciens [Yeteres] ont décliné Mcmmas, Memmaiis , de même qu'on le fait dans