PREMIÈRE PARTIE, NOTIONS PRÉLIMINAIRES. i
Nous avons seulement mentionné la sonnerie dont François de la Rovère avait doté ces tours dues à sa munificence. Nous devons maintenant jeter un regard rétrospectif sur cet objet. Le bourdon principal était désigné sous l'appellation expressive de cloche Non-Pareille. Elle était du poids de cinquante milliers ou cinq cents quintaux. Le deuxième bourdon pesait près de quarante milliers ; ces gigantesques cloches étaient placées sous la grande flèche; treize autres cloches de différents poids meublaient le petit clocher.
Nous croyons devoir placer ici un parallèle qui tournera à la gloire bien légitime de notre cathédrale gévaudanoise. On a beaucoup exalté en France la fameuse cloche de Rouen, connue sous le nom de George d'Amboise, parce que le cardinal-archevêque de ce nom en gratifia sa métropole normande. Cette cloche fut fondue en 1501 et pesait trente-six tuiliers, c'est-à-dire quarante quintaux ou quatre milliers de moins que le second bourdon de Mende. Mais le grand bourdon de cette dernière ville l'emportait de quatorze milliers sur George d'Ambolse de Rouen. Il existe encore derrière une porte latérale de la cathédrale de Mende un témoignage irrécusable de la grosseur de la Non-Pareille, nous voulons parler de son battant en fer forgé. Il a deux mètres trente cinq centimètres de hauteur, sur un mètre dix centimètres de circonférence à son nœud de percussion. La longueur de ce battant suppose h la cloche presque une hauteur de trois mètres. Le bourdon de Rouen avait
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dionales. Ainsi sur vingt-lrois diocèses dont se composait le gouvernement général de Languedoc, celui de Mende ne le cédait, pour le nombre des paroisses, qu'aux archevêchés de Narbonne, de Toulouse et d'Albi , et aux évêchés de Comminges, Béziers et Viviers. Six autres diocèses de cette province avaient de cent h cent quatre-vingt-seize paroisses; dix étaient au-dessous de cent, notamment Agde et Mirepoix. qui ne comptaient pas trente paroisses chacun. Aujourd'hui le diocèse de Mende en possède deux cent quatorze et ce nombre est susceptible d'accroissement.
Le P. L'Ouvreleul énumère ensuite les prieurés de ce diocèse. Il les divise en prieurés simples et en prieurés-cures. Les premiers y étaient au nombre de cinquante-huit, les seconds au nombre de trente-sept, ce qui présente un total de quatre-vingt-quinze prieurés. Il est probablement superflu de faire observer que ce dernier chiffre fait partie intégrante de celui de deux cents, qui est le nombre des paroisses.
Ces prieurés et ces cures n'étaient nullement à la charge de l'état , pas plus que les sièges épiscopaux et les chapitres. Il est bon de consigner ces faits dont le souvenir disparaît peu à peu dans le lointain, aux yeux des nouvelles générations. La piété des peuples avait successivement doté le clergé de plusieurs fondations, depuis surtout le quatrième siècle. Le clergé lui-même avait fait de nombreuses acquisitions et en certaines contrées avait décuplé la valeur des terres qui lui avaient été données. D'après un calcul aussi