‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 196 sur 233 · Psychologie économique, t. II, p · texte numérisé non relu

Psychologie économique, t. II, p

solution qu’il apporte à ce vaste problème et c’est en même temps la dernière idée, toute psycliologique elle aussi, de son beau livre, la Pyschologie économique.

111, — Appréciation et développements

Nous ne saurions trop louer Gabriel Tarde d’avoir indiqué aux générations présentes, ce que l’on pourrait appeler le critérium du bonheur, l’attachement à la famille et l’amour des travaux des champs. Et non seulement, Tarde a prouvé par ses déductions que là était vraiment le bonheur de la vie ; mais on sait que cet ancien magistrat, que ce professeur du Collège de France, que ce membre de l’Institut était un peu comme le poète Mistral, complètement attaché à sa vieille terre d’origine. La campagne avait toutes ses prédilections (i).

Lu vie des champs

Au reste dans son système, et c’est là peut-être une originalité qui vaut la peine d’être signalée, la vie des champs nous apparaît comme une source de paix, un moyen d’adaptation des hommes à la terre et des hommes entreeux, une harmonie sociale. Cephilosophe aimait passionnément la paix et l’état de lutte est pour lui un

I. Fernand Faure. Revue politique et parlementaire 10 octobre 1909.

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état nécessaire assurément, mais passager, une période dure et pénible. Aussi avait-il contre l’école classique une antipathie profonde, parce qu’elle prétendait ériger en loi universelle et même divine, la concurrence, c’est-à-dire la lutte de tous les instants entre producteurs ; aussi la ville avec ses oppositions continuelles, avec ses luttes toujours renaissantes, avec cette lutte pour la vie qui y est terriblement accentuée, lui paraît-elle un lieu bien moins apte que la campagne à faire éclore l’ère de paix et d’harmonie, un séjour moins paisible et où l’on est en définitive moins heureux.

Il y avait cependant quelque mérite de la part de Tarde de célébrer à notre époque les plaisirs des champs. On sait en eflet que de toutes parts, la campagne est abandonnée par ses enfants. Voyez dans nos vastes plaines et nos riantes prairies ces vieux pans de muraille qui sont à la merci des intempéries des saisons ; là même ce sont des villages entiers qui sont abandonnés. On pourrait puiser à ce sujet dans le livre de M. V andervelde une foule d’exemples minutieusement enregistrés par une statistique scrupuleuse et qui prouvent manifestement cet exode rural (i) qui sévit partout. Dans beaucoup d’endroits, les bras manquant à la culture, on a dù abandonner l’agriculture proprement dite pour se livrer à l’élevage, qui réclame moins de personnel : c’est le cas de la Normandie notamment, province dans laquelle règne un courant intense de dépopulation.

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