DON DE SEL ACCORDÉ AU CARDINAL DE BOURBON ATTRIBUE A LA DUCHESSE
Item un extraict des registres du Conseil d'Estat d'entre ladicte deffuncte dame G. d'Estrées, duchesse de Beaufort d'une part et maistre Loys Hubault, tant en son nom que comme syndic des créanciers du feu sieur cardinal de Bourbon d'aultre, par lequel la requeste aurait évocqué à soy et à son conseil l'instance entre lesdites parties et deslivré le don et octroy de la traicle de ii^ muids de sel sans payer, que l'antienne gabelle continue audit feu sieur cardinal de Bourbon (1), par lettres du xiii« aoust iiip^ xi estait liny et expiré par le décès dudict feu sieur cardinal, dernièrement déceddé, et voulu et ordonné que ladicte deffuncte dame jouisse du don à elle faict par S. M. pour les années restans et escoulées depuis le decedz dudit feu sieur cardinal, comme le contienct ledict arrest du dernier mars iiiv^ xvii signé Lhuillier au doz duquel sont deux signifflcations. Inventorié. Cent cinq (2).
Item une coppie en papier non signée du don faict par le roy à ladicte deffuncte dame Duchesse de la traicte de deux cens groz muids de sel de soixante-douze quintaux chascun chargé en polleres mesure de Paris, pour dix années entières et consécutives, commencées le premier janvier Mv<^ iiii" IX et finissant le dernier décembre mv^ im" xviii selon que le contient ladicte coppie. Inventoriée. Cent six.
Deriges (3), — HuGET (4), — Lesueur (5).
(1) Charles, cardinal de Bourbon, né vers 1560, mort le 30 juillet 1394, quatrième fils de Louis I""" de Bourbon, premier prince de Condé.
2) Nous terminerons Tcxamcn des pièces ayant rapport aux libéralités faites à Gabriclle sur la traite du sel parce dernier renseignement :
Le cardinal de Bourbon, mort le 30 juillet 1594, avait reçu du roi par lettres patentes du xiii août 1591 la continuation de la traite de ne muids de sel« sans payer.» Le roi avait ordonné que la Duchesse jouirait du don à elle fait de ces iic muids pour les années restant et écoulées depuis le décès du cardinal. Celui-ci était mort laissant de nombreux créanciers. Le sieur Loys Hubault, syndic de ces créanciers, tant en son nom (|ue comme syndic, soutint un procès contre Gabriclle, lui conloslaiit le droit à la traite de ne muids, pour toute la période accordée au cardinal. L'instance fut évoquée devant le conseil <ln mi o[ par arrêt du 31 mars 1.".07, siftné Lhuiller. (i ibricllc {jagna son procès.
Le môme document est cite p.ir Nallois dans son Recueil désarrois du Conseil «IKtal, t. I"f, n« 3,770 : 31 mars 15'.)7, arrêt déclarant (pie le privilè{?c accordé au feu cardinal de Bourbon pour la l'-aite de 200 gros muids de sol a élé éteint par la mort dudit cardinal et octroyé pour les années suivantes à la datno Gabriclle d'Estrées. Ms. fr. iR.eo fo 195 v*.
(3 cl 4) Notaires au CliAI<'l< i n.- i .m^.
(5) Tuteur des mineurs de Vendôme, enfants de Gabriclle.
Titres divers.
L'an mil cinq cens quatre-vingtz-dix-ueuf, le vingtiesme jour de juillet, noble homme M""^ Denis Le Sueur, au nom et comme tuteur comptable et receveur général des biens de Monseigneur le duc de Vendosme, de Beaufort et d'Estampes, pair de France, et de damoiselle Henryette, légitimée de France, enfans naturels du roy, et par Sa Majesté légitimés, héritiers par bénéfice d'inventaire de deffuncte haulte et puissante dame Gabrielle d'Estrées, vivant duchesse de Beaufort leur mère, est comparu devant les notaires du roy nostre sire en son Chastellet de Paris, soubzsignez; lequel a requis procedder à l'inventaire des titres et papiers, concernant les acquisitions des terres demeurées après le decedz de ladite deffuncte dame duchesse, lesquelz titres se sont trouvés es mains de noble homme M'° Estienne Puget, conseiller du roy et trésorier de son épargne, et ont estez par lui représentez, puis délaissez es mains et garde dudit Le Sueur, suivant laquelle requeste et représentation a esté procédé à l'inventaire d'iceulx comme en suit :
Premièrement : Un arrest de la cour de Parlement en forme d'adjudication par décret en datte de l'an mp^ xvi, le xxv" jour de mars, signé par décret et arrest de la cour, du Tillet escuyer, contenant la vente et adjudication faicte par décret en ladicte cour de Parlement à Helye du Tillet, escuyer, s'' de Gouaix, comme plus offrant et dernier enchérisseur de la terre et seigneurie de Monceaux, appartenances et deppendances d'icelle, mouvante du roy à cause de son chasteau de Meaulx, ensemble la moitié par indivis de la terre et seigneurie de Trilleport, des terres Pierre-Levée et Boury, leurs appartenances et dépendances. Le tout plus au long spécifflé contenu et déclaré par ledict décret, et laditte vente et adjudication avoir esté faicte aux charges y déclarées, en oultre moyennant la somme de 39,000 escuz, pour estre distribuez à qui il appartiendra; avec lequel décret est ung extrait du registre de laditte cour, donné entre ledit s"" de Gouaix et ^jre Pierre Cadet, scindicq des créanciers de la deffuncte reyne, belle-mère du roy, et Philippe Anthoine, curateur aux biens vaccans de ladite deffuncte
LES ARCHIVES DE GABRIELLE d'eSTRÉeS. 365
dame, par lequel la cour aurait ordonné que ledit du Tillet, en faisant consignation du prix de l'adjudication de ladite terre et seigneurie de Monceaulx et appartenances qu'il pourroit employer, oultre le sort principal de toutes les rentes par luy racheptées, tous les arrérages desdictes rentes, comme le contient ledict extraict du xviii décembre v" iiii" xvi, signé Voisin, su^^ant lequel et ledit jour ledict s*" de Gouaix,pour satisfaire audict arrest auroit mys entre les mains de M° Jehan du Tillet, conseiller protonotaire et secrétaire du roy et greffier de ladite cour de Parlement, les contractz, quittances et pièces mentionnez par la quictance dudit du Tillet, pour tenir lieu de consignation de la somme de 40,000 escuz, et quoy luy aurait esté adjugé par ladicte cour, ladicte terre et seigneurie de Monceaux, Trilleport, Pierre-Levée et mestairie de Laigues, mis en criées à la requeste dudit s' de Guaix, sur ledict Anthoine, curateur aulx biens vaccans de ladicte deffuncte reyne, belle-mère du roy. Inventoriée au dos dudit décret. Ung.
Item, un aultre acte en parchemin en datte du xxvi*^ d'avril iiii" xvi signé du Tillet, par lequel appert ledict du Tillet s*" de Gouaix avoir déclaré que suyvant et conformément aulx conventions et accords faictz entre noble homme Guillaume de Coudray, conseiller et maistre d'hôtel du roy et Estienne Puget, aussy conseiller du roy et son trésorier général, eulx se faisans et portans fortz de ladicte deffuncte dame Gabrielle d'Estrées, ledict s' Puget auroit mis es mains dudit s' de Gouaix la somme de 40,000 escuz soleil à plusieurs et diverses foys, laquelle somme ledit s^ du Tillet aurayt employée en acquisitions des plus antiennes rentes et arreraiges d'icelle, desquelles les héritiers de feu M" Anthoine de Crussol et autres consors, estoyent obUgez pour la feue reyne belle-mère du roy. Les contractz de constitution desquelles rentes soubz le nom dudict Tillet ont servy de consignation de ladicte somme de XL™escus par laquelle ladicte terre et seigneurie de Monceaulx et autres devant déclarées ont esté adjugées audit s' du Tillet, qui a consigné au greffe de ladite cour lesditz contractz de constitution. Au moyen de quoy ledit du Tillet aurait déclaré qu'il n'aurait en ce fait que presler son nom à ladicte deffuncte dame Duchesse, et que ladite acquisition estait à son profflct et de ses deniers et en tant que besoing estoit lui en auroit faict cession et transport, comme le contient plus au long ledict acte inventorié au dos d'icclluy. Deux.
Item quatre procès-verbaux escripts en papier avccq les extraictz de saisies, criées et adjudications des terres et seigneuries de Monceaulx et Trilleport, Pierre-Levée, et flcf de Brucquoy, leurs appartenances et deppcndances, Inventorié au dos de chacun d'eulx et l'ung comme l'autre. Trois.
