‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 149 sur 233 · Psychologie économique, p · texte numérisé non relu

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calement opposées : la protection et le libre échange . Il est tout d’abord naturel de voir l’intérêt commun des fabricants du pays pousser le législateur à les défendre contre l’invasion des produits exotiques, quant au moins l'intérêt des producteurs est d’accord avec celui des consommateurs, s’il s’agit par exemple d’une industrie de première nécessité, comme l’agriculture, ou d’une industrie florissante.

Toutefois à toutes les époques, même les plus primitives, « le libre échange a été spontanément pratiqué à l'égard de certains articles, en même temps que le protectionnisme coutumier au profil des industries anciennes du clan, de la tribu, du canton. Et le libre échange étant très contagieux, il s’est vite propagé ; le goût de l’exotique s’est universalisé ; il a donc fallu compter avec lui.

Sur l’excellence de ces deux solutions, Tarde reste assez sceptique, ou plutôt il nous dit : « par le libre échange, les nations se battent à visage découvert ; par le protectionnisme, elles se battent avec une armure. Voilà toute la différence, mais elles ne s’en portent pas moins, dans les deux cas, des coups terribles » Toutefois, « au point de vue supra-national, le libre échange est un idéal d’harmonie et de paix futures, de désarmement final, qui mériterait d’être poursuivi alors même qu’il y aurait lieu de le regarder, — et ce n’est pas le cas, — comme à jamais irréalisable ».

En définitive. Tarde laisse à l’art politique la tâche

ie décider laquelle de ces deux solutions est préférable pour telle nation et à telle époque données.

Autres luttes. — Les consommateurs luttent aussi en- ;re eux :

I» Quand il en est qui veulent se réserver la jouissance îxclusive de certains articles, soit par égoïsme, soit par /anité ;

2'’ Quand des nationaux veulent s’assurer la consomnation exclusive de certains articles et l’interdire aux étrangers ; c’est l’histoire des interdictions d’imporlaionet aussi la curieuse histoire de l’industrie millitaire ;

3» Quand il y a conflit d’intérêts entre consommateurs à propos des mêmes articles ou d’articles hétérogènes ; iinsi « il est fâcheux pour les consommateurs de maïs ie voir se développer la consommation du tabac, plante lont la culture se répand aux dépens de celle du maïs ».

Puis les producteurs et les consommateurs luttent les ms contre les autres. Dans cette catégorie de luttes •entrent : l’action des trusts d’une part et celle des lois ie maximum et des tarifications légales d’autre part ou )ien le résultat des désaccords entre la quantité ou la lature des besoins. Arrivées à leur état aigu, ces diver- ;es luttes portent le nom de crises et ont attiré l’atteniondes économistes.

Luttes monétaires. — Il y a enfin des luttes de nature nonétaire ;

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