I. Psychologie économique, p. i24-i3i
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1 erreur des économistes a été de croire que le seul mojen de constituer leurs spéculations en corps de science « était de s attacher au côté matériel et extérieur des choses, séparé autant que possible de leur côté intime et spirituel », d etre autant que possible « objectif et abstrait », de considérer les produits plutôt que les producteurs et les consommateurs, et quand ces derniers entraient forcément en ligne de compte, de considérer une dépense de force motrice, et non les sensations, émotions, les idées, les volontés, facteurs psychologiques souvent prépondérants. Car en détinitive, la valeur, dont la monnaie n’est que le signe, n’est tout simplement «qu'une combinaison des choses toutes subjectives, de croyances et de désirs, d idées et de volontés » et ce sont des causes psychologiques, « accès d’espérance ou de découragement du public, propagation d’une bonne ou d une mauvaise nouvelle à sensation dans l’esprit des spéculateurs » qui peuvent expliquer la hausse ou la baisse des valeurs de Bourse.
Et si parfois les économistes ont été forcés de se rappeler les notions élémentaires de la psychologie,
« iis ont conçu un cœur humain tellement simplifié, une àme humaine si mutilée que ce minimum de psychologie inaispensable avait l'air d’un simple postulat destiné à soutenir le déroulement géométrique de leurs déductions », au lieu qu’il faut « demander à l’esprit humain l’explication du matériel social n .
Réaction contre l'école classique. — Cette étroitesse
du point de vue économique pur, cette insuffisance manifeste des principes de l’école classique devaient forcément amener des réactions formidables. On peut les réunir sous deux chefs différents : l’école historique d’une part et les écoles socialistes de l’autre. L’école historique a eu l’air de nier la possibilité pour l’économie politique de se constituer, car ses lois n’auraient jamais qu’un caractère essentiellement relatif et passager ; elle eut dû se borner à dire que « les lois économiques véritables doivent s’appliquer différemment aux diverses phases de la vie pastorale, agricole, industrielle d’une société ». Les socialistes n’ont pas contesté le caractère général et permanent des lois économiques ; ils ont même serré de plus près que les économistes les réalités psychologiques ; mais ils ont fait de la psychologie sans le vouloir, en philanthropes plus qu’en psychologues et c’est plutôt « sur le domaine de l'art que sur celui de la science qu’ils combattent les économistes ». C’est sur le terrain seul de la science qu’il faut se placer (1).
2o Considérations sur les maîtres de V économie politique. — Après avoir exposé les tendances générales de l'économie politique, G. Tarde se demande comment les économistes ont-ils pu méconnaître si manifestement le point de vue psychologique et ce sera précisément pour notre auteur l’occasion de faire quelques considérations sur les maîtres de l’économie politique.