‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 184 sur 233 · I. Psychologie économique, t. II, p · texte numérisé non relu

I. Psychologie économique, t. II, p

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temps modernes, dans nos expositions universelles elles-mêmes, ee mélange intime des affaires et des plaisirs, observé dans les trafics des sauvages. C’est que les foires sont « une des manifestations les plus vivantes et les plus populaires de l’adaptation économique... elles sont des villes féeriques et périodiques. » Elles sont nées, comme les villes en général, à l’occasion d'un rassemblement de nature religieuse ou estiiéti<{ue, encore plus que commerciale.

Quant à la forme de l’échange que l’on doit adopter entre nations. Tarde, nous l’avons déjà vu, jiréconise le libre échange. Mais cela ne veut pas dire qu’il faille du jour au lendemain supprimer toutes les barrières qui existent entre nations, notamment les entraves douanières. Le protectionnisme peut être en effet utile dans tel ou tel pays, à telle ou telle époque. Il a l’avantage de maintenir dans le pays une industrie de première nécessité que le libre échange ferait péricliter ou d’introduire dans ce môme pays des industries excellentes qui sans lui auraient été vite étouffées : les soieries à Lyon sous Colbert en sont un exemple.

Au reste, le libre échange qui importe aux yeux de Tarde, c’est le libre échange artistique, moral, scientifique, lequel peut très bien se constituer avec le protectionnisme industriel, commercial. Et telle nation moderne précisément, « hérissée de récifs douanieis », laisse très bien circuler chez elle tous les courants de la pensée, journaux, dépêches, trains de plaisir. Du reste, ce

libre échange social finira par entraîner tôt ou tard le libre échange économique.

Enfin l’échange qui, on le sait, suppose la propriété individuelle, n’est pas le seul mode de répartition de la richesse. L’hérédité est en effet un grand mode de transmission des biens. A ce mode s’ajoute pour les translations entre vifs la conquête ou le vol, la donation et enfin l’échange. L’échange n'est pas spécial aux richesses, il s’étend encore aux droits ; toute convention n’est d’ailleurs qu’un échange de droits.

Nous n’avons pas à revenir sur cette question de l’échange, que nous avons déjà envisagée incidemment, à propos de la division du travail. Nous ne pouvons qu’admettre à peu près sans réserve la plupart de ces vues brillantes et attrayantes qui naissent en foule de la plume de Tarde. Il en est de même du chapitre suivant consacré à définir l’association et à en montrer le rôle bienfaisant. Notons enfin que Tarde illustre ces di" vers aperçus psychologiques par une quantité d’exemples habilement choisis.

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