Tarde. L'opposition universelle, p
Dupont
e) Métaphysique de Tarde. — Cette théorie était très fragile ; aussi Tarde l’appuya-t-il par des considérations métaphysiques que nous allons résumer brièvement, et dont l’exposé est absolument nécessaire à la compréhension du point de vue spécial et original adopté par l’auteur.
Tarde remarque que la spéculation contemporaine a pour tendance générale le monisme, qu’on peut d’ailleurs concevoir de trois façons : i® dans le sens matérialiste, « en regardant le mouvement et la conscience, la vibration d’une cellule cérébrale, par exemple, et 1 état d’esprit correspondant, comme deux faces d’un même fait » ; 2® « en admettant une source suprême et inconnaissable, commune à la matière et à l’esprit, ce qui substitue une trinité à une dualité » ; 3® dans le sens idéaliste absolu, « en posant résolument que la matière est de l’esprit » (i).
C’est ce monisme spiritualiste qu’adopte résolument notre métaphysicien. Comme autrefois Leibniz, le monde lui semble un composé admirable de monades, d’atomes invisibles et innombrables. Et il trouve la solution du fameux problème de l’accord universel de ces atomes « en concevant des monades ouvertes qui s’entre-pénétreraient réciproquement au lieu d’être extérieures les unes aux autres »... L’atome « est un milieu universel, ou aspirant à le devenir, un univers à soi, non