‹ Gabrielle D'Estrées, Marquise de Monceaux, Duchesse de BeaufortChapitre 38 sur 60 · PRODUITS DE LA BLANQUE · texte numérisé non relu

PRODUITS DE LA BLANQUE

Item ung aultre brevet signé Henry et plus bas Potier par lequel S. M. a faict don à madicte dame de tous les deniers provenans du droict que S. M. prand sur la blanque qui est à présent en la ville de Paris du xiii° jour de juillet mv^ iii^ï xviii. Inventorié. Cent quatre (1).

mouvantes du roi, et relevant de sa justice. 2» Sur les terres alodialcs enclavées dans celles-ci et faisant partie de leur juridiction.

Il est certain que les grands aïeux, les aïeux nobles ayant justice, tels que celui d'Yvelot, avaient eux-mêmes droit de colombier, puisque leurs possesseurs jouissaient dans leurs terres de tous les avantages de la propriété sans aucune restriction et sans reconnaître seigneur ni suzerain. Quant aux petits aïeux, aux aïeux roturiers, ils avaient dû perdre de bonne heure, dès le xv^ siècle, le droit de colombier, en même temps qu'ils avaient perdu une partie de leurs privilèges ; pour eux, ce droit, comme celui de justice, appartenait au seigneur dans les terres duquel ils étaient enclavés. (Cf. P. Lanéry d'Arc, Du franc-aleu, Paris, Rousseau, 1888.)

Un arrêt du 19 juillet 1599 ordonne que les fuies ou tryes que l'on avait bâties aux Andelys, indûment sans doute, seraient abattues et démolies, que les pigeons en seraient vendus au profit des pauvres. N'était-ce pas pour faire respecter les nouveaux droits de la duchesse (a)?

(1) François 1°^ fut le premier qui établit les jeux publics en France. Ce fut le jeu de la blanque, longtemps permis, dit -il dans son Edit de mai 1539, « es villes de Venise, Florence, Gênes et autres villes et citez très policées, fameuses et de grandes renommées.... » qu'il autorisa à Paris. La blanque était une loterie « de bagues et joyaux d'or et d'argent non monnayé, or et argent monnayé et autres marchandises. » Chacun pourra « fors mendians et misérables » bailler sa devise et en avoir un billet du « facteur et maistre » de la blanque contre un <« teston valant 10 sols 6 deniers. » Celui-là gagne dont la devise sort en même temps qu'un billet portant mention d'un lot. Celui dont la devise sort en même temps qu'un billet blanc en est pour son teston.

Quant aux lots non réclamés, ils appartiennent au roi qui perçoit en outre 2,000 hvres par an sur le fermier ou maître de la blanque.

La blanque fonctionnait depuis à peine deux ans que parut une déclaration sur î'Edit des blanques en date du 24 février 1541, modifiant le prix des billets et autorisant la vente de billets à différents prix. Depuis il n'en est guère parlé dans l'histoire.

Le traité de la police, par Delamare, dans son tome I^r, qui est de 1705, parle bien de la blanque, mais ajoute : <i On ne sait point si la loterie fut remplie et tirée. Il n'en est fait aucune mention ni dans l'histoire, ni dans les registres ou les mémoires de ce temps-là.... » Notre brevet de Gabrielle nous permet d'affirmer que la blanque fut au moins rétabUe sous Henri IV. Nous pouvons ajouter que si elle ne fut pas maintenue comme loterie publique, elle était fort connue depuis longtemps, très souvent pratiquée dans les foires et a été l'origine de nombreux proverbes et de dictons.

(a) C'est à M. Lanéry d'Arc que nous devons cet excellent commentaire.

LES ARCHIVES DE GABRIELLE d'eSTRÉeS. 363

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