‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 90 sur 233 · I . Psychologie économique, t. I, p. i5i-i53 ; i · texte numérisé non relu

I . Psychologie économique, t. I, p. i5i-i53 ; i

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périodiques : ce sont ceux qui tirent leur origine de la vie organique, comme par exemple le désir de boire et de mander , — et des désirs ((capricieux», qui eux sc suivent sans se répéter régulièrement et qui sont d’origine sociale, commençant souvent « par être des fantaisies avant de se consolider en habitudes » ; ainsi le désir des voyages, de la parure. Ces dexix sortes de désirs se trouvent au fond de toute vie individuelle.

Les désirs diffèrent encore au point de vue de leur degré d’intensité. Il est cependant un certain degré nécessaire, pour que les désirs puissent être utilisables les uns pour les autres. Ainsi un désir si faible qu il est à peine ressenti n’excite pas au travail. Il ne faut pas non plus un petit nombre de désirs extrêmement forts ; mais plutôt un nombre respectable de désirs modérés pour qu’un individu ou un peuple soit laborieux. Par ailleurs, le progrès consiste dans la diversité des désirs et non dans leur similitude complète ; dans ce dernier cas, il n’y aurait pas d’échange possible, tout le monde désirant la même chose. Mais cette diversité ne doit pas être radicale, autrement personne ne se comprendrait ; c’est donc « la similitude dans la différence » qui importe « ou en d’autres termes, différents ordres de désirs généraux». Et ces désirs sont devenus généraux, précisément « parce qu’ils se sont propagés, de proche en proche à partir d’un foyer . »

Chacun de nous tourne, à tout moment, dans un cercle plus ou moins ample de désirs périodiques et est à

tout instant « lancé sur la voie de quelque fantaisie, de quelque passion entraînante » qui tend sans cesse et parvient souvent « à entrer dans la ronde des désirs enchaînés, à s’y fixer en habitude». Et chaque peuple n’est que « l’entrelacement » de ces habitudes et de ces fantaisies, de ces cercles fermés et ouverts dont la réunion prend le nom de coutumes ou de modes.

Rotation des désirs. — C’est qu’en effet, chez tout individu, comme dans toute société, il y a une rotation des désirs, une courbe fermée des désirs, comme il y a une parabole, une courbe ouverte d’autres désirs, formée par des séries indéfinies. La proportion en varie d’un individu, d’un peuple, d'un âge à un autre et l’élargissement ou le renversement de ces deux courbes entraîne des transformations complètes chez l’individu ou dans les sociétés qui en sont l’objet. Si par exemple une courbe fermée vient à s’ouvrir, ou pour parler d’une manière moins abstraite, si une habitude ancienne vient à se briser, il en résultera un contre-coup douloureux.

Toute courbe ouverte tend d’elle même à se fermer, autrement dit toute mode tend à devenir une coutume nouvelle, toute fantaisie une habitude, « toute crise de passion révolutionnaire ou rénovatrice à s’apaiser en habitudes nouvelles, en nouveaux besoins périodiques». Inversement la civilisation tend à ouvrir cette courbe, à multiplier et varier les désirs. Mais il faut pour cela

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