I. Psychologie économique, p. iio-iia
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Homo œconomicus. — Ça été précisément l’erreur colossale des économistes classiques et qui a nui beaucoup au prestige. Ne pouvant en effet se défendre d’entrer quelque peu dans le domaine psychologique, ils n’ont voulu faire que de la psychologie individuelle. Ils ont alors imaginé ce fameux type abstrait, être spirituel,
« supposé étranger à tout autre sentiment que le mobile de l’intérêt personnel n,Vhomo œconomicus. Ils oubliaient ainsi que la conscience du moi ne se précise, ne se réalise vraiment que par celle d’autrui. Aussi ont-ils commis une double erreur ; car ils ont conçu d’abord un homme qui n’avait rien d’humain dans le cœur et ne réalisait donc pas la formule du poète :
Homo sum et nil humani a me alienum puto,
car ils se sont représenté cet être comme isolé de tout groupe, de toute association, quelle quelle soit.
Or, la nature de l’homme, son histoire à travers les âges, tout enfin prouve que cette hypothèse gratuite
d’un Rousseau, ou d’un Hobbes (i) est fausse de tout point : car l’homme n’est pas homini lupus et à toute époque de l’histoire, on l’a vu escorté d associés, d’amis ou uni par quelque relation sentimentale (2).
Bien mieux, on a pu voir jusqu’en 1848, l’homme qui se croyait libre, parce qu’il avait brisé et ruiné pour toujours ces vieux cadres rigides des corporations et