‹ Gabrielle de Rochechouart de Mortemart [microform]; étude historiqueChapitre 82 sur 138 · A ROGER DE GAIGNIÈRES · texte numérisé non relu

A ROGER DE GAIGNIÈRES

A Fontevrault, ce 28 octobre 1703. .

J'ai toujours compté, Monsieur, que vous aviez la bonté de vous intéresser à la bonne fortune de madame de Lesdiguiéres*, et je n'étois point surprise de ne point recevoir de

2 François de Nettancourt d'IIaiissonville de Vaubecourt; reçu docteur en théologie, en 1()88, abbé de la Cliassaigne en 1691, et d'Aisnay, en 1695. Nommé évêque de Montauban en 1705; il prit sa retraite en 1729. Mort le 17 avril 1750, à l'âge de quatre-vingts ans.

* Ribl imp. Mss- 24,991, fol. 202.

- Gabrielle-Victoire de Rochechouart, fille du duc deVivonnc, mariée au comte de Canaples, qui devint plus tard duc de Lesdiguières.

vos lettres là-dessus, parce que je savois que vous étiez incommodé. Je me (latte que votre santé est meilleure présentement. Conservez-la, Monsieur, et comptez, s'il vous plaît, qu'entre le grand nombre de gens qui s'y intéressent, personne ne connoît mieux que moi combien on est heureux de pouvoir compter sur votre amitié. Vous voulez bien. Monsieur, que je m'en flatte, et vous me faites aussi, je crois, la justice qu'on ne peut vous honorer ni vous estimer plus sincèrement que je fais.

M. de Larroque veut absolument nous quitter au premier jour. Il y a plus d'un mois que je le retiens malgré lui. Je crois. Monsieur, que vous avez été bien aise d'apprendre par ma sœur elle-même combien elle goûte son esprit et ses manières, et le désir qu'elle auroit de lui rendre quelque service convenable à son humeur. Je me garde bien de lui faire aucun semblant de ce projet, auquel même vous voyez qu'il se rencontre des obstacles qui pourront bien le rendre inutile. C'est un malheur que je crains et qui m'affligeroit fort assurément.

Vous ne doutez pas que je n'aie appris avec douleur la mort de M. de Beaumanoîr^.

La bonne fortune dont il s'agit était la mort du duc de Lesdiguières, qui n'avait pas d'enfants, et dont le duché revenait au comte de Canaples, Dangeau, Journal, t. IX, 15 et 10 octobre 1705.) Ce comte de Canaples avait soixante-treize ans passés lorsqu'il épousa mademoiselle de Vivonne. « C'étoit, dit Saint-Simon, un vieil imbécile, qui avoit commandé à Lyon et qui y donnoit la bénédiction dans les rues, de son carrosse, comme l'archevêque. Le cardinal de Coislin, surpris de son mariage, lui en parla. 11 dit qu'il vouloit avoir des enfants, t Mais, Monsieur, répliqua le cardinal, parlant de sa future, elle est bien vertueuse. » Ce mot fut trouvé d'autant plus plaisant qu'il étoit sorti de la bouche la plus pure et la plus réservée (ju'il y eut peut-être dans tout l'épiscopat. » (Notes du Journal de Dangeau, t. Vlll. 49i )

5 Le marquis de Deaumanoir de Lavardin, marié depuis peu à une fille du duc de ^oailles; il venait d'être tué à la bataille de Spire.

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