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PKEMIÈUE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES

L'antiquité de Maruéjols ne peut se prouver par (les monuments écrits avant l'an 1060, date d'un acte de donation d'une pariie de celte ville à l'abbaye de Saint-Victor de [Marseille; mais on peut bien regarder comme certain que dès les temps antérieurs à la dynastie des mérovingiens, il devait exister, dans ce large et fertile vallon arrosé par la rivière de Cologne, du ïïio'ms im oppidum ou bourg fortifié.

Grégoire de Tours parle d'un concile tenu dans un lieu qui confinait à l'Auvergne, au Rouergiie et au Gévaudan. Divers auteurs placent ce concile à Maruéjols ; or ceci nous reporte à l*an 590. Ce concile, qui n'a réuni que les évèques des trois provinces précitées, était en réalité un tribunal ecclésiastique, appelé à juger un procès. Eulalius, un des principaux seigneurs du pays, réclamait, de sa première femme Tetradia , devenue l'épouse de Desiderius , Didier, avec lequel elle s'était enfuie, les objets qu'elle lui avait enlevés en se livrant h Didier. Cette épouse infidèle fut condamnée à restituer à Eulalius quatre fois autant qu'elle avait emporté de la maison; les enfants qu'elle avait eus de Didier furent déclarés illégitimes. Serait-on surpris de voir des évèques formuler un jugement civil avec amende? Nous demandons s'il pouvait en être autrement dans un siècle où l'Eglise seule tenait le flambeau de la civilisalion ; h une époque où l'Eglise seule pouvait lutter avec succès contre le débordement de la barbarie et faire respecter, non seulement le droit évangélique, mais encore le sin)[)lc droit nainreL

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Quelques auteurs ont crn que cette ville pourrait être le Castrum meroliacence j dont parle Grégoire de Tours. Or il est plus probable que ce MeroUacum n'est autre que Mareughiol , dans l'arrondissement d'fssoire, en Auvergne. Notre cité gabalitaine est nommée en latin, tantôt Mnrenghun ^ tantôt Marolocjium. Une charte de 1364 (archives de l'évêché), donne à cette ville le nom français de Marrologe; on la trouve aussi désignée en latin sous le nom de Marojolium. Ceci est le fait de certains tabellions qui ne connaissaient point le vrai nom latin de Marologium,

Le nom français de cette ville, quant à la prononciation , a toujours été Maruéjols, Maruéjouls ou Maruége. Lorsque la lettre V était employée pour la lettre U, on écrivait naturellement Marvéjols, comme on écrivait Prinsvéjols, Lanvéjols, deux localités du même pays. Depuis la distinction grammaticale adoptée entre la lettre V et la lettre U, on a écrit Prinsuéjols, Lanuéjols. Pourquoi excepte-t-on de la règle la seconde ville du Gévaudan ? La langue vulgaire du pays impose la prononciation de Maruéjols ou Maruége. Ce serait donc seulement en français que cette ville serait nommée et articulée Marvéjols ! U est évident qu'ici existe une singulière anomalie. Mareujl, dans le Poitou, Moreuil, dans la Picardie, se sont écrits Marevil et Morevil. Mais s'avise-t-on d'arliculep la consonne V dans ces deux noms de localité ? Nullement. Au reste, dans un assez grand Ijûinbie d'ouvrages géographiques et de cartes de

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