I. Revue philosophique, août igof
j neuves venues du dehors ont trouvé chez lui beau-
V» coup de sympathie : « L’imitation, dit-il, s’est affran-
chie de l’hérédité par la même raison que l’esprit s’est dégagé de la matière. » La coutume a régné de " longs siècles, la mode semble la détrôner et Tarde y
voit un progrès.
Il n’est pas toutefois partisan du renversement subit et brutal de la coutume et il remarque en définitive que l’homme n’échappe toujours qu’incomplètement aujoug de la coutume et ce n’est que pour y retomber bientôt. En effet « chacune des trois grandes formes de la répétition universelle, écrit-il, l’ondulation, la génération, et , l’imitation, se présente d’abord comme liée et assujettie
;• à la forme antécédente d’où elle procède, mais tend
V bientôt à s’en affranchir, puis à se la subordonner » (i).
^ En langage plus vulgaire, cela veut dire que l’imitation,
dépendant d’abord de la génération, s’en est peu à peu dégagée et c’est ce que Tarde appelle passer de l’imitation-mode à l’imitation-coutume. Ce stade franchi, l imitation dégagée se consolide à son tour et conditionne même la génération pour arriver encore à un nouveau stade que Tarde appelle l’imitation-coutume élargie, qui va de nouveau se trouver à son tour aux prises avec de nouveaux éléments. Aussi Tarde a t-il • écrit : « La vraie raison de respecter les attentes, de
ménager les droits acquis, même en poursuivant Texé-