SUPPLÉMENTS- DE DROITS PAYES PAR LES ANCIENS OFFICIERS
Item ung brevet signé Henry et plus bas Potier, datte du xxiiii janvier iiiF^ XVI par lequel Sa Majesté accorde et faict don à madicte dame la Duchesse et à M. de Sancy, la moictié des deniers qui proviendront des supplemens que Sa Majesté a ordonné estre faict par les officiers pourvues par M. le duc de Mayenne durant les présens troubles, aulx villes qui tenoyent son party, et l'autre moictié au sieur duc de Mayenne à quelque somme qu'ilz se puissent monter. Inventorié. Quatre-vingt-six (1).
deniers. 4° Enfin M. de Sobolle restituera les assignations du roi pour un chiffre équivalent aux sommes qu'il touchera.
Quand on connaît M. de Sobolle, on est absolument tranquiUisé sur le sort des 50,000 livres de Gabriellc; elles durent promptement être recouvrées en même temps que la part du gouverneur de Metz, dont Tactivité, l'énergie et l'avidité durent faire marcher rapidement les intérêts communs.
En 1600, après la mort de Gabriellc, M. de Sobolle épousa Isabeau de Coucy, dame de Vcrvins, qui, avec sa sœur, héritèrent de celte riche et noble famille des Coucy, dont leur père, Jacques de Coucy, fut le dernier représentant mâle. Les Messins, désireux de plaire à leur gouverneur, allèrent au devant de la nouvelle mariée, lui donnèrent le spectacle d'une petite guerre et lui firent une entrée quasi-royale dans sa ville de Metz.
Rien ne calmait la rapacité de M. de Sobolle, enivré de la longue prospérité de son gouvernement et de la faveur royale; il se croyait le maître tout-puissant à Metz. Quelques magistrats, échevins et bourgeois importants, appuyés du clergé de la ville, lui résistaient encore quelquefois. Pour se débarrasser de leur opposition, il imagina un complot, fit arrêter et transporter à Paris ses principaux adversaires. Les témoins qu'il produisit furent convaincus de mensonge et pendus, et un arrêt du Parlement du 20 septembre 1601 proclama hautement l'innocence des accusés. Les Messins reprirent courage, le clergé dénonça de nouveau les exactions des deux frères Sobolle. Henri IV envoya alors le duc d'Epernon pour mettre son sous-gouverneur à la raison ; mais Sobolle méconnut son autorité et il se réfugia avec son frère dans la citadelle, d'où il brava les ordres d'Epernon. Le roi fut obligé d'aller en personne à Metz. Il y fit son entrée le 14 mars 1603. Le lendemain, Henri IV écrivait à Sully :
« Mon cousin, ma présence était ici très nécessaire, vous ne sauriez croire comme » le sr de Sobolle est généralement hay en ceste ville tant des habitants que des » étrangers. Il a creu le conseil de ses amis et des sages qui ont parlé, de sorte » qu'il est résolu de me remettre demain la ciladefie entre les mains sans capilula- » lion avec moi.... »
Le comte de Sobolle mourut peu après, laissant un fils de l'héritière de Coucy qui eut pour postérité les seigneurs de Sobolle, marquis de Vervins. Son frère, le boiteux, la terreur de la Ligue en Lorraine, mourut sans alliance en 1625.
(1) Aux sommes immenses que Henri IV donna aux Lorrains pour les acheter, il
LES ARCHIVES DE GABRIELLE d'eSTRÉeS. 353
item ung autre brevet signé Henry et plus bas Pottier, datte du xxii« septembre iiii" XVII par lequel Sa Majesté a accordé et faict don à madicte dame la Duchesse et à M. de Sourdis tous les deniers qui proviendront de la finance des procureurs postullans des baillages et seneschaulcées de son royaume de France à pourveoir, qui n'ont payé et pris lettres de Sa Majesté comme les autres de mesme qualité suyvant les ediclz sur ce faictz. Inventorié. Quatre-vingt-sept (1).
Item ung autre brevet du xx^ mars iiii" xix signé Henry et plus bas Potier, par lequel Sa Majesté a accordé et faict don à madicte dame la duchesse de Beaufort et à Madame la duchesse de Mercœur de tous les deniers qui proviendront des supplémens ordonnez estre levez sur tous les officiers pourvuez par M. le duc de Mercœur durant les troubles. Inventorié. Quatre-vingt-huict (2).
