I. Psychologie économique, t. II, p. agS-Soo
I £)tat des fermiers ou usufruitiers chargés d’exploiter les propriétés ne produirait pas les heureux effets de la transmission héréditaire. L’héritage des biens ruraux a formé une classe paysanne parfaitement adaptée à son genre de travail, ce qui prouve clairement les résultats heui’eux de 1 hérédité professionnelle, au moins en cei’tains travaux. Aussi sur ce point le vrai progrès consistera à faciliter cette adaptation par des lois intelligentes sur la transmission des biens. Ainsi par exemple, il serait à souhaiter qu’en Angleterre, on supprimât les lois de substitution et les majorais, abus (jui ont soulevé dans ce pays la question de la nationalisation du sol et attiré les diatribes passionnées de Henry George. De même en France, la préoccupation égalitaire a amené Légalité des partages avec ses inconvénients nombreux ;
on devrait au moins interdire le morcellement des exploitations.
La suppression de l’héritage causerait moins de maux dans la répartition des biens meubles. Mais en fait les parents trouveraient toujours le moyen d’éluder la loi, de faire passer la majeure partie de leurs capitaux à leurs enfants. Dès lors les biens meubh*,s seraient tout de suite privilégiés, les biens fonds ne pouvant se transmettre ainsi en secret. Déplus, le détenteur d’un capital qu il ne pourra transmettre à ses enfants, ne se gênera pas pour le gaspiller et les biens-fonds eux-mêmes se trouveront plus mal soignés,