Lesdictz procez verbaux de saisie et exploltz réunis dans ung sac elhiqueté actes de Monceaulx.
Item UQg brevet en parchemin signé Louis Perret et Bernard, notaires au Cliastellet de Paris en datte du xix^ jour de may yc nipxxvii par lequel appert ]\P° Helye du Tillet, s"" de Gouaix, avoir déclaré que les rentes par lui racheptées des deniers à luy fournys par ladicte deffuncte dame Duchesse de Beaufort pour l'acquisition de la terre et seigneurie de Monceaulx etaultres devant déclarées, les contractz desquelles rentes il aurait consignées pour la somme de xl^ escus, sont les plus anciennes que pouvoit debvoir ladicte feue dame reyne, belle-mère du roy, et auxquelles pourroit être obligée ladicte terre et seigneurie de Monceaulx, Trilleport, Pierre-Levée et mestairie de Laigues comme le contient plus au long ledit brevet, avecq lequel est ung transport en parchemin faict par ledit s"" de Gouaix à ladite deffuncte dame de Beaufort de tous les fruictz, profictz, revenus et esmolumens qui pourroyent estre deubs audit s'" de Gouaix du revenu desdites terres. Sy est encores deux promesses d'indemnitez faictes par ladite deffuncte dame reyne, belle-mère du roy, tant à M''" Anthoinne comte de Crussol, M""" René Baillet, président au Parlement, M"" Martin de Beauluc, M° Jehan du tillet, de les acquitter de plusieurs rentes pour lesquelles ils se seroyent obhgez, pour ladicte deffuncte dame reyne envers plusieurs personnes desnommées par icelles promesses, et comme il est porté par icelle la première de l'an mvc lxi le samedi xx° mars, signée Boreau et Cayart, signée par collation Du Boys, et l'autre du xvii juillet vc Lxxvm signée Chantemerle et Camus, inventorié au dos de chacune lesdites pièces l'un comme l'autre. Quatre.
Item ung brevet en parchemin signé Henry et plus bas Forget et scellé de cire jaulne, addressant à M""^ les trésoriers généraulx de France à Paris, contenant S. M. avoir donné, remis quicte et délaissé à ladicte deffuncte dame Gabrielle d'Estrées tous et chacun les lotz et ventes, quinctz et requinctz et aultres droitz et debvoirs seigneuriaulx qui pourroyent appartenir à sadite Majesté à cause de l'acquisition faicte par ladicte deffuncte dame de la terre et seigneurie de Monceaux, ses appartenances et deppendances, avec laquelle est l'attache de M" de la Chambre des Comptes en datte du v^ septembre iiif'^ xvii signé Daucs, contenant la vérification desdites lettres. Inventorié au dos desdites lettres et attache, lun comme l'autre. Cinq.
Item une autre lettre patente de Sadite Majesté, signée Henry et plus bas par le roy Forget et scellée de cire jaulne, contenant la foy et hommage faicte par ladicte deffuncte dame duchesse de Monceaux entre les mains de Monseigneur le chancelier de France de ladite terre et seigneurie de Monceaux, circonstances et deppendances tenues et mouvantes de Sadite Majesté à cause de son conté de Meaulx. A laquelle foy et hommage ladite dame auroit esté receue comme le contient ladicte lettre du premier jour de may mv^ iufx xvi. Inventaire au dos. Six.
LES ARCHIVES DE GABRIELLE d'eSTRÉeS. 367
Item une lettre patente du roy, donnée à Lyon, au moys de septembre MV'" iiii" XVI, signée Henry et sur le reply, par le roy P^orget, et scellée sur lacqs de soye du grand sceau de cire vert, contenant Sa Majesté avoir eslevé, créé et érigé ladite terre et seigneurie de Monceaux avecq ses appartenances et deppendances en nom, tiltre, dignité et prééminence de marquisat, et laditte deffuncte douée dudit tiltre de marquise pour en joyr par elle, ses hoirs, enfans et héritiers et descendans d'eulx à titre de marquis, selon que le contiennent plus au long lesdittes lettres inventorié au dos d'icelle. Sept.
Item ung autre arrest de ladicte cour en forme de décret, datte du viii" may mv^ im" xvi, signé par décret et arrest de la cour Voisin, contenant la vente et adjudication faicte par ladicte cour à M'"*' Helye du Tillet, s"" de Gouaix, comme plus offrant et dernier enchérisseur, d'une maison manable, granges, estable, cour, jardin assis à Laigues, contenant treize arpens ou environ, et autres héritages plus au long spécifûez, contenus et déclarez par ledit décret, et ladite vente et adjudication avoir esté faict aulx charges y déclarées, et ce moyennant la somme de 1,000 escuz soleil une fois payez à distribuer à qui il appartiendra, comme il est porté parledict décret, avecq lequel est l'acte par lequel appert ledit s'" de Gouaix avoir mis es mains de M'° du Tillet, conseiller protonotaire et secrétaire du roy et greffier de la cour de Parlement, les contractz et quittances y mentionnez pour tenir lieu de consignation de la somme de xl™ escus, a quoy lui auroit esté adjugé par laditte cour laditte terre et seigneurie de Monceaux, Trilleport, Pierre Levée et mestairie de Laigues, saisies et mises en criées à la requeste dudit s'" de Gouaix, sur ledit Anthoine, curateur aulx biens vaccans de ladite deffuncte dame reyne, belle-mère du roy, comme le contient ladite quittance attaché sous le scel de laditte cour avecq ledit décret. Laquelle mestairie de Laigues auroit par la déclaration cy devant inventoriée soubz la cotte deux déclare estre au profûct de ladicte deffuncte dame duchesse de Beaufort. Inventorié au dos dudit décret. Huict
Item une lettre en parchemin passée soubz les sceaulx aulx contractz et obligations de la ville et chastellenie de Mantes, dattée du morcredy, deuxième jour de febvrier mv^ mi" quatorze, signées Le Meyne et Thibault et scellées, contenant la vente, cession et transport faictz par M" Philippes de Mornay. chevalier, s"" du Plessis-Marly, conseiller du roy en son conseil d'Estat et privé de France et de Navarre et superintendant de sa maison et finances de Navarre et anlien domaine, et des s" de La Brichc, de Bergues et do La HefQs, commissaires depputcz par lettres patentes de Sa Majesté pour procéder à la vente et aliénation de la terre, seigneurie et chastellenie do Vaudeuil, à M" Henry d'Escoubleau, évesque de Maillezais, conseiHer du roy en son conseil d'Estat, de ladite terre, seigneurie et chastellenie de
Vandeuil, de la terre et chastellenie de la Fère, estant de propre et antien domaine de Sa Majesté, concistant en un château et maison seigneurialle, basse-cour, ferme et grange, jardin, parcq, prés, vignes, bois, taillis et de haulte fustaye, moulins, estangs, dixmes, champartz, justice haulte, moyenne et basse et droicts et devoirs seigneuriaux, cens, rentes, lotz et ventes et généralement tous autres droictz et choses deppendans du revenu et domaine dudit Vandeuil, alors que tout est plus au long contenu et déclaré par lesdittes lettres, et laditte vente avoir esté faicte aulx charges y déclarées et moyennant le prix et somme de 50,000 escuz soleil, qui en furent lors payez comptant entre les mains de M'"" Paul Délaye commis de M^'' Julien Mallet, trésorier général de la maison et antien domaine de Navarre, sellon que le tout est plus long spécifié par icelles lettres.
Avec lequel est ung contract en parchemin signé Beaufort et Le Roy, en datte du xxvii° jour de febvrier mv^ iiipx quinze, par lequel appert ledit sieur évesque de Maillezais avoir déclaré que l'achapt et acquisition par luy faicte de ladite terre et seigneurie de Vandeuil, ses appartenances et deppendances, sis au baillage de Vermandois, pour ladicte somme de 50,000 escuz, auroit esté faicte pour et au proffict de ladicte deffuncte dame duchesse de Heaufort sa niepce, et des deniers a elle appartenans destinez pour estre employez en héritages sertissant naturellement de propre à elle et aulx sieurs de son costé, sans que ledict sieur de Maillezais y prétendist aulcune chose, et en tant que besoing seroit, auroit remis, retroceddé et délaissé à ladicte deffuncte dame de Beaufort tous et chacuns les droictz, noms, raisons et actions qui luy pouvoient appartenir en laditte terre et seigneurie de Vandeuil en vertu du contract d'acquisition selon que le contient plus au long ladicte déclaration. Inventorié au dos de chacun. Neuf,
Nous Gabrielle d'Estrées, dame de Liencourt, reconnaissons qu'à notre prière et requeste, M. l'évesque de Maillezais, notre oncle, s'est chargé de l'achapt de la terre de Vendeuil, pour la somme de 50,000 escuz et à ceste fin en a passé procuration, par laquelle il s'est obligé fournir acquit du trésorier général du domaine de Navarre M^"^ Julien Mallet, de pareille somme sur l'assurance que lui avons baillé de retirer ledit acquit moyennant le mandement visé par M. du Plessis sur notre quittance de pareille somme à nous donnée par le roy pour estre employée en héritages qui servissent nature de propre à nous et aux nôtres. A ceste occasion promettons à mondit sieur de Maillezais le désintéresser des domages et des charges dudict achapt et promesse faicte du payement d'icelle somme attendu qu'il n'y a rien à son profflt ains au nôtre tant seulement.... (trois mots iUisibles) et registre devant témoing de quoy avons signé la présente
à Mantes ce (en blanc) de (en blanc) mil cinq cent quatre-vingtz-treize.
