‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 152 sur 233 · Lsychologie économique, iSg-iSo · texte numérisé non relu

Lsychologie économique, iSg-iSo

tive, jusqu’à l’héroïsme du dévouement ou au paroxysme du crime ».

Ce qu’il y a de reprochable dans la grève, c’est son désintéressement souvant criant vis à-vis du public. Et Tarde voit dans ce caractère un écueil de la grève génés . raie ; elle fera prendre conscienee au public de ses inté-

rêts et de ses droits et l’incitera à réglementer et à restreindre législativement le droit de grève. aUn que ses intérêts soient du moins sauvegardés. Bien plus, à « mesure que l’ouvrier sera plus généralement considéré comme remplissant une fonction sociale, ainsi qu’il y prétend, il devra s’attendre à être traité comme un fonctionnaire eV sou patron aussi bien ».

P) Crises. — Ce mot de crises est très compréhensif et s’étend aussi bien aux crises commerciales agricoles,

* monétaires, et en général à tous troubles, aigus et passa-

gers de la production et de la consommation. Et pourtant au fond de tous ces troubles, il n’y a qu un élément semblable, élément d aillrurs psychologique et tort important ; au fond de tous, nous trouvons toujours des attentes trompées, une déception, une angoisse eommune pessimiste et désespérée, et c’es par ce côté psychologique que toutes les crises se confondent, i Si certains individus, atteints parla crise, trompés

I dans leur attente se lamentent, d autres pourtant proû-

^ * tent du trouble et voient leurs attentes surpassées : ainsi

certains capitalistes vont profiter par exemple d’un coup de bourse désastreux pour la généralité. Aussi doit-on

envisager le phénomène en lui-mème et bien voir qu’en définitive il est accompagné toujours de plus de douleurs qu’il n’apporte de joies ; les crises « se soldent momentanément par un excédent de souffrance et de tristesse ». Aussi doivent-elles être redoutées, même si elles semblent devoir être finalement utiles et fécondes.

Tarde distingue deux sortes de crises et l’on voit encore ici avec quelle finesse d’analyse il étudie ces divers problèmes : « Les unes où l’obstacle opposé aux volontés, le démenti opposé aux jugements, cause de l’attente trompée, provient de volontés ou de jugements contradictoires ; les autres où il provient de la résistance des choses, de circonstances que nul n’a voulues expressément, quoiqu’elles puissent être la résultante de Faits volontaires. Dans le premier cas, les crises sont ’effet de vraies guerres, de luttes intenses, de concur- •ences exaspérées ; dans 1e second cas, ce sont des chues générales dans une sorte de fossé où tout le monde dent tomber ». Cette distinction entre crises-guerres et srises-chutes s’applique à toutes les crises, religieuses, norales, politiques aussi bien qu’économiques (i).

Les crises- guerres sont assez souvent fortifiantes, iccompagnées d’un élan nouveau, d’une fièvre nouvelle jour aller de l’avant ; les crises-chutes au contraire l’aboutissent aussitôt qu’à une déperdition de forces ; üUes sont un mal profond, incontestable. Ces deux crii.es n’ont d’ailleurs pas la même cause profonde. Les

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