‹ Gabalum ChristianumChapitre 99 sur 126 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Pseudo-épiscopat constitutionnel de Nogaret. — Organisation du diocèse de Mende en vertu du Concordat de 1801. —Jean-Baptiste de Chabot; Etienne-Martin Morel de Mons ; Claude-Jean-Joseph BruUey de la Brunière ; Mgr J.-A.-M. Foulquier.

Pendant que le pasteur légitime était en fuite, ou subissait l'incarcéralion dont la suprême péripétie fut l'assassinat de Versailles, Etienne Nogaret, ayant pour cortège la tourbe complice des bourreaux septembriseurs , trônait sur la chaire pontificale de Mende. La persécution sévissait contre le clergé fidèle. Les prêtres qui avaient refusé le serment schismatique étaient réduits à se cacher pour exercer le saint ministère. Les siècles de Néron et de Dioclétien reparaissaient sur la terre catholique de France, avec cette différence que, sous le règne de ces anciens tyrans, c'étaient des païens qui exerçaient leur rage contre des chrétiens, tandis que, sous le régime de 95, les bourreaux étaient des hommes qui se disaient plus chrétiens que leurs victimes! Nous n'avons pointa raconter ici les ravages incalculables du régime révolutionnaire dans leGévaudan. Nous devrons pourtant offrir le tableau nominatif des prêtres qui furent imr moles dans ce pays par ce fanatisme légal qui s'intitulait le règne de la liberté et de l'égalité.

L'évêque intrus ne put néanmoins promener longtemps sa crosse constitutionnelle dans son diocèse de la Lozère. Les dévots de son Eglise se convertirent au culte de la RAISON. Toute cérémonie religieuse cessa. Nogaret se vit bientôt sans brebis d'aucune espèce. La plupart de ses prêtres se marièrent. Nous devons dire cependant que si le malheureux évéque intrus est mort, quelques années après, dans le schisme, il n'a pas, comme d'autres évoques ou prêtres jureurs , scandalisé l'Eglise par un mariage sacrilège et une abjuration lamentable des premiers principes de la foi chrétienne. Nous ne sommes que juste en reconnaissant qu'Etienne Nogaret ne tomba pas jusqu'au fond de l'abîme.... quoiqu'on ait à regretter qu'il ne se soit pas réconcilié avec l'Eglise avant de descendre dans la tombe. Né en 1726, il mourut en 1804.

Durant ces dix ans de tempête révolutionnaire, la mission de régir spirituellement le diocèse de Mende fut dévolue au digne Abbon-François Bonnel qui , après le concordat de 1801 , fut vicaire-général, et mourut en 1845 à Viviers, dont il avait sagement gouverné l'Eglise comme évéque.

L'ancien état du siège épiscopal de Mende a disparu. Ses évêques-comtes , ses riches revenus, son insigne chapitre, ses chapitres collégiaux, ses monastères, ses prieurés, les domaines ecclésiastiques, tout a été englouti dans le gouffre de la révolution. Mais l'impiété s'est trop hâtée de battre des mains. Elle a cru stupidement que Jésus-Christ avait menti a sa promesse

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d'êlre avec son épouse chérie jusqu'à la consommalion des temps. L'orage a été passager. Le dix-neuvième siècle va voir se renouer la chaîne de la succession épiscopale. INolre catalogue n'est pas fermé.

Le Concordat conclu entre le pape Pie \II et le premier consul Bonaparte assigna pour territoire au diocèse de Mende les deux départements de la Lozère et de l'Ardèche. Ce siège acquérait ainsi une étendue juridictionnelle au-delà de trois fois plus considérable que l'ancienne circonscription. La Lozère, au commencement du dix-neuvième siècle , avait une population de 140 mille âmes et l'Ardèche comptait environ 540 mille âmes. Le diocèse de Mende avait donc ainsi480milleâmesdepopulation.Toutefois, la religion n'avait pas à s'applaudir d'une mesure qui, en établissant des diocèses d'une si grande étendue, surchargeait les nouveaux évêques et nuisait par conséquent à la surveillance et aux soins intimes du premier pasteur.

Mende eut néanmoins à se féliciter d'avoir obtenu dans ce nouveau concordat un siège épiscopal dont plusieurs villes circonvoisines, telles que Nîmes, le Puy et Rodez, n'obtinrent pas le précieux avantage. On sait que ces trois villes n'ont recouvré leur titre épiscopal que vingt ans après Mende. Celle insigne faveur fut ménagée à l'antique siège gabalitain par un célèbre personnage, originaire du pays, et que les événements avaient placé au ministère de l'intérieur. Chaptal, si illustre dans les sciences, rendit à la contrée qui l'avait vu naître plusieurs autres services,

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mais celui que nous venons de signaler mérite à sa mémoire un long tribut de reconnaissance.

Le premier consul , en vertu du concordat de 4801 , qui conférait au chef du pouvoir, en France, le droit de nominiilion aux sièges épiscopaux, nomma Je prélat par lequel nous reprenons notre catalogue.

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