G. d'Estrées (1).
Item une qaictance en papier signée Delaage en datte du second febvrier v" iiii" xim par laquelle appert le soussigné commis de trésorier et receveur général de la maison et finances de Navarre et antien domaine du roy, avoir reçu comptant dudit M""° Henry d'Escoubleau, s'' de Maillezais, par les mains de Lucas Marchant, son procureur, la somme de 50,000 escuz, pour la vente à lui faicte par M" les commissaires depputez par Sa Majesté de laditte terre, seigneurie et chastellenie da Vandeuil, avec ses appartenances et deppendances, comme le contient plus au long ladicte quittance inventoriée au-dessoubz du seing dudit Delaage. Dix.
Item une lettre patente de Sa Majesté donnée à Fontainebleau, le XVII may mv^ mi" xv signée Henry, et plus bas par Le Roy, Roze et scellés, contenant la quittance et descharge faicte par Sa Majesté à ladicte deffuncte dame duchesse de Beaufort, de tous et chacuns les droictz seigneuriaulx et feodaulx, lots, ventes et autres redevances qui pourroyent appartenir à ladite Majesté pour raison et à cause de l'acquisition de ladite terre et seigneurie de Vandeuil, et en tant que besoing seroit, en auroit faict don à ladicte dame, comme le contient plus au long laditte lettre. Inventorié au dos. Unze.
Item une attache de la Chambre des Comptes de xxvi" juing mi" xvi, signée par extraict de la Chambre des Comptes de La Fontaine, par laquelle ladite Chambre a entheriné lesdites lettres cy-devant inventoriées et ordonné que ladite deffuncte dame duchesse joueroit do l'effect et contenu en icelles, selon leur forme et theneur. Inventorié. Douze.
Item une autre lettre patente, donnée à Fontainebleau le viiio may Mvc iiii" XV signée Henry et plus bas par le roy Forget et scellée, contenant la foy et hommage faicte par ladicte deffuncte dame duchesse à Sa Majesté entre les mains de Monseigneur le chancelier de France qu'elle estoit tenue faire pour raison de laditte terre et seigneurie de Vandeuil comme est contenu es dittes lettres. Inventorié. Treize.
Item une lettre en parchemin signée do Riges et de Brigues notaires, en datte du xx« mars mvc mnx xv par laquelle appert M" Marc Miron, s' de l'Ermitage, conseiller du roy en son conseil d'Estat, avoir vendu et promis garantir, faict promesse et obUgation î\ laditte deffuncte dame Gabriello d'Estrées, duchesse de Beaufort, la terre et seigneurie de Crecy, ses appartenances et deppendances, consistant en droictz de flefs, arrière-flefs, justice haultc, moyenne et basse, comme rentes, terres, prés, droictz seigneu-
(i) Celle dôclaralion de (îabiicllc d'Estrées que nous ajoutons à ses inventaires appartient à la colicclion de M. le comlc de Bcrtier.
riaulx et féodaulx, droictz d'usage, estangs, moulins, lotz et ventes, poissons, glandées et autres droictz à plain déclarés es dictes lettres, et ladicte vente faicte moyennant la somme de 30,000 escuz soleil, dont ladicte dame auroit lors payé la somme de 10,000 escuz, et quand aux autres 20,000 escuz restans, ladicte dame defTuncte luy auroit promis payer aulx termes selon et ainsi qu'il est contenu et déclaré par ledit contraet, avecq lequel est le contract d'acquisition par ledit Miron, par M'"^ les commissaires depputez par le roy pour la vente de son domaine, terre et seigneurie de Crecy, en datte du xx° décembre v^ lup^ vi avec la quittance de M'"'^ Nicolas Regnard, conseiller du roy et receveur général de ses finances à Paris, de la somme de xxxm escuz soleil par ledit s^ Miron payez pour ladicte acquisition. — Item ung acte en parchemin signé Desjardins, datte du xxvii et du XII may mv^ mi^x xv, contenant la prise de pocession faicte tant par ladicte detïuncte dame duchesse que le s"^ de Coudray du Boys de laditte terre et seigneurie de Crecy, ses appartenances et deppendances, avecq ung désistement escript en pai^ier faict par dame Magdeleine de Lenoncourt, tant en son nom que comme procuratrice de IVP° Hercules de Rohan, duc de Montbazon, et de M'"'' Charles Myron, évesque d'Angers, comme procureur de M'"*' Marc Miron, s^" de l'Hermitage, de contract de vendition passé entre eulx de ladite terre et seigneurie de Crecy en Brie le xiiii'^ juing v^ iiipx xiiii, avecq la rectification faite par ledit s'^ de Montbazon dudict contract de désistement. Avecq une lettre patente du roy dernier déceddé du xxiiii° décembre 1111^5^ VI signé sur le reply par le roy Brulart, et scellé portant permission audit s"" de l'Hermitage de nommer et présenter aulx offices et bénéfices ordinaires de ladite seigneurie de Crecy, toutes et quantes fois que vaccation adviendroit d'iceulx. — Item une copie en pai)ier non signée de l'évaluation du revenu de ladite chastellenie de Crecy et une coppie aussy non signée de justice subalterne ressortissant par appel au baillage dudit Crecy. — Item une lettre de don faict par Sa Majesté à ladite dame Duchesse d'une quantité de cent pieds de chesnes propres à brûler avecq leur houppierres et branchages à iceulx prendre en la forêt de Crecy selon que le contiennent lesdites lettres signées Henry et plus bas par le roy de Neufville, dattées du xxvii« avril iiip^ xv, avecq ung extraict delà cour sur le renvoy desdittes lettres avecq lettre de Sa Majesté du xxii° aoust audit an, aussy signé par le roy de Neufville pour vérifier purement et simplement ledit don selon sa forme et teneur, avec une requeste présentée à la cour pour faire réussir laditte lettre. Le tout plus au long déclaré par lesdictes lettres, inventoriées au dos chacune. Quatorze.
Item une lettre en parchemin faicte et passée soubz scel et pardevant deux notaires du Chastellet de Paris, dattée du vi° juillet mv^ iiif^ xvii, signée Laisson et Croizet, contenant la vendition faicte par très haulte et
LES ARCHIVES DE GABRIELLE d'eSTRÉES. 371
illustre princesse dame Catherine de Clèves, duchesse de Guyse, comtesse d'Eu, pair de France, à laditte deffuncte dame Gabrielle d'Estrées, marquise de Monceaulx,du comté de Beaufort en Champagne, terres et seigneuries de Soulaynes, les étangs de la Hort, avecq les forestz deçà et delà la Hort. Et oultre ladite dame Duchesse auroit vendu et transporté à ladite deffuncte dame Marquise et promis garantir générallement toutes les aultres appartenances et dépendances dudit comté. Ensemble tous et chacuns les droictz, noms, raisons et actions quelconques à laditte dame duchesse de Guyse appartenantes à cause d'icelluy comté, sans en rien reserver sauf et réservé seulement la baronnie de Larzière, membre deppondant dudict comté. Ladicte vente faicte aulx charges y déclarées, et oultre moyennant la somme de 80,000 escuz francs deniers à ladicte dame duchesse de Guyse, laquelle somme auroit esté accordé eslre payée asscavoir en l'acquict de ladicte dame duchesse de Guise 00,000 escuz, que icelle dame Duchesse auroit confessé debvoir au s' Sebastien Zamet, par contract mentionné par lesdictes lettres, et les autres 20,000 escus restans, faisans la parfaicte desdiclz 80,000 escuz, il en auroit été payé, baillé et déUvré par ladicte deffuncte dame Marquise, du gré et consentement de ladicte dame Duchesse la somme de xvi'" escus en l'acquit de ladicte dame duchesse de Guyse, aulx personnes déclarées par ledict contract et quant aulx ini"» escus restants ils auroyent esté lors baillez et payés à ladicte dame de Guyse qui les auroit receus en espèces, selon et ainsy qu'il est contenu et déclaré parlesdittes lettres de vendilion. Inventorié. Quinze.
