I . Psychologie économique, p. iSS-iôg
un choc venu du dehors, une impulsion étrangère, « l’inoculation du virus européen au Japon, par exemple, ou à certaines peuplades polynésiennes » ; car une courbe fermée ne tend pas d’elle-même à s’ouvrir.
Il faut un choc extérieur pour rompre un cercle habituel ou coutumier, un apport étranger, une mode exotique pour briser une habitude ancrée. C'est assez dire l’importance considérable des rapports internationaux relativement au progrès de la paix et de l’harmonie sociales, d’autant que l’élargissement du cercle des besoins est la condition de ce progrès. Ce désir étranger, ce besoin nouveau brise bien la vieille habitude et dérange un peu l’ordre établi, mais il entre bientôt et prend place dans « la ronde de nos désirs alternatifs et périodiques », et dès lors apparaissent ses effets bienfaisants. Toutefois cet apport hétérogène peut présenter de graves dangers et des troubles parfois irrémédiables dans une nation inférieure qui prête moins qu’elle n’emprunte et subit à peu près exclusivement, sans réciprocité, la « suggestion » de l’autre ; e’est ce qui a lieu, quand une foule de besoins exotiques pénètrent en bloc et font une trouée profonde au cerele coutumier.
Ainsi donc de nouvelles fantaisies et de nouvelles modes viennent à chaque instant tendre le cercle d’habitudes ou de coutumes déjà tracé, le déformer et l’élargir sans cesse ; et cette fièvre, cette inquiétude