Worms, Reçue philosophique, août igoS
pétuels des tempêtes de l’iiistoire, les chutes d’eau qui font tourner les mouHns des politiques » (i).
Des luttes et des accords d’idées (croyances ou désirs) résultent les décisions, les résolutions individuelles ou collectives. Or, les inventions elles-mêmes ne sont pas autre chose que de telles décisions. Qu’est-ce qu’inventer, sinon prendre parti sur un point délicat, épineux, sinon se déterminer à penser ou à faire autrement que la généralité des devanciers ou des contemporains. En somme, l’invention n’est pas essentiellement dilfé rente de la pensée ordinaire ;car «il n’est pas d’idée tant soit peu personnelle qui ne soit une invention à quelque degré » (ti).
Le génie. — Toutefois G. Tarde n’en diminue pas pour cela le mérite des inventeurs et a même beaucoup d’estime pour leur rôle. Les grands inventeurs, en fait d’art ou de science surtout, lui paraissent les vrais meneurs de l'humanité : le génie selon lui possède une réelle indépendance. Assurément l’ambiance le prépare, la race, le milieu, le moment lui fournissent les éléments dont il formera ses synthèses et sans lesquels il ne pourrait rien absolument. Tarde admet aussi bien ces causes extérieures du génie. Mais il ne le réduit pas à ces éléments d’ordre vital et déclare que ces éléments étant donnés, le génie pourrait bien ne pas naître. Nous