DROIT d'aubaine
Item les articles passez et accordez le viii« janvier iiip^ xvii entre madicte dame la Duchesse et le s' prince Sforce, André de Carret, prince et marquis de Final, le s'" Ordoric de Carret et le s*" Sébastien Zamet, faisans pour leur part, pour raison du droict d'aubayne et confiscation des biens que le feu S' prince Alexandre de Carret a laissés en France, acquis et confisquez à Sa Majesté, desquels il luy a pieu faire don à madicte dame la Duchesse, par lesquels articles icelle dame se désiste entièrement du don qu'il a pieu à Sa Majesté luy faire de tous et chascun lesdiz biens appaçtenans audit
faut encore ajouter celle-ci qui ne fut comprise ni dans le traité de Mayenne, ni dans les articles secrets. Cette réunion de Gabrielle, de Sancy et de Mayenne indique un présent collectif du roi ayant pour but de montrer sa satisfaction de la signature du traité et à celui qui était partie principale et à ceux qui avaient été les intermédiaires.
(1) Il y a eu de tous temps des avocats du roi et des procureurs auprès des baillages, sénéchaussées et sièges inférieurs du royaume. Le procureur du roi est spécialement chargé des causes du domaine et des causes fiscales, qui ne se peuvent juger sans qu'il soit entendu. Il est partie principale dans les causes criminelles. Il est à la nomination du roi, et au fur et à mesure «juc Henri IV rentra en possession de son royaume, les officiers qui avaient servi la Ligue et dont la soumission fut acceptée, durent obtenir de lui de nouvelles lettres d'investiture qu'ils eurent à payer au trésor royal. n< .i-n-'ni <mu)ù< ;nix iiirmes ohligalions <]\\o roux nouvollomont nommés.
(2) On sait (jue ic uiaiiage de Ccsar, hls de Gabrielle, cl de Marguerite de Lorraine, fille de la duchesse de Mercœur, avait été arnHé l'année précédente et que les fiançailles avaient été célébrées à Angers, le 8 avril 1598. Le roi, par ce don collectif fait aux duchesses de Mercœur et de Beaufort, témoigne sa satisfaction de l'union convenue.
SM GABRIELLE d'eSTRÉeS.
feu s^ Alexandre de Carret, à la charge que icelle dame Duchesse aura et prendra la moictié par préciput, et avant que ledit s^ prince Sforce puisse rien prendre desdiz biens tant meubles que immeubles, deniers et autres choses ; mesmement sur la somme de xiii ou xmim livres ou aultre plus grande somme deue par aulcunes communauttés et particuliers du pays de Rouergue et de vim livres deues par la ville de Lyon; ensemble delà rente et interests des sommes, sy aulcunes y sont deues. De tous lesquels biens lesditz s'"^ Odoric de Carret et Sebastien Zamet bailleront déclaration certaine dans deux moys prochains es mains de ladicte dame Duchesse, ou de ceulx qui auront charge d'elle.
Plus une déclaration signée Odoric du Carret de tous les biens, tant meubles que immeubles lesquels le feu s'^ prince Alexandre de Carret a laissés en France :
Premièrement la communauté de Roddès doibt environ ix^ livres.
M. Delinoie, marchant de Roddès v"» livres.
M. de Combes, de ladicte ville de Roddès xv™ livres.
Par les Eschevins de la ville de Lyon vi^ livres.
Plus les interrests de ladicte somme de neuf années.
Plus a laissé prez de Vareilles une maison et ung jardin, lesquels peuvent valloir environ un™ livres.
Une obligation passée par devant les Eschevins de la ville de Lyon le vn^ may inp^ x au proffict du s'' prince Sforce, André de Carret, marquis de Final, à la dêscharge des s'"» Estienne et Anthoine BonniH, bancquiers lucquois, demeurant à Lyon, de la somme de vi™ livres appartenant audit s'" prince Sforce et pour laquelle somme de vi^ livres lesdiz s'« Eschevins luy en payent les interests à raison du denier douze.
Et une lettre dudit s"^ prince Sforce marquis de Final, addressante ausditz s" Estienne et Anthoine Bonnili, bancquiers à Lyon. Quatre-vingt-neuf (1).
(1) Le sieur Pierre-Alexandre de Carret (Carretto), sujet Génois, mourut en 1596, en laissant en France des biens qui furent contisqués au profit du roi en vertu du droict d'aubayne. Henri IV fit don de cette succession à la duchesse de Beaufort. Elle s'élevait à environ 59,000 livres.
Gabrielle ne voulant pas faire les démarches et subir les délais nécessaires pour liquider la succession, traita avec deux héritiers du défunt associés au financier Zamet pour cette opération. Le traité fut signé le 8 janvier 1597 entre Gabrielle, André de Carret, prince et marquis de Final, Odoric de Carret et Zamet. Gabrielle devait prélever la moitié par préciput, avant que le sieur Odoric de Carret dit prince Sforza puisse rien prendre desdits biens tant meubles qu'immeubles. Le rôle de Zamet dans l'affaire paraît avoir été de fournir à Gabrielle l'argent comptant qu'elle demandait et de permettre aux de Carret de liquider à loisir la succession.
Le droit d'aubaine dont il s'agit et qui permettait à Henri IV de faire cette libé-
LES ARCHIVES DE GABRIELLE d'eSTRÉeS. 355