Tarde. L'opinion et la foule, p
politiques, même des plus populaires, le règne prolongé, indestructible du journaliste de haute marque, qui rappelle la longévité d’un Louis XIV ou le succès indéfini des comédiens ou des tragédiens illustres. Il n’est pas de vieillesse pour ces autocrates. Voilà pourquoi il est si malaisé de faire une bonne loi pour la presse »(i), et plus loin ; « Les grandes conversions d’à présent, ce sont les journalistes qui les opèrent» (2). On comprend maintenant à quels changements et à quelles vicissitudes est soumis le pouvoir, cette notion fondamentale de la politique.
Opinion intime de Tarde. — Quelle était maintenant l’opinion intime de Tarde sur le côté pratique de la science politique ?
Nous avons vu qu’il admettait le bien-fondé des aristocraties ; il jugeait encore que les gouvernements démocratiques sont plus oppressifs, moins libéraux que les régimes aristocratiques et il redoutait plus peut-être la tyrannie de la foule que celle d’un monarque ; c’est au nom de cette crainte qu’il critiquait le socialisme collectiviste ou communiste (3). Ce nouveau régime avait le tort, à son avis, de se tenir sur le terrain économique, terrain plutôt de lutte que d'entente, de glorifier la lutte des classes et la révolution, dont le rôle est démoraJisant,