Item une aultre lettre en parchemin faicte et passée soubz le scelet pardevant deux notaires du Chastellet de Paris du vi'^ juillet mv*- uu^^ xvii signée desdictz Laisson et Croizet, contenant la vente, cession et transport faicte par ladicte dame duchesse de Guyse à la deffuncte dame Gabrielle d'Estrées, lors marquise de Monceaulx, des terres, baronnie et seigneurie de Jaucourt et Larzicourt, i)lus au long déclarées par lesdictes lettres, et ladicte vente avoir esté faicte aux charges déclarées et oultre moyennant la somme de xl™ escus francs deniers à ladicte dame duchesse de Guyse, de laquelle somme de xl™ escus restans ilz seroient aussy employés par ladicte deffuncte dame marquise en l'acquict de debtes par feu Monseigneur de Bourbon, et quant aulx xxx'" escus restans ils seroient aussy employés par ladicte deffuncte dame au payement du sort principal des plus antiennes rentes que doibt ladicte dame duchesse de Guyse, selon que plus au long le contient ledit contract. Inventorié. Seize.
Item une lettre en parchemin signée Jamet et Croizet en datte du XXI juing MV iiii" XIII, contenant l'obligation faicte par très illustre princesse madame Catherine do Clèves, duchesse de Guyso, assistée de son conseil, au s' Sebastien Zamot, de la somme do 36,087 écus soleil pour
372 GABRlELLE D*ESTRÉeS.
prest, selon que le contiennent lesdittes lettres, en la marge desquelles au premier feuillet appert ladite somme de 36,087 escus, ensemble la somme de xim IF Lxvm livres pour les arrérages de la rente constituée de ladicte somme esclieuz depuis le xxi« septembre mvc iuf^ xiii jusqu'au dernier jour de juin mvc iiii^x xvii avoir esté payée audict s' Zamet, ainsy qu'il appert par le contract de vendition faict par ladicte dame duchesse de Guyse, recogneu par devant les s" Jamet et Croizet, notaires, le xxviii° septembre yc iiiixx xim, par laquelle ladicte dame recognoist debvoir audit s'^ Zamet la somme de v™ livres sol, sur laquelle il auroit receu ii™ cl livres et les iimyiiic L livres restans auroyent esté payez audit s'" Zamet comme il a esté porté par la quittance escripte en la marge d'icelle promesse en datte du vi^ juillet Mvc iiip^xvii signée Lasson et Croizet.
Item une autre lettre en parchemin signée Croizet et de Rossigûol, dattée de mv^ iiii^x xv le cinquiesme janvier par laquelle appert ladicte dame Catherine de Clèves, duchesse de Guyse, debvoir à Anthoine Fremyn, conseiller duroy et controlleur général des tailles au pays de Champagne la somme de 9,000 escuz, ledit Fremyn auroict faict cession et transport audict s'" Zamet, par contract passé par devant Bobye et de Rossignol le vm mars iiip^ xvii; en marge de laquelle obligation et transport sont escriptes deux quictances de payement de ladicte somme de 9,000 escuz, et une autre de la restitution dudit diamant et vaisselle d'argent, comme le contiennent les quittances du vi'' juillet iiifx xvii, signées desdictz Croizet et Lasson. Inventorié au dos de chacune desdictes pièces, l'une comme l'autre. Dix-sept.
Item une autre déclaration escripte en papier, signée Catherine de Clèves et Gabrielle d'Estrées, recoigneue par Lasson et Croizet, notaires, le vi« juillet mv^ iiip^ xvii, par laquelle lesdictes dames auroyent déclaré que combien qu'ilz eussent passé deux contractz ledict jour par devant lesdictz notaires pour raison de l'alliénation du conté de Beaufort, terre et seigneurie de Larzieres, assigné au pays de Champagne, l'une moyennant 80,000 escuz, et l'autre moyennant 40,000 escuz selon qu'il est déclaré par lesdicts contractz, néantmoins que la vente, est qu'ilz auroient accordé ensemble pour les dettes, terres et seigneuries moyennant la somme ûe vpx mil escuz à quoy montent et reviennent lesdittes deux sommes, ayans passé lesdictz deux contractz pour certaines raisons à ce les mouvans, lesquelz toutesfois ne vendront et ne serviront à leur esgard que pour une seule et mesme vendition. Inventorié au dos d'icelle. Dix-huit.
Item une coppie en papier passé par ladicte deffuncte dame Gabrielle d'Estrées, duchesse de Beaufort, audit s'^ Zamet de la somme de 70,000 escuz, payables aulx termes et selon qu'il est porté par laditte coppie en datte du vi^ juillet mv^ iiii^^ xvii, signé Lasson et Croizet et cottée. Dix-neuf.
Item une quittance en parchemin signée desdictz Lasson et Croizet en datte du un" aoust iiii" xvii, par laquelle appert Pierre Targes, pourvoyeur du roy, avoir receu de M'** Charles Prévost, advocat à la cour de Parlement la somme de vi"» livres que ledit s»" Prévost avoit confessé avoir eu et receu pour au nom dudit Targes de ladite defFuncte dame duchesse de Beaufort par contractz de l'acquisition dudit duché qu'elle auroit faicte de M"° la duchesse de Guyse, avecq pleine et entière main-levée faicte par ledit Targes de tout ce qui se trouve avoir esté saisiz à sa requeste sur les biens d'icelle dame de Guyse et autres choses à plain déclarées par ledit inventaire. Vingt.
Item trois feuilletz de papier escrlptz, dattes au commencement du xxm juillet iiii" xiii, contenant le bail et revenue prises par François Marevel, marchant, demeurant à Larzicourt principal et M"^ Louvain Hetier, demeurant à Orcoz sous plege et caution de noble homme Jehan Henequyn, bourgeoys de Troyes, receveur général de M'i° de Bourbon, de la terre et seigneurie de Larzières, droictz, fruictz et profûctz, revenus et esmoluments qui en deppendent, mo* ennantla somme de if lxxv escuz soleil de ferme pour chacun an, et aulx charges déclarées par ledit bail. Inventorié.
Vingt-ung.
Item une demye feuille de papier signée en fin Savarin, qui sont les ordonnances faictes par M""" Charles Quenest, advocat en parlement pour le règlement des boys do Larzières. Inventorié. Vingt-deux.
Item ung arpentage de tous les bois deppcndant de la seigneurie de Larzières faict par Claude Rigault et Jehan Brachier, en datte du xxviii" aoust vc iiii" XVII qui est en tout cinq cens quinze arpens sept ardes. Inventorié.
Vingt-trois.
Item sept feuilletz de papier escriptz, attachés ensemble, non signez, qui est une coppie de lettres de Largeries, de CoUemont et Chanloroy. Inventorié. Vingt-quatre.
Item quatre feuilletz de papier, aussi non signez qui est une forme de vente et adjudication de la quantité de trente arpens de bois taillis h prendre dans la forest de la liautello, deppondant do la baronnie de Larzières. Inventorié. Vingt-cinq.
Item une promesse faicte par Jehan de la Cliausséc, cscuyer, s' de Leuzin, Gruger, de Jaulcourt, à M'"" Charles Prévost, advocat en Parlement, comme procureur de ladlcte deffuncte dame duchesse de Beaufort, de bien et fidèlement garder le chastcau de Jaulcourt et hiy rendre les clefs toutes et quantos foys que bon lui semblera, comme le contient laditto promesse en datte du xxvii» aoust iiii" xvii signé de Leuzln. Inventorié.
Vingt-six.
Item ung acte en parchemla en date du xxvii*> aoust iiii" vu, signé Dar
sennal, Ricliardon, Chaussechat, contenant la prinse de pocession faictepar ledit Charles Prévost pour et au nom de ladicte deffuncte dame duchesse de Beaufort de ladite baronnie de Jaulcourt. Inventorié. Vingt-sept.
Item une déclaration en papier, signée par collation Gaulet, qui est une déclaration des habitans de Jaulcourt par laquelle ils ne prétendent rien des bastiments par eulx faictz et ediffiez dans le chasteau de Jaulcourt et ne s'en veuUent prévaloir. Inventorié. Vingt-huict.
Item une coppie non signée du contract passé le xx^ juing mil quatre cens quatre entre le roy Charles et le roy de Navarre, pour luy et ses successeurs par lequel appert Sa Majesté du roy de France avoir donné audit roi de Navarre douze mille Hvres tournois de terres, rentes et revenus, sans en comprendre la prisée, chasteau, maisons, manoir, chasteau et chastellenie de Beaufort en Champagne et aultres déclarés par laditte coppie. Inventorié. Vingt-neuf.
