‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 53 sur 233 · I. Tai'de. L' opinion et la foule, p. a · texte numérisé non relu

I. Tai'de. L' opinion et la foule, p. a

Tandis que la foule, groupement naturel, reste soumise aux forces de la nature et spécialement aux contrariétés et à l’injure des mauvaises saisons, les publics n’y sont pas exposés; « non seulement la naissance et la croissance, mais les surexcitations même du public, maladies sociales apparues en ce siècle, et d’une gravité toujours grandissante, échappent à l’influence des phénomènes naturels »(i). Les publics sont avant tout intellectuels, supérieurs aux conditions spatiales, et indéfiniment extensibles.

L’empreinte de la race est beaucoup moins prononcée sur le public que sur la foule ; car dans la composition de celle-ci,# les individus n’entrent que parleurs similitudes ethniques, qui s’additionnent et font masse, non parleurs différences propres qui se neutralisent, et que, dans le roulement d’une foule, les angles de l’individualité s’émoussent mutuellement au profit du type national qui se dégage ». Au contraire « l’influence que le publiciste exeree sur son public, si elle est beaucoup moins intense à un instant donné, est, par sa continuité, beaucoup plus puissante que l’impulsion brève et passagère imprimée à la foule par son conducteur ». Enfin le public est le résultat d’une adaptation plus ou moins laborieuse et non pas comme la foule un groupement homogène, ce qui la rend incohérente.

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