‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 176 sur 233 · I. Psychologie économique, p. SiS-Sij · texte numérisé non relu

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ont perdu les trois quarts de leur valeur depuis la concurrence des blés américains ; les champs propres à cultiver la garance ne valent plus rien depuis la découverte des substances chimiques colorantes.

Il est une sorte de ces bénéfices qui a soulevé l’indignation de Marx et de Kautsky ; c’est le profit que réalisent les terrains à bâtir aux environs des villes, uniquement à cause de leur peuplement. Mais il peut se produire un effet contraire et dans telle ville déchue, on observera la diminution de valeur des champs voisins, notamment des terrains à bâtir. Aussi Tarde reconnaît qu'il faudrait to<it au plus répartir plus justement ces bénéfices en les soumettant à des tarifs compensateurs et indemniser le propriétaire malheureux atteint par « l'antirente ». Au fond le gain est légitime, parce qu’il y a toujours un risque couru ; c’est ce risque qui justifie le profit.

Et si d’ailleurs l’on supprimait la propriété individuelle. la plus-value des terrains ne disparaîtrait pas pour cela. 11 y aura toujours un avantage, un monopole qui, au lieu d’èlre individuel, sera collectif; il y aura des groupes privilégiés au lieu des individus privilégiés.

11 est une autre objection que M. Landry (i) a formulée contre la propriété individuelle : Il serait de son essence de mettre en conflit l’intérêt individuel du propriétaire avec l’intérêt général. Tarde soutient que eet

1. Landry. L’utilité sociale de la propriété industrielle. Alcan, 1901.

Dupont

antagonisme n’est pas de l’essence de la propriété indi-

viduelle et, si certains propriétaires lèsent réellement l’intérêt général, ce n’est pas là une loi absolue ; ce sont des égoïstes qui, même expropriés, resteront toujours égoïstes, car tel est le fond de leur caractère. Au reste ces conflits subsisteront même si l’on socialise la terre et les capitaux, u L’intérêt de l’individu sera opprimé par celui d’une majorité ou d’une minorité au pouvoir ; à moins que ce ne soit le contraire, toute une nation se courbant sous la loi d’un despote populaire ».

Tarde ne croit pas non plus que l’Etat collectiviste économiserait et capitaliserait bien plus que ne le font les individus, comme le pense M. Landry. Et il termine en déclarant que la propriété individuelle a fait ses preuves, ainsi que l’initiative individuelle. Elle a réussi à mettre en valeur tout un immense continent, tandis que la propriété collective a échoué piteusement sur le même continent. Enfin, elle fonctionne et existe depuis des siècles et toute notre société est fondée sur elle. Certes telle qu’elle est organisée, actuellement du moins, la propriété individuelle laisse beaucoup à désirer et l’on peut facilement imaginer quelque chose de mieux. « Mais ce serait une folie de faire table rase de cette institution pour la remplacer. » Il faut l’utiliser en la réformant. Et celui qui voudrait la supprimer, commettrait la même bizarrerie que cet individu qui, voyant que la pitlores-

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