‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 118 sur 233 · I. Psychologie économique, I · texte numérisé non relu

I. Psychologie économique, I

ne sert pas de moyen d’échange des valeurs- vérités, parce que les connaissances à la différeuce des marchandises et grâce à la mémoire qui les emmagasine, ne se substituent pas les unes aux autres et n’ont pas besoin d’être la propriété exclusive de quelqu’un pour satisfaire son désir de savoir.

En effet « toute pensée, toute connaissance consiste

en sensations remémorées, une sensation n’étant qu’un

chche dont la vie intellectuelle est le perpétuel tirage ».

Des lors, nos pensées sont en nous et nous pouvons les

communiquer sans nous en dépouiller. Et ainsi un

Claude Bernard ou un Pasteur propage sans nullement

s’appauvrir les découvertes qu’il a faites, tandis qu’un

monarque oriental, qui un jour de fête distribue une

foule de largesses, se dépouille quelque jieu, si riche soit-il.

Toutefois ces pensées, ces connaissances sont le Iruit, le résultat de sensations, de perceptions répétées et combinées antérieurement. Elles nécessitent donc qu on ait été à même d’éprouver les sensations élémentaires et demandent que le savant par exemjde ait acheté un laboratoire, des ouvrages, etc. De plus, la combinaison dans l’esprit du savant, son invention en définitive se concrétise en un livre qu’il faudra payer pour connaître l’idée féconde. Et dans le passé surtout, tout enseignement était fermé et même parfois réservé aux seuls inities : on connaît la secte dePythagore en Grèce.

Cette réserve n’a d’ailleurs qu’une portée restreinte ; car la communication des pensées a toujours différé essentiellement de celle des richesses et le progrès tend à accentuer davantage cette différence, assurant chaque jour la supériorité grandissante du développement des désirs spirituels sur celui des désirs physiques.

3° Son caractère subjectif. — « La monnaie est le mètre objectif des valeurs, mais plus objectif en apparence qu’en réalité. » En effet « toute la substance monétaire » des métaux précieux est subjective ; c’est avant tout dans une croyance générale, dans un acte de foi universel en eux qu’elle consiste. Aussi la théorie classique de la monnaie-marchandise est erronée. Et en effet on a pu voir depuis un quart de siècle une baisse notable des prix d’un grand nombre d’articles fabriqués coïncider avec une production abondante des métaux précieux, avec une grande économie des frais d’exploitation et avec un large emploi des moyens de crédit. Or, cela tient à ce que chacun, en recevant une pièce de monnaie sait qu’il l’aura déjà échangée avant qu’elle se soit notablement dépréciée. Et cette foi, chacun la garde jusqu’à ce qu’une panique ou un krach se produise.

Si l’on veut maintenant mettre des chiffres à l’appui, on verra que de 1492 à 1600, la quantité d’or et d’argent en circulation sur le continent européen a décuplé, tan-

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