‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 188 sur 233 · I. Psychologie économique, i. Il, p. 3t · texte numérisé non relu

I. Psychologie économique, i. Il, p. 3t

international toujours grandissant et à la grande industrie qui progresse sans cesse. C’est cet idéal en effet I que cherchent à réaliser toutes les créations présentes

de syndicats et de sociétés de tout genre, tandis que les corporations anciennes « n’étaient adaptées qu’à un régime social immuable et hiérarchisé, divisé en classes multiples, en nombreux rangs superposés » ; elles n’étaient adaptées qu’à la vie municipale et à la petite industrie, et ne pouvaient par conséquent répondre aux ) exigences d'un marché toujours instable, surtout depuis

le XVI® siècle.

I Or, c’est à l’aide de ce critérium que Tarde examine

nos associations contemporaines, et il déclare que leur

succès ou leur échec tiennent à ce qu’elles ont réalisé î ou manqué cet idéal proposé à leur activité.

Il trouve ainsi que les sociétés pour la construction des maisons d’ouvriers à bon marché ont été enrayées dans leur marche, car l’ouvrier urbain a de moins en moins intérêt à posséder sa maison, à titre de propriétaire, bien que ce soit là une condition favorable pour la vie de famille; mais il lui est impossible de concilier ce désir avec 1 instabilité de sa vie et la nécessité de ^ changer souvent de travail et de résidence,

j Au contraire, les agences de publicité, d’information

> 3 et de réclame répondent beaucoup mieux aux exigences

du marché moderne qu’elles ont même pour but d’élar-

I Psychologie économique, t. II, p. 898-400.

gir sans cesse. Lancées par la presse, elles satisfont la curiosité générale et toujours élargie des producteurs et des consommateurs, avertissent les uns et les autres des transformations qui les menacent ou qu’ils doivent accomplir et rendent seules possible l’ajustement des produits auxbcsoins, malgré les distances entre producteurs et consommateurs.

Les bureaux de placement, dont le développement est également très rapide, sont une branche intéressante de ces sociétés de publicité. Leur évolution a d’ailleurs beaucoup varié avec les époques de l’histoire ; on peut noter cependant une tendance à la centralisation de ces moyens de renseignements. Le premier procédé, encore pratiqué dans nos campagnes, consistait dans l’embauchage direct, d'après des formes réglées, en général dans des endroits publics, sur la « place de grève », puis plus tard dans des endroits couverts. 11 existe encore de ces réunions d’ouvriers, assemblées ou loueries accompagnées souvent de réjouissances Puis sont venus ensuite les offices de renseignements, les bureaux de placements, etc. i).

Le succès de ces agences multiples de la publicité tient au fond à ce qu’elles « répondent au besoin de certitude, que le progrès de l’incertitude aiguise et déve-

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