Aujourd'hui appelé Harbor Springs
2. Voir en appendice la liste chronologique de ces missionnaires. Note B.
paroisses lui était confié, et dans ces paroisses il n'y avait que six chapelles : une à Détroit, et une autre sur le canal par lequel le lac Saint- Pierre vient se décharger dans le lac Erié, une à la baie \'^erte \ une à la rivière Clinton, une à la Rivière-aux-Raisins. une enfin à la baie Miamis. Sa juridiction s'étendait aussi loin que la Prairie-du-Chien, petit village situé à l'endroit où la rivière Wisconsin se jette dans le Mississipi. Il y avait là cent vingt catholiques, sans église à eux.
Comme on le voit, le champ était vaste, trop vaste même pour un prêtre seul, livré à ses propres ressources. 11 eut d'abord de l'aide dans la personne de l'abbé Dilhet. jeune prêtre français que M^"" CarroU lui avait adjoint et qui fut son auxiliaire jusqu'en 1805. Tous deux s'employèrent de leur mieux pour répondre aux besoins de la population catholique disséminée sur un territoire aussi étendu. L'abbé Richard comprit bientôt qu'il serait impuissant à la tâche, s'il s'en tenait au ministère des âmes par les moyens ordinaires, c'est-à-dire la prédication
I. L'abbé Richard fit commencer, en 1823, une nouvelle chapelle à la Baie Verte, sur la propriété Langiade. L'abbé Badin vint s'y établir en 1825, et il fut remplacé, en 1826, par l'abbé Fauvel.
€t l'administration des sacrements. Les catholiques étaient entourés de protestants, aux multiples dénominations, et toutes ces sectes remuantes faisaient du prosélytisme. 11 y avait donc des dangers à courir, et si on ne fortifiait pas la citadelle, l'ennemi avait toutes les chances d'y pénétrer. Les sauvages surtout, avec leur inconstance naturelle, eussent été des proies faciles pour l'ogre protestant.
Que faire en pareille occurrence? L'abbé Richard s'aperçut qu'il fallait de toute nécessité commencer par protéger l'enfance contre l'envahissement du mal. Il n'y avait pas d'écoles à Détroit ; il résolut d'en ouvrir coûte que coûte, même au prix des plus grands sacrifices. Ce fut son premier soin, et il s'y employa avec une ardeur admirable.
Deux ans après la fondation de Détroit (1703), La Motte Cadillac, alors commandant du lieu, avait recommandé la fondation d'une école pour l'éditcation des enfants des Français et des sauvages, mais on ne trouve nulle part de traces de cette fondation ^. A partir de 1703 jusqu'à l'arrivée de l'abbé Richard, rien ne fut fait dans le sens de l'éducation de l'en-