PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES
chaire de Sainl-Pierre , il en fît reconstruire l'église. C'est la même qui est mainienanl paroissiale et ceci ne contribue pas peu h prouver, s'il en était besoin, que le monastère de Chirac n'a jamais subi de translation.
Nous croyons utile de relever ici une erreur qui s'est glissée dans l'histoire des Souverains Pontifes romains, par l'estimable M. Artaud de Montor. Il dit, en parlant d'Urbain Y, que ce pape fit sa profession religieuse dans l'abbaye de Clairac. Or celle-ci était au diocèse d'Amen. Cet auteur a confondu C/ariacum avec Cyriacum.
Le monaière de Chirac, ou pour parler plus clairement, la fondation du Monastier, subit dans le seizième siècle une sécularisation qui fut sa ruine. En 1576 il fut concédé aux religieux de la Compagnie de Jésus. Nous n'avons point à jeter un blâme sur cette concession, car elle fut utile au bien public. Mais quand les jésuites du collège de Rodez, qui avaient joui des biens de cette fondation du onzième siècle, durent se disperser , en vertu de l'acte qui , en 1762, prononça leur suppression, n'est-il pas étonnant que l'administration diocésaine de Monde n'ait pas réclamé la possession ou les revenus de l'ancien monastère? Le collège de Rodez, passé en d'autres mains, continua d'en jouir au détriment d'autres établissements analogues dans le Gévaudan. Il est vrai que la grande spoliation de 1789 allait bientôt décider la querelle, s'il y en avait eu , en mettant en diction la fable de l'huitre et des plaideurs.
78 GABALUM CHRISTIAÎSUM
La petite ville de Chirac, qui a une cure de seconde classe, possède une très-antique église paroissiale où le style roman a subi d'assez harmonieuses adjonctions gothiques. A côté d'elle s'élève une délicieuse chapelle du style ogival le plus pur. Elle est dédiée à saint Jean-Baptiste et fut très certainement le baptistère de l'église paroissiale à laquelle elle est contigûe. Ce monument est dans un état de délabrement complet. Il est à désirer qu'on s'empresse de restaurer ce charmant édicule qui bientôt ne serait qu'une ruine.
Quant à Téglise conventuelle du Monastier, œuvre du pape Urbain V, elle a été victime de nombreuses dégradations. Mais ce qui en reste prouve avec quel amour ce pape avait édifié cette abbatiale sur les ruines de celle où il avait prononcé ses vœux monastiques.
Vî. On l'ait remonter à la fin du douzième siècle, ou au commencement du treizième, la date de Tabbaye de Mercoire. Une ancienne tradition veut qu'au milieu de la forêt de ce nom ait existé un temple en l'honneur de Mercure. Le nom de Mercorium a, en efl'et, beaucoup d'analogie avec celui de cette divinité payenne. Mercurey , en Bourgogne; Mercurel, en Dauphiné; Mercœur, en Auvergne, accusent évidemment la même origine. Mercoire, en Gévaudan , nous semble ne pas en avoir une autre. Les Bomains, après avoir conquis la,Gaule, durent y bâtir des temples à leurs faux dieux.