SCÈNE IL
ADRIENNE, STÉPHANE, lla rior^ent d« foai.
ADRIENNE
Ainsi votre ferveur au grand air se dissipe, Et vous restez garçon maintenant par principe?
STEPHANE.
Oui. Tout décidément vive le célibat!
C'est un goût dépravé quj ma raison combat , Mais en vain. Contre lui pourquoi m'obstinerais-je? Tenez, vous avez vu sur l'eau flotter du liège : On peut bien quelquefois Tenfoncer jusqu'au fond , Mais il remonte à flot après chaque plongeon. 'Cette explication, madame, suffit-elle?
ADRIENNE
Non. Je vous en propose une plus naturelle :
C'est que vous conservez quelque espoir d'être aimé.
STÉPHANE
Ah ! de ce côté-là mon cœur est bien fermé, Je vous jure. Je suis guéri de cette femme, Et son indifférence est un puissant dictame.
ADRIENNE
Vous aviez cru lui plaire : elle vous l'avait dit. Il est vrai maintenant que son cœui e'en dédit ; Mais la fatuité de l'homme est si têtue Qu'il lui faut vingt échecs pour se croire battue.
STÉPHANE
Pour moi , je crois si bien mon désastre accompli , Madame, que j'en suis tout vengé par l'oubli.
T4 6ABRIELLB
ADRIENNE
Si vraiment vous avez cette philosophie, Je vous fais compliment; car je vous certifle Que Gabrielle^..
STÉPHANE
Quoi! vous saviez?
ADRIENNE
Je savais, Et j'avoûrai, de plus, que je vous desservais. Donc, je vous certifie, et vous pouvez m'en croire, Qu'il ne reste plus rien de vous qu'en sa mémoire.
STÉPHANE
Vraiment ! Se souvient-elle encore de mon nom?
Dans quinze jours d'ici je jurerais que non.
Beau texte pour parler avec quelque amertume
De ce sexe volage au vent comme la plume 1
Mais, bah 1 j'en fais mon deuil sans phrase et sans effort.
ADRIENNE
Votre deuil est trop gai : le défunt n'est pas mort. Tenez, ne perdons pas de temps en bagatelle : Vous avez parlé bas tantôt à Gabrielle En la quittant.
STÉPHANB.
Moi?
ADRIENNE
Vous. Qu'a-t-elle réDonduf J'ai tâché d'écouter et n'ai pas entendu , Mais c'est évidemment la réponse accordée Qui vous a fait changer si promptement d'idée.