‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 128 sur 233 · I. Psychologie économique, p · texte numérisé non relu

I. Psychologie économique, p

Toutefois le capital-invention subit des pertes au moins partielles, dues au remplacement de ees inventions par d’autres mieux adaptées aux besoins du public ou bien aux changements de ces besoins eux-mêmes par suite d’une mode passagère ou d’une nouvelle foi religieuse ou politique. Des ces deux causes de destruction, la première à coup sur est toujours finalement un avantage social, puisque nous sommes en présence d’une meilleure adaptation ; mais la seconde ne devrait être qu’une exception et malheureusement la mode fantasque change utilement les goûts du public : ce ne doit être d’ailleurs qu'une anomalie passagère (i).

Le capital essentiel, « germe et source du capital matériel », c’est donc la connaissance des inventions utiles. Aussi doit-on rejeter l’idée de Lassalle pour qui la première origine du capital serait l’esclavage. Le capitales! né de la première invention, de celle du feu qu’on a pu obtenir au début en opérant un certain frottement de matières et qui a été « la première richesse indéfiniment reproductrice des primitifs ». — Puis la cueillette des fruits sauvages a dû susciter l’idée d’en réserver quelques-uns pour la faim qui pouvait revenir plus tard. Cette conservation a provoqué ensuite rensemencement et partout la reproduction de ces fruits. Cette idéedemise en réserve est apparue tout aussi bien dans la chasse et dans la pèche, et par ces tâtonnements successifs, on a

changement dans les besoins qui rende la première inutile ; mais le capital auxiliaire se détruit par une catastrophe physique quelconque : inondation, pillage, sinistre, etc.

Et tout ce qui altère le capilal-geritie porte atteinte du même coup au capital cotylédon : l’outillage adapté à l’invention ancienne se voit atteint c omme elle par l’invenlion nouvelle. Et cela prouve bien rimporlaiice du

côté subjectif dans la notion du capital. Toutefois, la destruction du capital-invention est rarement conq)lète et ne s’opère C[ue graduellement ; ce n’esi (pie peu à peu ({ue l’inveution nouvelle élargit son champ d iutlucnce, s’appuyant nécessairement sur la force de l’exemple.

Et même, elle n’arrive jamais à détruire complètement l’invention précédente. Ainsi la navigation à vapeur a fort réduit la navigation à voile, mais n’a pu la détruire entièrement « 11 en est des inventions comme des populations qui, expulsées par des races conquérantes des vastes plaines (pi’elles occupaient, se réfugient dans le cœur des montagnes où elles se défendent indéfiniment ». De ce fait découlent deux conséciuences importantes : la loi d accumulation des inventions et la loi de substitution, ainsi nommée par M. Paul Leroy-Beaulieu ; cette loi veut tout simplement dire cjue derrière l’inveiition nouvelle, raucienne veille toujours, prête d’ailleurs à reprendre son ancien domaine si l’exploiteur de la nouvelle abusait de son autorité et a oulait la faire payer trop cher.

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