LES LLTTES ET LES CRISES Ü.W'S LA PHYSIOLOGIE ÉCOAOMIQEE
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§ I . — Les Luttes
Revue des luttes externes. — Le prix n’est que le résultat d’une lutte tout interne. Mais les luttes externes, c’est-à-dire les luttes d’individus, occupent trop de place dans la vie économique pour que Tarde les ait ici négligées. Toutefois c’est la partie de cet ouvrage la moins suggestive et elle paraît un peu faible après les parties maîtresses que nous avons déjà pu aborder Nous résu. nierons donc le plus brièvement possible cette classification des luttes économiques, nous contentant d’insister sur l’étude plus originale que Tarde a consacrée aux crises et aux grèves.
Tarde distingue les luttes des producteurs entre eux, des consommateurs entre eux, des producteurs et des consommateurs et enfin les luttes monétaires.
Les luttes de la production se subdivisent en luttes : lo Entre coproducteurs d’un même atelier (grève, arme des ouvriers ; lock-out, arme des patrons) ; a® entre producteurs ditlérents d’un même article dans une même
nation ; c’est la concurrence intérieure ; 3“ entre producteurs nationaux et étrangers d’un même article ; c’est la guerre douanière : on lutte ici à coup de tarifs de douane ; 4° entre producteurs, nationaux ou étrangers, d’articles difïërents, lutte trop inaperçue, mais constante et profonde, « car les divers produits industriels se disputent entre eux le désir de chaque individu, comme les diverses idées circulant dans l’air se disputent la croyance ».
Il nous suffira maintenant, au sujet de ces diverses luttes de la production, de mettre en relief les idées de Tarde sur la concurrence et sur le libre échange.
a) La concurrence. — La concurrence se rattache aux luttes de producteurs d’un même article dans des usines différentes d’une même nation. Tarde s’étonne tout d’abord des éloges épiques que lui ont décernés les économistes ; car en définitive les prix fixés par la concurrence sont toujours plus ou moins injustes. Et il n’a pas de peine à montrer les abus dont elle a été la grande cause pendant presque tout le xix® siècle et dont on trouve les échos dans tout manuel d’économie sociale. On lui a attribué des vertus magiques et notamment le développement de l’industrie. Mais en tout cela, le concours de la concurrence n’a consisté qu’à stimuler les deux facultés mentales, véritables sources de ces merveilles ; « l’imagination créatrice, source des inventions »