I. Psychologie économique, t. II, p. 3i7-3a
que distribution des villes et des bourgs est défectueuse, proposerait d’y substituer autre chose.
Il est aux yeux de Tarde, plus intéressant de rechercher dans quel sens la transformation du droit de propriété est possible et désirable, pour que cette institution puisse réaliser pleinement ses deux adaptations essentielles.
Et tout d’abord, on doit remarquer que le respect mutuel des propriétés a été le fruit de longs siècles. Au début, on a rencontré une étape caractérisée par l’isolement des propriétés. Tacite a observé la présence de ces terrains neutres, indivis, incultes, sortes de marches entre les propriétés des familles germaniques (i). Puis peu à peu se répand le sentiment du droit d’autrui et en même temps se développe le respect des propriétés, ainsique leur tendance à se préciser, à se fortifier.
Ces transformations de la propriété sont aussi dans une dépendance étroite des progrès de la population, ceux-ci étant d’ailleurs subordonnés à la propagation des inventions industrielles et agricoles, spécialement de celles qui regardent l’alimentation. Or, à l’origine de chacune de ces transformations, nous trouvons toujours une idée heureuse qui s’est propagée en rayonnements imitatifs, comme de nos jours encore, les découvertes chimiques des Pasteur et des autres savants ont transformé d’abord les grandes propriétés, puis les petites villes, puis les campagnes,