‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 3 sur 233 · P. Méline, op. cit., p. a · texte numérisé non relu

P. Méline, op. cit., p. a

3. G. Tarde. Lois sociales, p. 5o : critique de Forganicisme.

le premier se rattachant plutôt à l’économie politique, les deux autres sociologues à la philosophie. Leur but commun a été de faire de la sociologie untî science véritable avec son objet propre et ses lois spéciales. Et tout en travaillant chacun de son côté, suivant des méthodes fort différeules, ils ont apporté à la nouvelle science un contingent considérable et l’ont fait entrer dans sa phase véritablement positive.

On connaît bien la méthode tout objective de Fr. Leplay, dite méthode des monographies de famille (i).

. « La société, disait-il, ne commence qu’avec le groupe, n

' 0^) groupe le plus simple et « au profit duquel fonc-

tionne tout l’organisme social », c’est la famille. Il voulait donc que l’on commençât par faire des mono- ; graphies de familles, aussi nombreuses et exactes que

possible. On pourrait ensuite avec s<îs données pure- ' ment de fait, d’expérience, faire une classification scien-

tifique des types sociaux et partant constituer véritablement la sociologie.

M. Durkheim (a) est plutôt connu dans le monde des ; philosophes et sa méthode est de même essentiellement

i objective. Considérant la formation de toutes les scien-

ces antérieures, il fait cette remarque judicieuse qu’une science est le fruit de la collaboration d’une foule de

' I. Cf. La réforme sociale de Leplay. — Leplay. Les on-

çriers européens,

2. Cf. Durkheim. « Les règles de la méthode sociologique ». Année sociologique^ 1896 à 190J.

savants spécialisés, une œuvre éminemment collective et non une théorie plus ou moins brillante d’auteur, un i système de philosophe.

Il remarque encore que chaque science a son objet

spécifique et que la sociologie peut tout aussi bien avoir le sien propre. Elle doit en effet considérer les faits ^ sociaux, c’est-à-dire les faits communs à tout un groupe

humain. Les faits sociaux sont, pour M. Durkheim, « des manières d’agir, de penser, ou de sentir qui existent en dehors des consciences individuelles » et qui « sont douées d’un pouvoir de coercition en vertu duquel elles s’imposent à l’individu ».

Gabriel Tarde enfin, s’il n’a pas eu la gloire de fonder une école et d’ayoir des disciples, a cependant le mérite d’avoir réagi avec vigueur contre les excès des sociologues naturalistes et spécialement de l’école italienne, en instituant une méthode psychologique fort originale et d’avoir réintroduit quelque peu dans ces études, où 1 on s égarait parfois, le point de vue humain souvent trop délaissé.

G est précisément ce philosophe que nous voudrions étudier, en voyant spécialement quelle conception il se faisait de l’économie politique.

Il était nécessaire pour c«la de le bien placer dans son milieu, comme il est indispensable maintenant d’esquisser brièvement les grandes lignes de son système philosophique, sur lequel il a d’ailleurs appuyé toutes ses déductions.

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Exposé g-énéral du système philosophique

de Tarde

Dans un article publié dans la. Berne philosophique (i) sur « La Philosophie sociale de G. Tarde », M. Worms remarque justement que son œuvre philosophique et son œuvre sociologique sont une seiüe et même chose. En effet, d’une part, il a vu le monde entier « sous un angle sociologique : la nature et la vie sont pour lui des ébauches de la société. Et d'autre part, la vie sociale n’a été pour lui qu’une occasion de philosopher ». Philosophie et sociologie se confondent dans l’œuvre de Tarde et cette œuvre scientifique peut être appelée une philosophie sociale.

Or, en bon philosophe, notre sociologue s’est évertué à trouver aussi dans ce domaine une sorte de loi fondamentale, de principe qui pût en définitive expliquer tous les phénomènes sociaux, qui fut pour la sociologie ce qu’est par exemple la fameuse loi de Newton pour

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