Item une copie en papier colUitionnée à l'original par Chaussechat, greffier au baillage de Jaulcourt, d'un acte de revocation faicte par madame la duchesse de Guyse du procureur fiscal de Jaulcourt. Inventorié.
Trente.
Item troies coppies en papier, deux non signées et l'autre signée pour collation Cousin et Carbot, qui sont des anciens baulx de la comté de Beaufort, inventorié l'un comme l'autre. Trente-un.
Item quatre pièces en papier attachées ensenible qui sont quatre déclarations des deppendances du duché de Beaufort, inventoriées sur le dos d'icelles pour tout. Trente-deux.
Item ung extraict en papier du procès-verbal des enchères des ventes ordinaires de boys et foretz de Beaufort signé en fin Gruyer, inventorié.
Trente-trois.
Item ung acte en papier en datte du xxv° aoust iiii'^^ xvii contenant la prinse de possession faicte par Charles Prévost, comme fondé de pouvoirs de ladicte deffuncte dame duchesse de Beaufort, selon qu'il est porté par ledit acte. Inventorié. Trente-quatre.
Item ung acte et déclaration escript en papier, faicte par JVl''^ Charles Guet, comme procureur de ladicte deffuncte dame duchesse de Beaufort, aulx habitants dudit Beaufort, comme par d'anciens comptes et filtres rendus par lesditz habitans, il apparoissoit lesditz habitans estre redevables des droictz de chevalerie, mariage, voyage et rançons, mesmes qu'ils debvoient contribuer aulx réparations du chas! eau, et dont il les avoit bien voulu advertir, à ce qu'ilz n'en prétendissent cause d'ignorance, avecq laquelle est une déclaration desditz habitans sur le dire et déclaration dudit Prévost. Inventorié au dos l'un comme l'autre. Trente-cinq.
Item, une coppie en pappier non signée, contenant xii feuiUez et demy
LES ARCHrV^ES DE GABRIELLE d'ESTREES. 373
de la taille et cotte abonnée sur les sujotz, manans et habitans du conté de Beaufort dénommez par ledit roolle. Item une autre coppie en papier contenant quatre rooUes et demy, qui est ung procès-verbal de la vente des boys de la forest de Beaufort. Inventorié l'un comme l'autre.
Trente-six.
Item une coppie des remonstrances faictes au Conseil pour les affaires de W*^ de Bourbon, comme plus au long le contient ledit mémoire non signé. Inventorié. Trente-sept.
Item ung cayer de papier contenant vingt-neuf feuilletz et demy, signé en fin Prévost, commençant par ces motz. L'an mvc iiiixx xvii, le mercredy xx'= jour du moys d'aoust.... qui est la prinse de pocession faicte par ledict S' Prévost, advocat en Parlement, ayant charge et maniement des affaires de ladicte deffuncte dame duchesse de Beaufort dudit duché de Beaufort baronnie de Soullaynes, Larzicourt et Jaulcourt selon qu'il est plus au long déclaré par ledit procès-verbal. Inventorié au dos d'icelluy.
Trente-huit.
Item une lettre patente de Sa Majesté donnée au camp devant Amyens le xx'^ aoust mvc mi" xvii, signée Henry et plus bas par le r«y Forget, et scellée de cire jaulne, contenant la foy et hommage et serment de fidélité de ladicte deffuncte dame duchesse de Beaufort, es mains du roy, pour raison de sondict duché de Beaufort et des baronnies de Jaulcourt, Soulaynes et Larzicourt, terres et seigneuries en deppendants, tenues et mouvantes de Sa Majesté à cause de son comté de Champagne, grosse tour de Troye et Chaulmont en Bassigny, selon que le contient plus au long lesdictes lettres. Avecq lesquelles sont attachées aultres lettres de sadicte majesté a messeigneurs des comptes et trésoriers généraulx de France au bureau des finances, à Châlons, en datte des iiii® aoust mv iiii" xvii signé Henry, et plus bas par le roy Forget, et scellé, contenant Sa Majesté avoir donné, ceddé, quitte, remis et délaissé à ladicte deffuncte dame duchesse de Beaufort tous et chacuns les lotz et ventes, quinctz et requinctz et aullros droicls et dcbvoirs seigneuriaulx qui pourroient comporter et appartenir à sadicte Majesté, a cause de l'acquisition faicte par ladicte deffuncte dame Duchesse, dudit duché, terres et seigneuries de Beaufort, baronnie de Jaulcourt, appartenances et deppondances dicelles, sises au balllaf^e de Chaulmont, Victry et Troyes, rellevans et mouvans de saditto .Majesté h cause de sondit comté de Champagne, grosse tour de Troyes ou autres, a quelque somme, valeur et estimation que lesdictz droictz puissent monter et revenir, selon que le contiennent lesdittes lettres ; avocq lesquelles est encores attaché l'attache et vériffication d'icelles faicto en ladite chambre des comptes, le v° septembre iiii" xvii signé Darues. Inventorié l'un comme l'autre. Trente-neuf.
• Item une autre lettre patente de sadicte Majesté signée Henry, et sur le reply par le roy de Neufville, et scellé au lacqs de soye en cire vert, contenant Sa Majesté avoir annexé et incorporé de nouveau et inséparablement la baronnie de Jaulcourt, ses appartenances et deppendances au comté de Beaufort, baronnie et chastellenie de Soulaines, Largicourt, estang de la hort, forest de deçà et de la la bort et autres appartenances et deppendances, le tout ensemble créé, érigé et eslevé en tiltre, nom,, dignité et prééminence de duché et pairie de France, lesquelz duché et pairie seront tenuz et mouvans à l'advenir à une seule foy et hommage de Sa Majesté et de ses successeurs, à cause de la coronne et chasteau du Louvre, pour d'iceulx duché et pairie de Beaufort joyr par ladicte deffuncte dame Duchesse ses hoirs successeurs et ayans cause, tant masles que femelles a toujours, en tous honneurs, prérogatives, et l^réeminances a duc et pair appartenans, selon que le contiennent plus au long lesdictes lettres leues et publiées et enregistrées en la cour du Parlement et chambre des comptes à Paris, scavoir en ladite cour le x° juillet et en ladicte chambre le premier aoust mv^ iiipx xvii. Inventorié. Quarente.
Item ung cahier contenant trente-cinq îeuiUetz et demy qui sont les charges et infTormations faictes pour la déclaration de nullité de mariage entre laditte dame duchesse de Beaufort et le s^ de Liancourt. Inventorié.
Quarcnte-ung.
Item une coppie non signée du procès-verbal de saisie faicte à la requeste de M^^ Helye du Tillet, s^ de Gouaix, conseiller du roy et son maistre d'hôtel ordinaire, tant en son nom que comme scindicq et ayant charge des autres créanciers de la deffuncte reyne mère du roy dernièrement deceddez, du chasteau terre et seigneurie de Chenonceaux, appartenances et deppendances, selon que le contient plus au long ladicte coppie. Inventorié. Quarente-deux.
Item ung exploit d'arrest et saisie faicle à la requeste de noble homme Antjioine le Camus, conseiller du roy en son conseil privé et d'Estat, sieur de Jumbeville, par Prévost, huissier des requeste de l'hostel, entre les mains de ladicte deffuncte dame duchesse de Beaufort, de tout ce qu'elle pourroit lors debvoir et debvroit par après à Anne des Vesines vefve de feu M'''^ Charles Dongnies, comte de Chaulnes jusque à la concurrence de II™ IF livres pour les causes mentionnées audict exploict en datte de l'an mv^*- iiii^^ xv le xvii^ febvrier, escript au pied d'une promesse d'indempnité faicte par ledict s»" comte de Chaulnes audit s'" de Jumbeville, par devant Alix et Legendre, notaires au chastellet de Paris le x^' juillet iiipx III. Inventorié. Quarente-trois. Item une lettre en parchemin escript en cahier, faicte et passée devant
LES ARCHIVES DE GABRIELLE d'ESTRÉES. 377
deux notaires au cliastellet de Paris, dattée du viii° janvier mvc iiii" xix signée de Riges et de Brigues par lesquelles appert dame Marie de Mouseau femme de M" René de Martineau, clievalier de l'ordre du roy, escuyer ordinaire commandant de la grande escurye de Sa Majesté, s*" de la Faye, dudit s"" son mary auctorisée pour l'effect du contenu esdictes lettres, avoir vendu, ceddé, transporté et délaissé du tout en tout et à toujours, et promit de garantir de tous troubles et empeschemens générallement quelsconnques à ladicte deffuncte dame duchesse de Beaufort, la terre et seigneurie de Saint-Jehan, baillage de iMaulx, et en outre toutes appartenances et dépendances d'icelles, les fiefs du Ru et Arpentigny, appartenances et dépendances dlceulx, avecq les fermes de la Grange aulx boys et du Mont de plaisir, les jardins, logis, terres, vignes, moulins, cens, rentes, haulte justice moyenne et basse, garennes, le tout plus au long spécifié et déclaré par lesdittes lettres, et ladicle vente avoir esté faite aulx charges y déclares, et oultre moyennant la somme 20,000 escuz, payables par ladicle dame aulx personnes et selon qu'il est contenu et déclaré par lesdittes lettres. Inventorié au dos d'icelle. Quarente-quatre.
