‹ Gabrielle de Rochechouart de Mortemart [microform]; étude historiqueChapitre 101 sur 138 · VIE ET MORT DE L'ARBESSE DE FONTEVRAULT · texte numérisé non relu

VIE ET MORT DE L'ARBESSE DE FONTEVRAULT

religieuses et aux personnes du monde. Oui, nos révérendes mères et chères sœurs, nous pouvons assurer hardiment que, sans courir le risque d'altérer les vertus essentielles à son état, elle auroit purifié le monde, si elle y avoit demeuré ; elle l'auroit du moins corrigé et écîlairé. Cet esprit, qui savoit se proportionner à tous les esprits, doux, égal, sans ombre, sans nuage, qui gardoit sa supériorité sans la fiiire apercevoir, et peut-être sans qu'elle s'en aperçût elle-même; cette pureté, cette droiture et cette élévation, qui agissoient sans qu'il parût aucune singularité de sentiments ni de langage, tout cela accompagné de la plus exacte pratique des bienséances et de la plus exquise politesse, auroient fait aimer insensiblement toutes les vertus nécessaires au bien de la société et celles qui sont les plus recommandées par la religion.

Ce qui dut la flatter le plus glorieusement, ce furent les nouvelles marques de l'estime du roi. 11 la combla de grâces et favorisa le succès de toutes ses prétentions. Les sentiments qu'il lui avoit témoignés dès ses premières années se sont toujours conservés, et n'ont jamais changé ni diminué pour elle. II est vrai que, comme la justice, la prudence et la discrétion étoient l'âme de ses demandes, elle a su adoucir Timportunité des affaires dont elle a été si souvent obligée de parler au roi. Ses lettres et ses mémoires étoient écrits avec tant d'éloquence que Sa Majesté s'arrêtoit à les lire parmi ses plus grandes occupations. II en a quelquefois parlé avec de grandes louanges. Elle, qui connoissoit le prix de cette souveraine protection, n'a jamais rien demandé qui ne lui pût être accordé en justice et en conscience. Le roi a toujours eu la bonté de lui marquer qu'il étoit pleinement persuadé de sa droiture et de ses bonnes intentions. Il joignit à sa protection des témoignages particuliers de son amitié. Elle étoit en possession de lui écrire, indépendamment des affaires, en toutes les occasions (pli regardoient la personne de Sa Majesté. Il lui faisoit la grâce ordinairement de lui écrire de sa main. La dernière lettre dont il l'a honorée étoit une réponse sur la naissance de Mgr le duc de Bretagne. ^

Les applaudissements qu'elle recevoit de toute la France, et qui revenoient même des pays étrangers où sa réputation étoit révérée depuis longtemps, ne donnoient pas la moindre atteinte à sa parfaite humilité. Elle en tiroit des motifs de s'examiner plus sévèrement elle-même ; elle enrevenoil atout moment aux réllexions et

Al'l'ENDICE.

n„x détachements qu'exige la sainteté de son état ; elle faisoit taire eTpÏsiimes ensée's pour écooter dans 'e J-- ^ e^«dn divin Sauveur. Ce qui étoit une rare modestie a epard du 1 Sevelit un profond anéantissement à régar e la re Ug-on Elle confessoit son indignité au p.ed des aulel , et '»"d'« /^"^'^ s-acquéroil tant de considération aux yeux des hom.nes, elle s ac rimoit et "émissoit devant Dieu.

Elle songeoit sans cesse à notre avancement sp.ntuel et a non donner tous les secours qui pouvaient anùner notre courage S il" a^^^it su défendre nos droits avec tant de force, elle n avo.t pa non plus moins de zèle pour la gloire de notre g or.eux fondatem quen ^oit eu madame Jeanne-Baplisle, qui n avo.t r,en oubhe pour en obtenir la canonisation à Rome. Ma,s elle pr>t eonsed e r ruî pas devoir rien tenter à cet égard , pu.squ-une personne ausspuLnte et aussi active que cette princesse n'avo.t pu y reusrr Elle na pas laissé de procurer un honneur et -^^J-^^ infmis à la mémoire de ce saint homme -elle 'Yf '^ » , P'";,f;, vants religieux à faire connoitre ses actions et ses vertus , elle a d té ses panégyriques. Enfm, dans ses dernières années, elle avo. fi lé réécrire elle-même la vie. afm de la mettre au devant de tle de notre saint Ordre, qu'elle voulo.t fane rennprnner

.vec un nouveau soin, parce que les exemplaires commencent., avec un nouveau . i m ^^^^^^^ ^^^^.^^^^ ,^^ ^^^^

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titulion, et les raisons (pu la doivent la re re„=>rut extraordinaire et moins contre les règles que ne le croient ceux (.ni n'en approfondissent pas l'intention et I origine. ''" .W aé «n ouvrage digne d'elle et d'une ^^^^"^^^ nous. Les affaires qui se suecédoient sans "^<^^'~^^.^ le loisirde l'achever. On peut dire qu'avec sa p.ete et ses lumicres, elle seule étoit capable d'exécuter ce grand dessem. ' Q^'l auroit été 'beau de voir en même temps les règles e - ,,nit qui les a établies ! Que de traits touchants . que de clartés difiantes elle alloit encore répandre dans nos cœurs et dan^^^^^^^ esprits et qu'il en doit demeurer un sensible regret a «> s «"'^ qu' s'inSressent à la gloire du bienheureux Robert et de 1 Ordre

"tue Sières de regrets nous trouverons toujours, nos rêvé-

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