‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 111 sur 233 · I. Psychologie économique, p, a5o-!i · texte numérisé non relu

I. Psychologie économique, p, a5o-!i

part de la notion que nous avons indiquée au début même de ee chapitre : tout travail suppose un but, des moyens et des obstacles. Aussi doit-on classer les travaux d après leurs buts ou besoins auxquels ils répondent, les moyens qu’ils emploient et les obstacles qu’ils doivent surmonter pour réaliser leurs fins.

a) But. — Envisagés quant à leur but, les travaux sont organiques ou sociaux ; en réalité toutefois « il n’est pas un besoin si organique qu’il ne revête une forme sociale, ni si social qu’il n’ait son fondement dans l’organisme ».

,3) Moyens. — Quant aux moyens dont ils se servent, les travaux se divisent en deux branches principales : à ceux où domine la dépense de force musculaire et ceux où domine la dépense de force nerveuse ». On sait que ceux-ci sont les plus dangereux et les plus communs à présent ; ils engendrent d’ailleurs plus vite l’ennui que la fatigue. Et l’ennui est, selon la remarque de Ruskin, un ennemi terrible pour les travailleurs.

y) Obstacles. — La classification des travaux d’après la nature des obstacles à vaincre doit, on le comprend, tenir compte d’une foule d’éléments et variant du reste selon les diverses industries : poids, volume, fragilité des objets à transporter, affinités chimiques, cohésions physiques, forces motrices à exploiter, etc.

3) Utilisation. — Enfin on peut encore classer les tra vaux d après la manière dont ils sont utilisés. Tous procurent des services ; mais certains services sont utilisés

directement, d’autres indirectement par les produits où ils se matérialisent et s’incarnent. Au reste, la proportion des travaux-services diminue avec le progrès économique, les travaux-produits grandissant au contraire. Ces derniers peuvent aussi se subdiviser en travaux artistiques et travaux industriels.

Il pourrait y avoir bien d’autres classifications ; mais cela suffit à faire voir leur grande hétérogénéité et leur profonde variété et partant l’immense difficulté de résoudre le problème de leur juste rémunération : cette question des salaires se rattache du reste à la théorie générale des prix (i).

§ 3. — Transformations historiques du travail

Remarque préalable : le sauvage et le civilisé. — L’étude des évolutions historiques du travail nécessite une remarque préalable sur la singularité que nous offre l'homme primitif. La plupart des sauvages sont paresseux ; lacauseen est, dit-on, à leur absence de mémoire et de prévoyance. Ils ne prévoient pas leurs besoins futurs et oublient ceux qui sont passés. Et pourtantce sont les êtres les plus vindicatifs du monde et qui gardent le souvenir intégral des injures les plus anciennes ; « ils se souviennent des moindres piqûres d’amour-propre » .

« Le sauvage est donc tout amour-propre, et n’est prévoyant et mémoratif qu’en ce qui touche à l’honneur »?

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^ 1 .IPsj'cliologie économique, \[). a54-a63.

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