Item ung contract en parchemin, escript en cahier, signé de Neuf ville, Pothier, Forget, en datte du dimanche V jour d'avril mv^ im^x xviii, contenant le traicté de mariage d'entre César Monsieur, duc de Vendosme, lilz naturel du roy, avec Mademoiselle Françoyse de Lorraine, fille de hault et puissant prince Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur et de Ponlhièvre, pair de Imnce, prince du Saint-Empire et des Martigues, marquis do Nomeny et de Chaussy, comte de Chaligny, et de haulte et puissante dame, dame Marie de Luxembourg, son espouse, aulx charges, clauses et conditions et donnations et douhairs mentionnez par icelluy. Inventorié.
Quarente-cinq.
llcm ung contract en parchemin passé à Angers le m'' avril mv^ iiii" xviii par devant Guillot et Lorry, notaires audit heu, contenant la donation faite par le roy nostre sire à César Monsieur, son filz naturel, du duché et pairie de Vendosme et pays do Vendosmois, appartenances et dépendances d'icelluy, en quoy qu'il conciste, soit en fiefz, hommages, sujetz, vassaulx, droictz de patronnage, de pourvoir aulx offices ordinaires et de nommer aux extraordinaires, dont les prédécesseurs ducz de Vendosme ont jouy, censés, rentes, boys de haulte fustaye, prés, terres et gcncrallement tous aultrcs droictz seigneuriaulx et domaniaulx, sans en rien réserver ny retenir, et Icdict contract de donation faict aulx charges et scUon qu'il est porté par icelluy, au pied duquel est l'insinua tion d'icolluy, faicte tant au baillage dudict Vendosme, le second jour de julng mv<^ iiii" xviii que au siège présidial de Bloys le cinquiesmc jour dudict moys audit an. Avecq lequel contract est attaché soubz lo contre scel uno lettre patente de Sa
Majesté donnée à Angers le vii^ avril iiip^ xviii signée Henry, et plus bas par le roy duc de Beaumont, et scellées de cire rouge, addressante à M" des comptes de Vendosme, pour faire la veriffication dudict contract de donation, comme le contiennent plus au long lesdites lettres; et si est encores attaché ung acte de papier signé Marchand et Oudeau, contenant la prinse de pocession faicte par ladicte dame duchesse du duché de Vendosme, appartenances et dépendances d'icelluy, selon qu'il est plus amplement déclaré par ledit procès-verbal de ladicte prinse de possession. Inventorié au dos de chacune desdites pièces. Quarente-six.
Item une lettre patente signée Henry et sur le replis par le roy Potier, donnée à Nantes le xxvi'' avril mv^ iiif^ xviii, scellée sous double queue de cire jaulne, contenant Sa Majesté avoir faict, créé, ordonné et estably gouverneur et son lieutenant général en ses pays et duché de Bretagne César duc de Vendosme, pair de France, fils naturel et légitimé de Sa Majesté, au lieu du s"" duc de Mercœur, qui s'en serait desmis en faveur dudict S'' duc de Vendosme, pour par luy l'avoir tenir et exercer, joyr et user aulx honneurs, prérogatives, pouvoirs et droictz d'admiraulté, prééminence, franchise, libériez, gaiges, droictz, estatz, pentions, fruictz, proflictz et esmolumens audit gouvernement, appartenances, tels et semblables que les avoit euz ledit s'' duc de Mercœur, et aultres ses prédécesseurs en icelluy gouvernement selon que le tout est plus au long spéciffié et déclaré par lesdittes lettres, leues, publiées et enregistrées tant au Parlement que chambre des comptes de Bretagne, les xiiii^ et xx** may Mvc iiip^ xviii, avecq laquelle sont attachées la veriffication faicte en l'assemblée générale des troys estalz du pays et duché de Bretagne, des lettres devant inventoriées, en datte du xviii« may iiif^ xviii, signé Bardou, et les arretz de la veriffication desdictes lettres cy-dessus dattez. Inventorié au dos, 1 ung comme l'autre. Quarente-sept.
Item une autre lettre patente de Sa Majesté, signée par Henry et sur le reply par le roy Forget et scellée sur double queue de cire jaulne, donnée à Lyon le xxi*^ septembre mvc iiif^ xv, par laquelle appert Sa Majesté avoir donné audit Cœsar Monsieur son tilz naturel et légitimé Testât et charge de gouverneur et lieutenant général de Sa Majesté en ses provinces de Lyonnais, Foretz et Beaujollais, vacquant par le decedz du feu duc de Nemours, pour par ledit Cœsar tenir et exercer ladicte charge, quand il aura atteint l'âge capable de ce faire, avec le mesme pouvoir, auctorité, prééminence, droiclz, estatz et appointemens tels et semblables que les auroit euz ledict feu duc de Nemours, et les autres gouverneurs qui l'ont préceddé en ladicte charge, selon que le contiennent plus au longlcsdictes lettres. Inventoriées. Quarente-huict.
Item une autre lettre patente de Sa Majesté donnée au camp de Tra-
LES ARCHIVES DE GABRIELLE d'ESTREES. 379
vcrsy le xx<= may mv^ iiii" xvi, signée Henry et sur le reply par le roy Potier et scellée sur double queue de cire jaulne, par lesquelles appert Sa .Majesté avoir donné et octroyé audict s' Cœsar Monsieur son flls naturel, Testât et charge de cappltaine et gouverneur des ville, citadelle et cliasteau de la Fèrc, pour, soubz l'auctorité du gouverneur de la Picardie et du lieutenant au gouvernement d'icelle, prendre garde à la seurcté et conservation non seulement de laditte ville, chasteau et citadelle, mais aussy de tous les lieux et endroictz estans en l'estendue du baillage dudict lieu, selon que le contiennent plus au long lesdictes lettres. Inventoriées. Quarente-ueuf.
Deriges, IIuget, Lesueur.
Titres du comté de Beaufort.
Cette dernière partie des archives de Gabrielle d'Estrées est relative aux tilrcs féodaux des sciirnenries du comté de Beaufort. Nous nous bornerons à en faire le résumé :
Le 25 juillet 1599, Messire Denys Lesueur a requis les notaires de Iliges et de Brigues de procéder à l'inventaire et description des tillres, papiers et mémoires concernant et faisant mention du comté de Beaufort.
Ces documents se trouvaient alors es mains de noble homme Messire Charles Le Prévost, avocat au Pcirlcmcnt, que nous avons déj;\ vu être le procureur fondé do la duchesse de Beaufort pour ses aflaires do Champagne. Ce procès-verbal est composé de 58 cotes, depuis A jusqu'à NNN.
Aucun de ces documents no remonte au-delîi de l'an L'ioO.
Sous la cote A nous trouvons un livre de 52 feuillets commençant par ces mots : « Hegistrè dos expéditions féodales du comté do Beaufort en )» Champaigne pour hault et puissant prince Monseigneur le duc de Nivcr- ') noi<, comte d'Eu, de Dreux, Bethelois, Auxerro et dudil Beaufort, pair do •) France, gouverneur et lieutenant général pour le roy on ses pays do " Champaigne et do Brie. » Ce livre contient plusieurs foi et hommage faits par les vassaux du comté de Beaufort et la dernière date qu'il porte est celle du 11 mars 1549.
On y rencontre la mention do documents fort intéressants sur le droit
féodal. A propos des hommages du vassal envers son seigneur, citons cette formule d'hommage au roi :
Formule d'hommage : « Sire, je viens à voire hommage et en votre foi et deviens votre homme de bouche et de mains. Je vous jure et promets foi et loyauté envers vous et contre tous et garder votre droit eu mon pouvoir. ))
D'autre fois la formule d'hommage était lue par le chancelier ou celui qui en remplissait les fonctions et le vassal répondait : voire, verum, l'équivalent de amen.
