‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 174 sur 233 · I. Psychologie économique, p.3o5-3io · texte numérisé non relu

I. Psychologie économique, p.3o5-3io

de famille, propriétaire d’un champ assez grand pour nourrir lui et les siens et lui permettre quelques économies ». C’est ce bonheur qui « colore l’àme et la vie du cultivateur » , que détruirait inévitablement la nationalisation du sol. Et pourtant « de tous les divins mensonges de la vie », si l’on veut traiter de mensonge cet amour de la propriété, « il n’en est pas, aprèsl’amour qui soit plus fécond... Un champ, une maison, cela est l’incarnation ou plutôt la pétrification apparente de la famille, cela donne à l’individu la perspective d’un horizon illimité dans le temps. Supprimez cette magie, le mur froid de la mort se montre à nu, à deux pas de nous a.

Certes, on a coutume de nos jours de clamer que la crise agricole sévit terriblement. Et Kautsky y a beaucoup insisté, voyant d’ailleurs là une cause de désertion des champs qui amènera les esprits au collectivisme. Stuart Mill et Sismondi avaient prôné la félicité du paysan propriétaire ; mais en fait depuis ces auteurs, les choses ont tourné. 11 y a une réelle crise due à la concurrence des blés et des produits agricoles étrangers. Mais Tarde ne voit là qu’un fait passager, contre lequel on peut, dans une certaine mesure, se protéger. Aussi on ne peut voir dans ce fait une donnée fondamentale du problème et reprocher à l’agriculture sa misère actuelle.

Les collectivistes lui reprochent encore d’accaparer indûment la rente du sol. Ce grief principal contre

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