‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 171 sur 233 · CHAPITRE II LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE II LA PROPRIÉTÉ

Mais il est une institution élémentaire, universelle et fondamentale, condition première et indispensable de l’échange, delà division du travail et de l’association, c’est la propriété.

Cette notion de la propriété, Tarde l’envisage sous deux aspects ; comme moyen d'adaptation négative de l’homme à l’homme, dont, grâce à elle, les volontés et les jugements cessent de s’opposer, et comme moyen à' adaptation positive de l’homme et delà terre. Dans le premier cas, il importe surtout d’établir une nette délimitation de la propriété, pour éviter les heurts entre propriétaires et cela se réalisera quand la force publique sera assise sur un système de droits mieux définis et plus unanimement admis. Dans le second cas, c’est la nature des choses appropriées qui importe surtout, et il est à souhaiter ici que les capitaux se trouvent aux mains des individus les plus aptes à les faire fructifier dans l’intérêt général.

Cette rencontre d’un individu avec l’instrument de

travail qui convient le mieux à ses aptitudes est due parfois à la conquête et à la spoliation du vaincu, parfois au jeu et à la spéculation, le plus souvent à la transmission héréditaire des biens ou à leur libre aliénation.

On a recours quelquefois encore à la voie de distribution administrative, de répartition par l’Etat ; ainsi se fait la nomination des fonctionnaires.

Mais la transmission des propriétés par la voie privée est-elle supérieure à leur translation par la voie publique et officielle au point de vue de l’adaptation économique, de l’harmonie sociale ? Est-elle plus propre à diminuer les conflits individuels qui résultent de ces mutations de biens et à augmenter la production des richesses ?

Au premier abord, la fréquence et l’âpreté des procès que ces mutations déchaînent dans nombre de familles “ §

pourrait faire désirer la suppression de ces dispositions testamentaires. Mais ces troubles, si graves soient-ils, ne sortent pas d’ordinaire des limites de la famille, tandis que la nomination des fonctionnaires peut entraîner des mécontentements généraux, des conflits perturbateurs de la paix publique et parfois même causer des révolutions. Que serait-ce alors si les biens des morts étaient aussi l’objet de répartitions par l’Etat? Voilà pour l’adaptation négative, l’accord des hommes entre eux.

Quant à l’adaptation positive, la nomination par

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