I. Débats du Congrès, \'^ol. I, p
tivement adopté par la Chambre que le 2 février 1825, et par le Sénat le 2 mars. Il fut aussitôt signé par le Président des Etats-Unis et prit force de loi le dernier jour de la session, c'est-à-dire le 3 mars 1825.
L'abbé Richard réussit encore à obtenir des fonds publics pour différents chemins qui aboutissaient à Détroit, entre autres ceux de Fort Gratiot, de Pontiac et de la Grande-Rivière. Il défendit vaillamment la cause des Indiens de sa région, il exposa leurs besoins et fit valoir leurs réclamations.
Le 10 décembre 1824, l'abbé Richard était à son siège lorsque le général Lafayette fut reçu à la Chambre du Congrès avec tous les honneurs dus à son caractère, à son âge et surtout aux services qu'il avait rendus à la cause de l'Indépendance américaine. Trente ans s'étaient écoulés depuis ces jours mémorables où ce fils de la France, à la tête de miliciens compatriotes, n'avait pas hésité à traverser l'océan pour aider ses amis d'Amérique à secouer le joug de l'Angleterre. Cependant ces souvenirs étaient encore vivaces dans la mémoire des Yankees, et ils le firent bien voir dans la circonstance. Le général Lafayette visita les principaux centres des Etats-Unis, et son passage fut un triomphe
sans précédent. Le Congrès lui vota une somme de $200.000 et lui fit le don généreux de vingtquatre mille acres de terres. Pour être tardive, la récompense n'en était pas moins précieuse à recueillir.
Aux élections générales de 1825, l'abbé Richard, encouragé par ses amis et même par dts membres éminents du clergé, crut devoir poser à nouveau sa candidature. Cette fois il n'eut que deux ad\'ersaires sur les bras, mais ils étaient sérieux : c'étaient Biddle et Wing, contre qui il avait déjà lutté en 1823. Le catholique Williams mit tout en œuvre pour détacher le vote catholique en faveur des deux candidats protestants. L'élection eut lieu le 31 mai, et quelques jours plus tard, le bureau des Canvasscrs déclara Biddie élu avec une pluralité de onze voix sur Wing et de vingtcinq voix sur l'abbé. Celui-ci contesta ce rapport, et après l)eaucoup d'efforts, il réussit à obtenir un nouveau dépouiPiement du scrutin, qui fut final. Wing eut sept cent vingt-huit voix, Richard sept cent vingt-quatre et Biddle six cent quatre-vingt-neuf. Comment le bureau était-il parvenu à pratiquer un tel déplacement? Il est difficile de le dire, mais l'abbé Richard se plaigiiit qu'on lui a\ait enlevé
soixante suffrages dans un bureau de rotation de Détroit. Il adressa au Congrès un mémoire à cet eft'et, sous fomie d'une brochure de cinquante-huit pages, intitulée : « Rapport des procédés relatifs à l'élection contestée pour un délégué au XIX^ Congrès, pour le Territoire du ^lichigan. entre Austin-E. Wing, Gabriel Richard et John Biddle, contenant les arguments du Conseil, les opinions des Canvassers et les témoignages apjx^rtés par les parties. •>
Un comité spécial s'occupa d'étudier la question, et le i<S janvier 1826. il rapportait deux résolutions ainsi conçues: i*^ Les Canvassers territoriaux ont outrepassé leurs pouvoirs, mais leur action affecte seulement le certificat et non le siège ; 2" deux mois sont accordés aux contestants pour produire leurs témoignages.
Un rapport additionnel, en date du 13 février, confirmait l'élection de Wing. L'abbé Richard disparut forcément de la scène publique où lui-même i:)ersonnellement n'avait guère d'intérêt à demeurer. Il avait réussi, à force d'économie sur ses émoluments et ses frais de voyages et de pension, à payer sa dette d'église; de plus il était par\'enu à faire sortir du trésor fédéral des sommes assez rondes pour ouvrir des routes, construire des quais et des ponts,
dessécher des marais, enfin pour développer le commerce, l'agriculture et l'industrie de son Territoire. Bref, il avait fait de bonne besogne. Ce qui faisait dire à un membre du clergé qui avait été chagrin de le voir entrer dans la politique : « \^otre présence au Congrès nous vaut mieux que dix missionnaires. » Le Père Gallitzin \ prince russe et sulpicien, arrivé en Amérique en 1792. et alors vicaire général de l'évêque de Philadelphie, lui dit un jour : « Lorsque j'appris votre élection au Congrès, je la désapprouvai tout de suite; mais j'ai l'honneur de vous dire que si vous pouvez faire en sorte de conserver votre siège durant toute votre vie. vous ferez plus de bien pour la religion avec votre seul salaire, que beaucoup d'autres missionnaires avec tout leur zèle et leurs prédications. »
Le curé Richard brigua de nouveau les suffrages de l'électorat du Territoire du Michigan. Ce fut en 1829. L'élection eut lieu le 12 juillet. Cette fois encore, le scrutin lui fut
I. Le prince Gallitzin fut désigné en 1832, pour l'évèché de Détroit : mais on croit qu'il refusa cet honneur. Son zèle se déploya dans la Pennsylvanie, où il dépensa plus de $150,000 à la fondation de paroisses catholiques. Il porta pendant longtemps le nom de Smith.
défavorable ; son ancien adversaire John Biddle l'emporta haut la main \ On ne lui tint pas compte des services qu'il avait rendus à ses commettants, et puis les raisons graves qui l'avaient fait élire une première fois n'existaient plus.