‹ Gabalum ChristianumChapitre 64 sur 126 · ETIENNE III · texte numérisé non relu

ETIENNE III

Cet évêque monta sur le siège de Mende en 1275, année de la mort de son prédécesseur. Il y eut entre lui et son chapitre, en l'an 1277, une transaction au sujet de quatre archiprêtrés et de deux églises. L'année suivante il assista au concile tenu à Aurillac, contre les exemptions, et présidé par Guy, Guido, archevêque de Bourges.

Hugues du Tems, confondant les termes Awre/«acence et Aurelianense ^ fait assister Etienne à un concile d'Orléans, en la susdite année. Ce n'est qu'une erreur de nom propre de ville. L'abbé Prouzet censure le nouveau rituel de Mende qui fait assister cet évêque à un concile tenu à Aurillac. La critique est très-mal fondée , car cet auteur veut que ce concile ait été tenu, non pas en 1278, mais en 1294. En ce

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dernier cas, Etienne IIÏ n'aurait pas pu y assister, puisqu'il était mort plusieurs années auparavant. L'abbé Prouzet semble avoir ignoré qu'il y eut un premier concile h Aurillac en 4278, et un second, dans la même ville, en 1294. Celui-ci fut présidé par Simon , archevêque de Bourges. Le premier de ces conciles est celui que Hugues du Tems place à tort à Orléans, Aureiianij au lieu de le placer h Aurillac, Aiireliaci. La ressemblance de ces noms de ville en latin , où il ne se trouve qu'une seule lettre de ditférence, a pu lui faire prendre le change. Mais il n'en est pas moins vrai que des erreurs de cette nature peuvent embrouiller l'histoire d'une époque et faire naître des débats sans fin et sans fondement.

C'est sous Etienne III que le marquis de Canilhac fonda un couvent de Dominicains dans la ville, alors nommée Marieuge , aujourd'hui Maruéjols. En ce pays, on donnait le nom de pères blancs à ces religieux h cause de la blancheur de leur robe monacale. L'époque précise de la mort d'Etienne III n'est pas connue, mais il est certain qu'il vivait en i281 , d'après les archives de la Lozère.

Un grave devoir nous incombe en ce moment. Nous avons à signaler une erreur très-importante qui a été surtout commise par les auteurs de la GaUiaCliristiana. Sur la foi d'un ouvrage qui jouit de la plus grande estime , la plupart des auteurs qui ont écrit sur la succession des évêques de Mende l'ont copié

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sans examen. Il s'agit d'un évêque désigné sous le nom de Julien I, cardinal du titre de Saint-Pierreaux-Liens, qui aurait succédé à Etienne III et aurait prêté son serment de fidélité en 1279. La GalliaCliris' tiana dit formellement qu'il est fait mention de ce Julien I dans le Trésor des Charles, sous Tannée i279.

Nous avons dû nous livrer à de sérieuses recherr ches pour nous assurer de l'exactitude du fait, car nous avions grandement lieu de nourrir des doutes. Nous avons d'abord consulté le grand ouvrage de Ciaconius sur les pontifes romains et sur les cardia naux. Il n'existe aucun cardinal sous le nom de Julien, dans tout le treizième siècle. Cela ne pouvait nous suffire. Il était encore plus sûr de recourir au Trésor des Chartes. Les archives de France, à Paris, ont été mises à notre disposition. Le Trésor des Chartes ne présente rien qui se rapporte à l'indication de la Gallia Christiana. Mais nous y avons découvert l'original du serment de fidélité prêté par Julien, cardinal de Saint' Pierre-aux-Liens qui prit possession du siège de Monde, par procureur, l'an 1479. Ce cardinal évêque de Mende n'est autre que Julien de la Rovère dont nous parlons en son lieu , et qui fut le pape Jules II. îl s'est donc introduit dans les catalogues des évêques de ce diocèse un énorme anachronisme de deux siè-? des complets. Toutefois , on ne s'est pas borné à cet anachronisme, car on fait figurer le même Julien comme évêque de Mende à l'époque où il eut réelleleinent ce titre.

Il est vrai que contrairement au nouveau rituel de Mende et aux catalogues sur la foi desquels il a été rédigé, l'abbé Prouzet n'a pas voulu placer Julien en 1279. Mais par une autre erreur inexplicable, il a représenté cet évèque comme vivant en 1590. Or, on verra en son lieu qu'à cette deruière date l'évêque de Mende était Robert de Bosc ou Bosco. Il indique h l'appui de son opinion les archives de la Lozère, sans fournir la plus légère preuve. Nous ne comprenons rien à cette manière de traiter l'histoiie d'un pays. Si ce respectable prêtre était encore vivant, nous le prierions de nous désigner la source où il a puisé ce qu'il dit sur ce point. Il est bien vrai que s'il existe dans les archives de la Lozère quelque note qui ait pu lui faire émettre une opinion de cette nature , ce document est complètement erroné. Quant à un titre original , nous avons la certitude qu'il n'existe nulle part.

D'après ce que nous venons d'exposer, il demeure incontestoble que l'évèché de Mende a été possédé par un seul Julien , cardinal de Saint-Pierre-aux- Liens, et que ce prélat fut Julien de la Rovère, qui plus tard monta sur la chaire de Saint-Pierre , sous le nom de Jules II. La coïncidence de deux évêques du même nom, du même titre cardinalice, sur un même siège, l'un en 1279 et l'autre en 1479, était seule capable de faire naître un doute. Il n'en existe maintenant plus, et le seul cardinal Julien, évèque de Mende , est à sa place , avant son neveu Clément.

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