‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 151 sur 233 · I. Psychologie économique, p. 6o-65 ; ia5-i · texte numérisé non relu

I. Psychologie économique, p. 6o-65 ; ia5-i

a) Grèves. — Il faut distinguer dans les grèves deux sortes d’oppositions psychologiques d'où elles procèdent. Elles opposent d’abord les désirs des patrons qui veulent le maintien des salaires ou des heures de travail et les désirs des ouvriers qui veulent l’augmentation de ces salaires et la diminution de cette durée Puis elles mettent aux prises la volonté des ouvriers (|ui ne veulent pas qu’on travaille et celle des ouvriers qui veulent txavailler. A ces oppositions complexes répondent souvent des dénouements inattendus, le désacord des jugements n'étantjamais si profond que le proclame les professions de foi des grévistes les plus farouches.

Les grèves ont été pratiquées dans le plus haut passé, en Egypte, dans notre haut moyen âge, dans la grande industrie du xv' siècle où M. Germain Martin (i) a déjà remarqué la présence du boycottage. Mais elles n étaient alors que très exceptionnelles, tandis qu’à présent elles tendent à se répéter dans le temps et dans l’espace, au point même qu’on peut envisager la possibilité d’une grève générale. Nos grève.s modernes dillèrent encore « par la foi socialiste qui les anime et qui prend toutes les allures d une religion naissante, par l’intensité du prosélytisme qui s’y développe..., par 1 exaltation réciproque qui va jusqu’au délire et à l’hallucination collec-

I. Germain Martin. La grande industrie en France sous Louis X V.

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