I. Psychologie economique, pp
tent de plus en plus parmi les étoiles de première grandeur des constellations nationales ».
Quand un métier peu considéré veut monter dans l’estime générale, il doit s’organiser en ghilde. en corporation, en syndicat, afin d’impressionner, de suggestionner le public. D’ailleurs aussi bien que l’union, le rapprochement physique fait la force et le pouvoir et I les anciennes corporations avaient soin dans ce but de
I se grouper dans la même rue ou le même quartier : il
I y avait la rue des bouchers, des boulangers, etc. Ce
^ groupement permettait du reste aux professionnels de
s’influencer, de se suggestionner et fortifiait grandement le sentiment de la vie corporative. Et c’est même ce besoin de rehausser leur considération qui a surtout i suscité les anciennes ghildes à se constituer ; en fait,
i elles ont toujours mieux réussi à grandir en honneur et
en pouvoir qu’en richesse. Aussi, « toutes choses égales d’ailleurs, un métier ou l’on vit groupés est supérieur en considération à un métier ou l’on travaille isolés ».
Le degré de considération des métiers voit encore nombre de ses fluctuations régies par les révolutions politiques qui changent la répartition du pouvoir entre les classes ou les professions. Ainsi dans la Grèce la substitution des républiques démocratiques aux vieilles cités aristocratiques « a eu pour effet nous dit M. Guiraud (i), de rehausser dans tout le monde grec la con-
I. Guiraud. « La main d’œuvre industrielle dans l’ancienne Grèce. »
dition des travailleurs ». En France, du jour où tous les métiers ont également participé au pouvoir politique par le suffrage univ'ersel, la distance entre eux au point de vue de la considération s’est fort amoindrie. Et ceUe égalisation démocratique entre les métiers a une grande importance économique, car elle permet les grandes fédérations corporatives que l’esprit « inégalitaire » empêchait.
Quand les moyens enfin dont dispose une profession pour atteindre ses fins viennent à s accroître par suite de certaines inventions, la profession s’élève dans l’esprit du public. C’est pourquoi la profession d’ingénieur a si fort grandi dans l’estime de la société du xix siècle et de même la médecine depuis la fin du xviii® siècle.
Mais en définitive, la cause capitale, c’est avant tout l’évolution des croyances religieuses; c’est elle plus encore que « l’évolution des intérêts économiques qui rend infâmes tels métiers pratiquement recherchés, ou entoure de respects profonds l’accomplissement de besognes sans utilité pratique ». Presque toujours l’origine de la vénération ou de l’infamie pour telle ou telle profession est toute religieuse (i).
— Classîlication des travaux
Point de départ de la classification des travaux . — Pour esquisser une classitication des travaux, Tarde