‹ Gabrielle de Rochechouart de Mortemart [microform]; étude historiqueChapitre 22 sur 138 · A MADAME DE BOIS-DAUPHIN, A I/ABBAïE-AUX-BOlS · texte numérisé non relu

A MADAME DE BOIS-DAUPHIN, A I/ABBAïE-AUX-BOlS

A Fontevrault, ce 15 avril 1074.

.rai eu bien de la joie, ma chère cousine, de voir de votre écriture et des assurances de la continuation de votre amitie. Je n'ai pu v répondre aussitôt que je devois et que j'en avois envie parce que le carême et mes fonctions des fêtes avoient épuisé toutes mes forces. Présentement, j'entre dans un travail qui n'est pas moins pénible, et qui sera beaucoup plus Ion- • c'est notre chapitre général, lequel devant se tenir dans l'Octave du Saint-Sacrement, me fournit des à cette heure plusieurs embarras. Je vous dis cela, ma chère cousine, afin que la sœur Saint-Aubin et vous ne m'accusiez point si je suis moins régulière à écrire. Comme j aurai besoin de récréation dans ce temps-là, je vous conjure de me

* Bibl. imp. Mss. n,048. PortcfeuiUe,^ Vallant, t. V, fol. 175.

ABBESSE DE FONTEVUAULT, ET DE SES AMIS. 'i03

donner toujours de vos nouvelles et de bien enjoindre à la sœur Saiiit-Aubiu de me mander toujours toutes les petites histoires qu'elle saura. Elle ne s'est pas assez étendue sur la permutation de inadame d'Estival, de sorte que je ne sais point qui a présentement son abbaye. Je m'imagine que madame deBiscaras est bien fâchée d'avoir manqué ce coup, et que madame d'Estival et elle ne se feront guère bonne mine.

Ayez la bonté, ma chère cousine, de faire mes compliments à cette dernière et de faire dire à madame de Sablé que je serois inconsolable si elle m'oublioit. Je suis toujours charmée d'elle de plus en plus par toutes les lettres qu'elle in écrit, etilne se passe pointdejourquejc ne regrette d'être privée de sa conversation. Vous ne doutez pas, je crois, ma clière cousine, que la vôtre ne me fût bien agréable dans mon désert. Mais je vous connois si attachée au tumulte des villes que je n'ose seulement espérer une visite de vous. J'ai une sensible joie de ce que le gain de vos procès vous met en état de vivre commodément où vous vous plaisez. Mon intérêt seroit pourtant que vos affaires ne fussent pas en si bon état, parce que, peut-être, votre mauvaise fortune vous feroit réfugier auprès de moi; mais, comme il faut aimer les gens pour eux-mêmes... (Six lignes barrées^)... plu et contre lesquelles je vous ai vue si souvent en colère.

- Le docteur Vallant. grand coHeclionneur d'aulograplies, accaparait toutes les lettres (jue ses amis consentaient à lui donner. Celle-ci ne iui lut sans doute livrée par madame de Bois-Uauphia (lue moyennant la précaution dont elle porte les traces. C'est dommag^e.

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DE GVBRIELLE DE UOCHECHOUART

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