‹ Gabrielle D'Estrées, Marquise de Monceaux, Duchesse de BeaufortChapitre 22 sur 60 · DON DE SEL · texte numérisé non relu

DON DE SEL

Item un autre brevet signé Henry et plus bas Potier du xi® janvier 1598 par lequel Sa Majesté a accordé à madicto dcffuncte dame Duchesse le sel qui se trouvera dans les selliers et magazins de la ville de Berre en Provence par la reddition faicte d'icelle par M. le duc de Savoye, suivant le traité de paix, à quelque valleur et estimacion que ledit sel se puisse monter; à la reserve toutes fois de la somme de ii"" livres que Sa Majesté

30 avril 1598. Le roi fait don à la duchesse de toutes les finances (lui proviendront des oflices nouvellement créés en la prévôté de Nantes et bureaux en dépendant. Le lecteur se souvient qu'au moment de la signature de ce brevet Henri IV était en Bretagne avec Gabrielle d'Estrées et que le duc de Mcrcœur venait de faire sa soumission depuis (iuel<]ues jours seulement.

L'exécution de ce premier brevet dut rencontrer queUjues difficultés. Le brevet 75 en fait foi. Il est à la date du dernier mai de la même année, c'est-à-dire qu'il est postérieur d'un mois au brevet 101.

Sans comprendre bien exactement l'énigmatique analyse du brevet 75, elle deviendra moins obscure en nous rendant compte de ce qu'étaient la prévôté de Nantes et les bureaux en dépendant.

Au temps de Henri IV les douze provinces dites les cinq grosses fermes n'étaient pas encore affranchies de leurs douanes intérieures. Ces provinces étaient : Isle-dc- Francc, Normandie, Champagne, Bourgogne, Bresse et Bugey, Bourbonnais, Pdilou, Aulnis, Anjou, Maine et Touraine.

Ces douanes avaient des noms et des tarifs différents. De ce nombre étaient la prévôté de Nantes, la traite foraine d'Anjou, le trépas de Loire.

La partie la plus importante des perceptions qui se faisaient à Nantes par l'intermédiaire de la prévôté avait le sel pour objet. C'était par la Loire que pénétraient dans l'intérieur du royaume les plus grandes quantités de sel; c'était d'ailleurs la seule voie qui lui fût ouverte. C'était à l'entrée de la Loire qu'étaient construits les magasins où tous les sels devaient être entreposés, mesurés et contrôlés avant d'être transportés dans les innombrables greniers à sel de cette partie de l'intérieur de la Frauce. Ce fut une ordonnance de François I-', signée à Rambouille» en mai 15 iG, qui réglementa le mcsurage du sel à Nantes et à Ingrandc. 11 prescrivait un mcsuragc * il lu fosse de Nantes, au lieu où les barcjues ou navires ont accouslumé à arriver.... >»

Les receveurs et contrôleurs établis par l'autorité royale étaient tenus chaque jour de l'année de se rendre avant huit heures du matin au tablier de la prévôté de Nantes pour, avec le receveur de la prévôté dudit Nantes, bailler des brevets aux marchands conduisant le sel dans les gronicrs du roi. Ces brevets devaient être désignés par le receveur de la prévôté. Aux contrôleurs et receveurs royaux étaient adjoints trois clercs en litre d'ofllce, qui, avec les clercs de la prévôté, devaient assister au mcsurage et en dresser un rap|)orl par écrit. Les mesureurs étaient au nombre de quatre, deux nommés par le roi en litre d'office, deux dépendant de la prévoie. H y avait uussi seize palluycrs, huit nommés par le roi, liuR dépendant de la prévôté.

a accordée au sieur do Rignac (1), mestre de camp d'ung de ses régiments de gens de pied, à prendre sur les deniers qui proviendront de la vente dudit sel. Inventorié. Soixante-seize (2).

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