Psychologie économique, p
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associations de toutes sortes, trouver que ce régime lui était funeste parce qu’il était indignement exploité. Et alors ont surgi les syndicats professionnels « et, avec eux^ des vanités corporatives d’une taille gigantesque, des passions d’une intensité inouïe, des ambitions de conquêtes prodigieuses, une sorte de religion nouvelle, le socialisme, et une ferveur prosély tique inconnue depuis la primitive Eglise ».
Aussi ce ne sont pas les déductions froides et mathématiques à la Ricardo qui peuvent expliquer ce monde passionné, tumultueux de l’effort économique, ni rendre compte du côté sentimental pourtant indéniable de l'activité économique. Et c’est si vrai qu^en Amérique, la terre classique de la richesse et du bien-être, pays par conséquent le plus utilitaire du monde, on a pu voir se constituer de nombreuses « grèves sympathiques », dans lesquelles les ouvriers qui n’y ont aucun intérêt se solidarisent pourtant avec les camarades intéressés, par principe et par sympathie.
Rôle fécond de la psychologie. — Le rôle fécond de la psychologie économique est donc de rétablir le point de vue humain à sa vraie place et d’étudier l’homme producteur et consommateur, aussi bien que les richesses. L’école classique est caractérisée par une sécheresse de cœur exagérée, due à 1 étroitesse de sa psychologie. Elle est d’ailleurs issue de cette « psychologie hédonistique qui réduit tous les mouvements de l’âme à des peines évitées ou à des plaisirs recherchés », qui ne
voit comme but de l’existence que la fuite de la douleur :
et la recherche du plaisir. Et c’est cette psychologie j
mutilée qui explique l’importance exagérée que les !
économistes attribuent au travail, au point d'en faire j
le seul facteur de la valeur, que ce soit le travail épar- |
gné au producteur, ou le travail épargné au consom- I
mateur. Ce reproche s’adresse tout naturellement à K. ^larx, continuateur sur ce point de Ricardo et de l’école classique (i). ;
Notre richesse et notre puissance ne sont pas le fruit exclusif de notre travail, mais encore de la collaboration de nos ancêtres et même, bien que cela paraisse paradoxal, de notre postérité dont la pensée stimule notre activité et double nos forces. Et ainsi bien des sentiments et bien des croyances, fort étrangers en apparence à la science économique, se trouvent au fond jouer le rôle principal dans l’activité économique.
Les loisirs. — La vie économique se compose encore ;
tout aussi bien de loisirs que de travaux. « Par leurs |
travaux, les hommes s’entre-servent ; par leurs loisirs, .
par leurs fêtes et leurs jeux, ils s’unissent en un accord |
Traiinent libre et vraiment social; ils s’entre-plaisent. I
Sur ce point, les religions qui ont édicté le loisir obli- j
gatoire, le repos dominical, ont montré plus de vraie f
intelligence de la vie sociale que les maîtres de l’économie politique. Le repos dominical est la forme la plus