En 1699, le duc de Lorraine vint à Versailles prêter foy et hommage entre les mains de Louis XIV pour son duché de Bar. Les formules anciennes furent suivies consciencieusement. Le vassal vint gratter à la porte du roi. — Qui est là ? demanda un huissier qui était dans le cabinet du roi. — On répondit : le duc de Lorraine. — Deux fois la même réponse fut faite et deux fois la porte resta close. Enfin sur la réponse : c'est le duc de Bar, un des battants de la porte s'ouvrit. Le duc de Lorraine entra, salua trois fois, se débarrassa de ses gants, do son épée, de son chapeau et vint s'agenouiller sur un coussin placé aux pieds du roi. Celui-ci, assis, armé et couvert, tint les deux mains jointes de son vassal dans les siennes, pendant que le chancelher lisait la formule et que le duc y acquiesçait.
Nous rencontrons encore des aveux, dénombrements, estimations donnés par d'anciens vassaux du comté de Beaufort. Une de ces estimations est datée de 1339, sous le règne du roi Philippe (1).
Ces aveux, dénombrements, estimations étaient des reconnaissances écrites contenant l'énumération de tous les terres, domaines et maisons que le vassal tenait à fief. Le vassal était tenu de faire cette déclaration dans les quarante jours qui suivaient sa foi et hommage. Le seigneur avait ensuite quarante jours pour critiquer le dénombrement qu'il avait reçu et en demander la rectification. •
Nous trouvons encore dans cet inventaire mention de saisies féodales. Lorsque le vassal ne remplit pas une de ces obligations vis-à-vis son seigneur, celui-ci peut saisir et mettre en sa main le fief tenu et mouvant de lui.
Les conséquences de la saisie sont que le seigneur peut exploiter le fief et faire les fruits siens pendant la main-mise, si la saisie est faite faute d'hommes capables de défendre le fief, faute de paiement de droits ou d'inacomplissement de devoirs. Lorsque la saisie « estfaulte de dénombrement baillé dans le temps de la coustume », le seigneur ne fera pas les fruits siens. Lors donc qu'une saisie féodale est pratiquée, le vassal doit deman-
(1) Philippe VI de Valois.
LES ARCHIVES DE GABRIELLE d'eSTRÉES. 381
der à son seigneur, après lui avoir rendu foi et hommage et avoir déclaré à quel titre il est détenteur du fief pour quelle cause le fief a été saisi, afm de pouvoir lui faire offre pertinente pour procéder à un débat entre eux.
Les réclamations du seigneur peuvent avoir diverses causes : « En quelques pays, les droits de mutation et ouverture, droits de relief, aux autres seulement en successions collatérales, donations, eschanges ou autres semblables mutations, ne tenant d'espèces de venditions; et en venditions le quinct denier et en quelques lieux le quinct et le requinct selon la forme de sa vendition. »
On voit en outre dans ces différentes pièces figurer les noms de Gaston, comte de Foix et d'Estampes (1507), de Messieurs de Lautrec (1529), de Messire Philippe de Crouy, marquis de Sery (1529), de l'évêque de Conserans (1), Henault de Marthory, tuteur et curateur testamentaire avec M de Chateaubriant, de M'"*' Henry de Foix, comte de Comminges, de Rethelois, et de Beaufort en Champagne (1540), de M'^ Guy, comte de Laval et de Beaufort (156-4), de M" Charles de Lamoignon, conseiller du roi, maistre des requêtes ordinaires de son hôtel, comme tuteur de M^^" Marie de Clèves, dame de Nevers, marquise d'Isle et comtesse de Beaufort (1566).
L'abbaye de Notre-Dame de Haute-Fontaine dépendait du comté de Beaufort et sous la cote T nous trouvons l'analyse d'un acte du mardi 6 août 1539, signé à titre de transaction entre R. P. en Dieu Messire Henault de Marthory, évêque de Conserans, tuteur de Henri de Foix, seigneur de Lautrec, d'une part, et rehgieuse personne frère Jehan de la Garde, religieux de l'abbaye de Notre-Dame des Hautes-Fontaines, au nom et comme procureur d'icelle abbaye, d'autres. Il s'agit du paiement d'une rente minime.
Nous trouvons encore le nom de messire René de Clermont (1503) pour le dénombrement des terres et seigneuries du Chastelier, mouvantes du comté de Beaufort, et le nom de dame Emée de Chavanges, veuve de feu Messire Jehan Saladin d'Anglure, s' de Longe ville, fief et seigneurie du môme comt«S et de Hector de Brayne, écuyer, homme d'armes de la compagnie do Monseigneur le duc de Lorraine (1563).
Nous trouvons encore mention dans un acte du 19 août 1556 du très magnanime prince Françoy de Glaives, duc de Nivernais, comte d'Eu, etc.
Telles sont en résumé les renseignements que peut fournir ce dernier inventaire des archives revêtu comme le précédent des signatures de Denys Lesueur, de Rigcs et de Brigues, ces deux derniers notaires au Ch;\telet de Paris.
(l) Pays de (iascofinc, situé aux pieds des Pyrénées, entre les comtés de Vvw < t de Comminges. Aujourd'hui Gonscrans fait partie du déparlcmcnl de l'Arièt;c.
Gabrielle d'Estrées d'après lord Gecil.
Dès le 31 mars 1598, au lendemain de son arrivée à Paris, lord Cecil, ambassadeur de la reine Elisabeth, visita le roi et ensuite Madame Catherine (1).
Cecil n'eut garde d'y manquer. Elisabeth entretenant des rapports très amicaux avec la sœur du roi. — « Catherine, écrit Cecil, avait le visage peint, était mal habillée et parée d'étranges bijoux; elle était entourée d'un grand nombre de dames de haut Ugnage : la duchesse de Mercœur, M™'^^ de Longueville, de Rohan, de Montbazon, de Montauban, de BelUsle et autres.... »
Le lendemain matin mercredi, le roi indisposé se fit excuser de ne pas recevoir Cecil, mais l'envoya chercher vers quatre heures par M. le premier (le duc de Bellegarde) : il le reçut dans sa chambre, entouré de tous les ducs, et le pressa de venir avec lui visiter sa maîtresse et son fils. Cecil décrit ainsi Gabrielle : « Bien qu'elle soit grosse, dit-il, elle est vraiment agréable et gracieuse. Je causai un moment avec elle : elle s'exprima très bien et avec courtoisie. Elle me parla de la reine avec beaucoup de respect et témoigna le désir de recevoir ses commandements. »
{Extraits de la mission du sir de Boissise en Angleterre, par M. L. de Kairmaingant, page 179.)
(1) Elle habitait le palais des Tuileries.
Gabrielle d'Estrées d'après lord Union.
Il fit appeler M"^'' de Monceaux, me disant qu'il ne voulait pas plus s'éloigner de moi maintenant, que dans les temps passés, et il employa beaucoup d'expressions affectueuses en faisant l'éloge de sa maîtresse. Entre autres choses, il me dit que jamais elle n'intervenait dans ses affaires et qu'elle avait l'humeur accommodante, en quoi il avait raison, car elle est considérée comme incapable de se mêler des affaires et très simple (bornée) (1). A son arrivée, il s'approcha d'elle avec grand respect, tenant d'abord son chapeau à la main ; alors il lui dit que j'étais si bien connu d'eux, qu'il ne doutait pas qu'elle voulût me bien accueillir, ce qu'elle fit en se démasquant et me gratifiant de sa plus grande bienveillance, à laquelle je ne pris pas grand plaisir ni ne la tint pour aucune faveur. Elle était vêtue d'une robe de satin sans ornement avec un capuchon de velours sur la tête qui luy seyait très mal, et dans mon opinion son teint et son visage (quoique très grossièrement peints) sont fort altérés. Je suis fâché de mêler de telles bagatelles avec les choses sérieuses, mais quelquefois il est des circonstances qui ne sont point superflues. Pour ce qui me concerne, je demande humblement pardon, étant désireux de pécher plutôt par surcroît que par omission.
Le roi (après ces cérémonies) la mit à sa gauche et moi à sa droite et nous fit participer tous deux à ses discours qui furent tout à fait ordinaires (et nullement dignes d'être portés à la connaissance de Votre Majesté). Ainsi nous continuâmes à nous promener ensemble dans le parc (2) pendant près d'une heure. A la fin le temps la força de rentrer et le roi resta pour me montrer ses chevaux. Ensuite il se retira aussi me demandant do le suivre dans sa chambre, ou, dans un endroit retiré, entre son lit et la muraille, il me demanda comment je trouvais sa maîtresse et si elle me
(1) Lord Union qui, par flatterie, veut faire croire à la vieille reine Elisabeth, qui avait alors plus do 60 ans, (|uc Henri IV est aiiionroux d'elle, dénigre à plaisir dans celle Icllre à Elisabclh rintelliRcncc cl la beauté de Gabrielle.
