AUX COUVENTS DE L'ORDRE
^28 ma 1G74.
Chères filles et bien-aimées religieuses, le désir sincère c l ardent qu'il a plu à Dieu de nous inspirer pour ravancement spirituel de ce saint Ordre, nous ayant engagée à faire dans l'as^^emblée précédente des ordonnances par lesquelles nous espérions prévenir ou remédier à plusieurs abus qui s etoient crlissés parmi vous, nous croyons ne pouvoir mieux satisfaire au devoir indispensable de notre charge, qu en commençant les règlements que nous sommes présentement engagées à vous donner, par une confirmation des siisdi es . ordonnances, et par l'éclaircissement que plusieurs d entre vous ont témoigné souhaiter sur ce sujet.
Quoique nous ressentions une très-vive douleur, non-seulement du peu de soumission que quelques-unes de vous ont fait paroîlre à nos ordres, mais encore des malignes mterprétations qu elles ont données à nos desseins, nous croyons cependant ne devoir pas nous arrêter à nous plaindre de cette injustice, mais plutôt nous efforcer à vous faire voir a droiture de nos intentions et la nécessité où vous êtes de vous y conformer, si vous voulez remplir les devoirs de votre profession. Nous protestons donc très-sincèrement que nous n'avons eu d'autre.but dans le règlement que nous avons fait touchant les confessions extraordinaircsS que d accDmmoder autant qu'il étoit en notre pouvpir votre conduite aux saints décret., aux constitutions apostoliques et aux règles de notre saint Ordre. Nous n'avons nullement prétendu diminuer par là l'autorité des supérieures locales et nous ne
1 Archives départementales de l'AuLc, H^sse '*^J; iain 1071 * Nous n'avons pas trouvé ce règlement, date du 1- juin 1071.
sommes pas peu surprises que quelques personnes aient allégué ce prétexte pour excuser leur désobéissance, vu qu'il est si aisé à prouver qu'il appartient seulement aux supérieurs majeurs de faire ces sortes de règlements, et que ces mêmes supérieurs sont très-coupables quand leur peu de vigilance ou quelque vue d'intérêt les empêchent de les établir. Au reste, nous avons cru user d'une assez grande indulgence envers nos filles, lorsqu'au lieu de leur enjoindre de s'en tenir à ce que prescrit le saint concile de Trente pour les confessions des religieuses, ce que nous aurions pu sans difficulté, nous avons bien voulu leur permettre de se servir huit fois Vannée de confesseurs extraordinaires, de faire venir jusqu'à deux fois des directeurs externes pour les retraites spirituelles, et que, outre cela, les mères prieures peuvent en fournir dans la nécessité, pourvu qu'elle soit véritable et d'ailleurs si pressante qu'il soit impossible d'avoir recours à nous, ou à nos vicaires.
Toutes ces choses donc mûrement examinées, et considérant que des permissions plus étendues sur ce sujet seroient la source d'une infinité de désordres et un véritable libertinage plutôt qu'une liberté de conscience , nous approuvons et confirmons nos susdites ordonnances du 1" juin 1671, cl nous vous renouvelons le commandement que nous vous avons déjà fait de les observer.
Ayant été informée de l'incertitude où plusieurs monastères se sont trouvés sur ce que nous entendons que la troisième parente au degré défendu par notre sainte règle soit privée de voix active, nous nous croyons obligée d'expliquer ici que celte ordonnance ne regarde ni les petites nièces ni les cousines germaines.
Comme, depuis qu'il a plu à Dieu nous charger du pesant fardeau de la conduite de ce saint Ordre, nous avons remarqué principalement deux abus notables répandus dans la plus
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ABBESSE DE FONTEVR \UI.T, ET DE SES AMIS. m puisque leur emploi, les engageant à de perpétuelles courses exige aussi i-écessairemoiit qu'ils aient quelques chevaux en leur disposition, ainsi que cela s'est de tout temps pratiqué.
ht ayant été informée combien les aliénations et les acquêts faits mal à propos ont apporté de préjudice au bien temporel de nos maisons , sur lequel notre charge nous oblige aussi de veiller, nous défendons qu'il s'en fasse de considérables sans que nous ou nos vicaires en notre place en aient auparavant pris connoissance.
Sur ce que nous avons appris que quelques-uns de nos vicaires ont ordonné que la table appelée de miséricorde se tint dedans et en même temps que le premier réfectoire, nous déclarons qu'il est fort à propos que celfe coutume se maintienne dans les lieux où elle est déjà établie, et même qu'il
seroitasouhaiterqu'elle s'introduisit dans tous nos couvents Comme il y a encore une infinité de choses sur quoi nous devrions vous donner des avis, et auxquelles nous ne pouvons cependant pourvoir par nous-même, tant à cause de 1 eloignement que parce que les besoins se trouvent différents suivant les diverses coutumes des lieux, nous déclarons que nous avons chargé nos vicaires de tous les ordres nécessaires pour chaque maison, selon les avis qui nous sont venus et les lumières qu'ils ont pu prendre dans leurs visites |>ous vous exhortons de tout notre cœur à leur obéir ponctue leinenl, et à regarder tous les ordres qu'ils vous porteron de notre part et ceux que vous pouvez recevoir par nos atres comme les marques les plus essentielles de la tendre
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