‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 52 sur 233 · I. Tarde. L'opinion et la foule, p. i33-i · texte numérisé non relu

I. Tarde. L'opinion et la foule, p. i33-i

i V UT

Tarde a consacré tout un ouvrage à l’étude de ces diverses manifestations de la vie sociale ; l’opinion et la foule. Mais nous n’avons à insister ici que sur les facteurs de l’opinion, sans résumer son étude sur les foules.

Le public et les foules. — Tarde distingue en effet la foule, groupement dans lequel la contagion psychique dépend des contacts physiques, des rapprochements des corps, et le public, groupement moins matériel et plus élevé, chez qui le rapprochement physique est de moins en moins nécessaire. « Le public, dit Tarde, c est une collectivité purement spirituelle, une dissémination d’individus physiquement séparés et dont la cohésion est toute mentale. » Aussi peut-on appartenir simultanément à plusieurs d’entre eux, tandis qu’on ne peut appartenir à la fois à plusieurs foules, groupements spatiaux et temporels. C’est encore pour ce motif que les publics sont moins intolérants que les foules et moins

dangereux qu’elles à rencontrer.

Les publics se forment « quand se dessinent dans nos sociétés civilisées des courants d’opinion », et le lien social qui unit leurs membres, « c’est avec la simultanéité de leur conviction et de leur passion, la conscience possédée par chacun d’eux que cette idée ou cette volonté est partagée au même moment par un grand nombre d’hommes » (i).

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