(;2) De Fontainebleau.
paraissait en quoi que ce soit changée. Je répondis en la louant avec modération et lui dis que si je pouvais lui parler de cela sans l'offenser, je lui dirais que j'avais le portrait d'une maîtresse beaucoup plus parfaite quoique son portrait fût encore bien loin de la perfection de sa beauté. — Si vous m'aimez, dit-il, montrez-le moi si vous l'avez sur vous. — Je fis quelques difficultés, mais sur ses instances je l'offris à sa vue, comme en cachette, le tenant toujours dans ma main. — Il le contempla avec passion et admiration disant que j'avais raison et ajoutant : « Je me rends. » Il protesta qu'il n'avait jamais rien vu de semblable, puis avec grand respect il le baisa deux ou trois fois (je le tenais toujours dans ma main). Il le saisit alors pour me l'enlever de force. A la fin, après une sorte de lutte, il me le prit m'assurant que je pouvais en faire mon deuil vu qu'il ne s'en dessaisirait pas pour quelque trésor que ce soit, et que pour posséder la faveur de la vivante image, il quitterait tout au monde et se regarderait encore comme le plus heureux mortel, ajoutant mille autres paroles passionnées. Puis il me reprocha (car c'était par moi qu'il avait écrit tant de lettres passionnées et à qui il avait si ardemment recommandé son affection, me prenant pour son messager) de ne lui retourner aucune réponse favorable de Votre Majesté et il se plaignait de la négligence et du dédain de Votre Altesse qui n'étaient pas les plus petites causes de son affliction. A cela je fis une réponse aussi convenable que je pus et appropriée autant que possible à ses sentiments. Après je m'aperçus que la muette peinture fit plus d'effet sur lui que mes meilleurs arguments et mon éloquence.
Union à la reine, 3 février 1596 [0 S] public record office. Papiers d'Etat, France, liasse 120.
(Extrait de la 7nlssion du sir de Boissise, par M. de Kermaingant.)
Procès de la dissolution du mariage d'entre M^^ Nicolas d'Amerval, sieur de Liancourt, et de dame Gabrielle d'Estrées.
A Monseigneur l'evesque d'Amiens, où M. son Officiai.
Vous desmontre dame Gabrielle d'Estrées assistée de ses tantes et sœurs et autres parents, qu'estant aagée seulement de dix-huit ans elle aurait par force et contrainte esté mariée par son père et autres ses parents avec
M" Nicolas d'Amerval, s"" de Liancourt, et aurait vescu avec luy l'espace de deux ans ou environ soubs les loix du mariage a intention d'avoir la communication accoutumée et la lignée qui est l'espérance principale et le fruict du mariage. Toutefois pendant et depuis le temps de deux ans que la bénédiction du marisge s'en serait ensuivie, elle n'aurait vescue ni conversé avec sondit mary comme ont accoustumé faire personne vrayement capables en légitime mariage encore que ledit s"" d'Amerval dissimulant son impuissance se serait plusieurs fois approché d'elle sans aucun efTect à rendre le devoir conjugal, ce que ladite suppliante aurait tu et dissimulé jusques ici sans en faire aucune plainte. Mais enfin s'estant déclaré et découverte à sesdites tantes, sœurs et autres parents, qui d'ailleurs voyaient et savaient assez le peu de commerce ou point du tout que son mary avait avec elle, aurait esté conseillée s'adresser à vous comme juge ordinaire pour luy estre pourvu de remède convenable.
Ce considéré. Monseigneur, il vous plaira octroyer à la suppliante commission pour faire appeler pardevant vous sondit mary pour estre tous deux oyz par devant vous aux fins de séparation et déclaration de nullité dudit mariage et pour informer et vérifier les faits que dessus et autres avant au fin susd. circonstances et deppendances ainsy qu'il appartiendra par raison et vous ferez bien et justice. Signé : d'Estrées, Isabel Babou, Anne de Maridor.
Présenté le 27" jour d'aoust 1594, par Paul Accard, procureur de la Cour spirituelle, au nom de ladite dame Gabrielle d'Estrées.
Signé : Accard.
Evocetur coram nobis Offlciali Ambianensi ad diem competentem dictus Nicolaus d'Amerval personnaliter responsurus ad ea qua in bac supplicatione continentur.
Sic signatum : Franciscus Rosius.
Officialis Ambianensis Omnibus et singulis presbyteris diocesis ac apparitoribus nostris salutem in Domino. Pnesentum tenore Instante Nobili et egregia domina Gabriela Uestrées actrice, in causa nullitatis matrimonii contra et adversus nobilem etiam virum Nicolaum d'Amerval domiuum temporalem de Liancourt el Jumellis vobis commitlendo mandamus quatenus citatis et evocatis Ambiants coram nobis ad diem Jovis post festum sancti Fusciani sextam mensis octobris nisi et alioquin et prœfatum Mcolaum d'Amerval reum seu delTensorem quod justum fuerit personnaliter rosponsurum de ac super conclusionibus a parle dicte Actricis dicta die scripto aut alias sumendis et proponeudis ad ûuem dicte nullitatis superque illis processurum et procodi visurum prout )urls et ralionis crit et hoc
386 GABRlELLE d'eSTrÉeS.
ejus personam si commode fieri possit seu audiri ad domicîlium in c[u6 moratur et alias débite Itaquod veresimili vestram executionem ad ejus noticiam desseruisse. Et si opus sit exique presbyteros intra fme dictœ diocesis Ambianensis. Omnes et quoscunque Judices Ecclesiasticos quorum interest vel intereret requirimus et rogamus quatenus si placet easdem présentes in distractu sue Jurisdictionis secundum eorum vim, formam et continentiam exequi faciant, sinant et permittant, tantumdem pro illis effecturi si et quando id casus exigent vos tamen de executione vestra nobis fldeliter rescribatis.
Datum Ambianis sub sigillé Curiœ Ambianensis et sigillé nostro et expeditum per nos Adrianum Verile presbyterum, in jure canonico Licentiatum, insignis Ecclesiœ Ambianensis canonicum prebendatum, vicegerentem Domini Officialis Ambianensis absentis,anno Domini millésime quingentesimo nonagesimo quarto, die ultima mensis septembris.
Sic signatum : Tiller.
Et sigillatum duobus sigillis et ad tergum scribitur quod sequitur : Executum sit mandatum retroscriptum secundum suam formam et lenorem alloquendo personam nobilis viri Nicolaid'Amorval domini temporalis de Liencourt et Jumellis in eodem mandato nominati, copiam mandati et meae executionis eidem d'Amerval, tradendo et admiltendo. Presentibus Nobili viro Domino Anthonio d'Amerval scutifero et Ant. Louis Maquet receptore de Maubuisson et aliis testibus die secunda mensis Octobris anno retroscripto, teste meo signe bic apposito.
Sic signatum : Christoforus Fillet.
EXTRACTUM A REGISTRO GRAFFARUM CURIJE SPIRITUALIS AMBIANENSIS
De die Jovis sixta mensis Octobris anno Domini 1594.
Nobilis et Egregia Domina Gabriela d'Estrées actrix in causa nullitatis matrimonii contra nobilem etiam dominum Nicolaum d'Amerval dominum temporalem de Liancourt et Jumelles, Reum, ad liane diem citatum ad invocationem causse Magister Paulus Accard procurator et eo nomine dictae actricis se presentem et contumaciam requisivit ob non comparait dictus d'Amerval quam.... distulimus donec expletum evocationis débite factum videamus et cognoscamus et die décima presentis mensis octobris- visa expleta magistri Christofori Fillet executionis citationis continent se allocutum fuisse personam dicti domini d'Amerval presentibus testibuset habendo copiam, contumaciam ad plénum expediri jussimus de quo dictus Accard petiit actum.
De die iMartis décima tertia mensis octobris anno Domini 1594.
Nobilis et Egregia Domina Gabriela d'Estrées actrix in causa nullitatis matrimonii contra Nobilem virum dominum Nicolaum d'Amerval dominum temporalem de Liancourt et Jumelles reum, citatum ad hanc diem super contumacia ad evocationem causae judicialiter factum coram nobis Ofliciali Ambianensi Paulus Accard procurator dicta? actricis se prœsentavit et ultimus procedi in dictum reum non venientem nec pro se mittentem requisivit cui rcqnisitione annuentes ipsum Reum ex habundante moven ut jure stet et pareat et contumaciam purget veniatque ad dicttC actricis proposita et conclusa personnaliter responsurus Ordinamus, et super eo quod prœfatus Accard subjunxit ipsum reum appulisse hanc urbem illi ex habundanti dictam contumaciam significari ut ex ea ignorantia causam non prœlendat et inlra hanc diem comparuit jussimus et ordinavimus.
Signé : Gillet.