I. Bouglé. Revue de Paris, mai igoS
a. Worms. Revue philosophique, 1905.
^ sommes donc loin de l’hypothèse qui voit dans le génie
tout simplement une névrose.
Le génie au contraire lui semble avoir une action considérable quand il se présente ; il lui apparaît comme I la plus haute fleur de la vie et la plus haute source de
la société » (i). C’est encore le « suprême accident » vi- ; tal, le résultat heureux d'une foule d’influences sociales
! auxquelles il doit une grande part dans sa formation.
Et ici Tarde vise aussi bien « les inventeurs artistes, industriels, hommes d’Etat, qui ont manié, utilisé, canai Usé, en même temps qu’ils l’ont suivi le grand courant
i du désir » que les inventeurs ou plutôt « les découvreurs
savants, théologiens, philosophes, qui ont exercé une î action pareille sur un autre grand courant en partie in-
dépendant du premier, celui de la croyance » (2). î - L'accident, le hasard. — Le génie, avons-nous dit
I avec Tarde, c’est le « suprême accident ». C’est qu’en
I effet notre auteur croit fermement à la contingence de
I tous les événements humains, et il pense qu'à chaque
I instant le cours des choses aurait pu être change par
I des déterminations prises par les inventeurs en d’autres
I sens qu’elles ne l’ont été.
® Tarde en effet, se rapprochant sur ce point comme
I sur beaucoup d’autres de son maître Cournot, attribue
! un rôle considérable à l’accidentel, fruit du hasard, dans